Literature DB >> 36091092

[Assessing psychological, anxiety, depression and stress levels of Senegalese general population during COVID-19 pandemic].

Faouz Mansouri1, Laila Lahlou2, Momar Camara3, Sokhna Seck3, El Hadji Makhtar Ba3, Mamadou Habib Thiam4.   

Abstract

OBJECTIVES: - Assessing of Impact of Event, depression, anxiety and stress levels in the Senegalese general population during the COVID19 pandemic and identifying associated factors.
METHODS: - Socio-demographic data, psychological impact of the pandemic, and mental health status of participants were collected using an online questionnaire administered to the general population of Senegal between April 1st and April 30th 2021. Psychological impact and mental health status were assessed, respectively, by the Impact of Event Scale-Revised (IES-R) and the Depression, Anxiety, and Stress Scale 21 (DASS21). The data were analyzed by Jamovi software, version 1.6.23. Logistic regression in univariate and multivariate analyses were used to determine statistically significant associations with a significance level of p<0.05.
RESULTS: - We enrolled 447 respondents with 19% reporting a moderate to severe psychological impact of the outbreak. Respectively 13.4%, 5.1% and 15.2% had moderate to extremely severe symptoms of depression, anxiety and stress. Statistically significant associations with higher odds of severe levels of psychological impact of the event, depression, anxiety, and stress were represented by five characteristics: Living in Dakar, no formal education, a personal medical chronic disease, a close family member with a chronic medical disease and poor to very poor self-reported health status.
CONCLUSION: - This study determined the prevalence of post-traumatic stress disorder, depression, anxiety, and stress in the Senegalese general population during the COVID19 pandemic. Our study assessed the prevalence of post-traumatic stress disorder, depression, anxiety, and stress in the general population of Senegal during the COVID pandemic19. It confirms that the pandemic has truly an impact on the mental health of the Senegalese population. This impact is strongly influenced by geographic area and level of education.
© 2022 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

Entities:  

Year:  2022        PMID: 36091092      PMCID: PMC9444494          DOI: 10.1016/j.amp.2022.09.005

Source DB:  PubMed          Journal:  Ann Med Psychol (Paris)        ISSN: 0003-4487            Impact factor:   0.504


Introduction

Les épidémies de maladies infectieuses ont indéniablement des retombées sociales et économiques, notamment la perte de liens sociaux, de l’emploi et de l’habitat. Ces conséquences entraînent une inquiétude et un sentiment d’insécurité et d’impuissance en même temps qu’une diminution de la pensée rationnelle. Une détresse psychologique s’ensuit et des troubles mentaux peuvent apparaître ou s’aggraver. Nous avons connu au fil des ans de multiples épidémies qui témoignent de cet impact psychologique sur la population mondiale, tant sur le plan individuel que sur le plan communautaire [[3], [9], [15], [18], [20], [36], [37]]. En décembre 2019, Wuhan (province de Hubei, Chine) est devenu le centre d’une épidémie d’une maladie infectieuse transmissible causée par de nouvelles souches de coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2). La progression rapide de cette maladie a conduit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à la déclarer urgence de santé publique de portée internationale le 30 janvier 2020, puis pandémie le 11 mars 2020, ce qui a suscité une attention intense non seulement en Chine, mais aussi à l’échelle internationale [23], [28], [38]. Bien que les effets physiques de la pandémie de la COVID-19 soient de plus en plus connus, il est nécessaire de reconnaître également son impact psychosocial qui reste largement négligé bien qu’aussi important. En effet, cette pandémie ne représente pas seulement un phénomène médical ; elle aurait également tendance à affecter la qualité de vie d’un individu et de l’ensemble de la société, entraînant des dysfonctionnements sociaux. D’autant plus qu’elle s’accompagne de mesures restrictives employées comme pilier de prévention et de lutte contre la propagation de cette maladie, remettant en question nos valeurs humaines les plus fondamentales [14], [32], [33]. En enregistrant le premier cas le 2 mars 2020, le Sénégal a été l’un des premiers pays africains à être confronté à cette crise sanitaire sans précédent. Dès le 14 mars, le Sénégal, qui avait tiré beaucoup d’enseignement de l’épidémie de la fièvre Ebola, a organisé la lutte autour du concept « ONE HEALTH » en élaborant un plan de contingence inspiré du plan national de sécurité sanitaire. Dans ce sens, un certain nombre de décisions et mesures restrictives ont été prises dans les jours qui suivent, dont la déclaration de l’état d’urgence sanitaire avec fermeture des frontières, l’établissement d’un couvre-feu et fermeture de tous les lieux publics considérés comme non primordiaux (écoles, lieux de culte…) [11]. Une enquête téléphonique exploratoire sur la crise du COVID-19 au Sénégal a mis la lumière sur certains chiffres alarmants : 86,8 % de leur population d’étude déclarent des pertes de revenus, 77,5 % sont inquiets ou très inquiets d’être infectés et cette inquiétude porte plus sur les conséquences sanitaires (56,1 %) que pour les conséquences économiques (39 %) [21]. Après un an d’évolution de cette pandémie, en début 2021, le Sénégal a connu le principal pic épidémiologique en termes de nombre de nouveaux cas infectés et de létalité [41]. Cette hausse s’accompagne d’une remise en vigueur de toutes les mesures restrictives après qu’elles ont été assouplies. Le moment est opportun pour étudier les réponses psychologiques de la population générale du Sénégal à cette pandémie, qui jusque-là n’avaient pas fait l’objet d’une étude. Par conséquent, nos objectifs étaient de mesurer les niveaux d’impact de l’événement, de dépression, d’anxiété et de stress chez la population générale du Sénégal durant la pandémie de la COVID-19, et d’en déterminer les facteurs associés.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive transversale réalisée au moyen d’un questionnaire auto-administré et en ligne. Cette étude a été menée conformément aux principes énoncés dans la Déclaration d’Helsinki et l’approbation éthique et institutionnelle a été obtenue auprès du Comité d’Éthique de la Recherche (CER) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Réf. : CER/UCAD/AD/MsN/017/2021). Notre critère d’éligibilité était : être âgé de 18 ans et plus. Ont été exclues de cette étude toutes personnes n’ayant pas vécu de manière permanente sur le territoire sénégalais la majeure partie de mars 2020 à mars 2021. L’échantillonnage a été réalisé par la méthode de boule de neige. La taille calculée de l’échantillon était de 190 en se basant sur l’hypothèse d’une prévalence anticipée de 14,38 % obtenue dans une étude similaire réalisée en Guinée [35], d’une marge d’erreur de 5 %, d’un intervalle de confiance de 95 %. Le questionnaire auto-administré était anonyme et a été mis exclusivement en ligne sur une plate-forme commune, Google Survey (Google LLC, Mountain View, Californie, États-Unis), afin de diminuer le risque de propager la COVID-19 par des supports physiques. La participation à l’étude était volontaire et anonyme ; le questionnaire ne contenait aucune donnée personnelle permettant d’identifier ou de reconnaître les participants. Avant de remplir le formulaire, les participants ont donné leur consentement éclairé pour recueillir leurs données, les traiter de manière strictement confidentielle, les analyser statistiquement et les exploiter exclusivement dans un but de recherche scientifique, et ce conformément aux règles déontologiques des études et des sondages. La collecte de données a duré un mois et s’est étendue de la période allant du 1er au 30 avril 2021 inclus. Le questionnaire a été rédigé en français, utilisant un vocabulaire simple et compréhensible. Sur ce questionnaire, ont été clairement énoncés le titre de l’étude, son cadre, ses objectifs ainsi que le temps nécessaire au remplissage du formulaire. Ce dernier a été estimé à sept minutes environ. Les champs de réponse de l’enquête ont été conçus de façon à être obligatoires à remplir avant de passer à la section suivante, dans le but de minimiser les données manquantes. Le questionnaire comprenait 56 items répartis en 4 rubriques. La première rubrique était constituée de huit items et s’intéressait aux variables sociodémographiques (Sexe, âge, statut marital, adresse par région, niveau d’étude, activité professionnelle, appartenance ou non au secteur médical) ; et la deuxième rubrique, composée de cinq items, a recherché des antécédents(s) personnel(s) et/ou familial(aux) de maladies chroniques et a auto-évalué la santé physique. La troisième partie était destinée à l’évaluation de l’impact de l’événement en utilisant l’échelle révisée d’impact de l’événement (IES-R) qui comprend 22 items ; et la dernière partie a évalué les niveaux de stress, d’anxiété et de dépression conformément à l’échelle de stress, d’anxiété et de dépression dans sa version courte (DASS21) comprenant 21 items. L’IES-R est un questionnaire auto-administré traduit et validé en français pour évaluer les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) après un événement traumatisant. La version française de l’IES-R a une validité interne (coefficients de cohérence allant de 0,81 à 0,93 pour les trois sous-échelles et la note totale) et une fiabilité de test-retest satisfaisantes [7], [8], [16]. En outre, elle se présente comme un bon outil d’évaluation de l’impact psychologique au cours de la pandémie de la COVID-19 et de dépistage du SSPT [3], [10]. Cette échelle se compose de 22 items cotés sur une échelle de type Likert à 5 niveaux. Les réponses à chaque élément sont notées de 0 à 4 où 0 indique « Je n’ai PAS DU TOUT été affecté(e) ou bouleversé(e) » et 4 « J’ai été EXTRÊMEMENT affecté(e) ou bouleversé(e) ». Le score maximum est de 88. L’échelle est composée de 3 sous-échelles, dont les scores peuvent être calculés, et qui mesurent les comportements d’évitement (items 5, 7, 8, 11, 12, 13, 17 et 22), la reviviscence ou symptômes d’intrusion (items 1, 2, 3, 6, 9, 14, 16 et 20) et l’hyperactivation ou hyperréactivité neurovégétative (items 4, 10, 15, 18, 19 et 21). Le score total de l’IES-R est interprété comme suit : 0–23 (impact normal), 24–32 (impact léger), 33–38 (impact modéré), et enfin > 39 (impact psychologique grave). L’état de la santé mentale de la population étudiée a été évalué à l’aide de la version française de la DASS-21. C’est une échelle de 21 items, composée de trois sous-échelles de 7 items chacune évaluant : la dépression, l’anxiété, et le stress. Les coefficients de cohérences internes originaux de cette échelle sont adéquats, tant pour l’échelle globale (α  = 0,93), que pour les sous-échelles (dépression α  = 0,88, anxiété α  = 0,82, stress α  = 0,90). Elle présente une bonne validité de convergence et de discrimination quand elle est comparée avec les autres outils validés mesurant les troubles en question [6], [17]. La DASS s’est avérée être une mesure fiable et valable pour évaluer l’état de santé mentale au cours de la pandémie de la COVID-19 [10]. Chaque réponse est notée de 0 à 3, où 0 signifie « ne s’applique PAS DU TOUT à moi » et 3 signifie « s’applique ENTIÈREMENT à moi ou la GRANDE MAJORITÉ du temps ». La sous-échelle de dépression est évaluée aux points 3, 5, 10, 13, 16, 17 et 21. Le score total de la sous-échelle de la dépression est interprété comme suit : normal (0–4), dépression légère (5–6), modérée (7–10), sévère (11–13) et extrêmement sévère (14+). La sous-échelle de l’anxiété est évaluée aux points 2, 4, 7, 9, 15, 19, et 20. Le score total de la sous-échelle d’anxiété est interprété comme suit : normal (0–3), anxiété légère (4–5), modérée (6–7), sévère (8–9) et extrêmement sévère (10+). La sous-échelle de stress est construite par les items 1, 6, 8, 11, 12, 14 et 18. Le score total de la sous-échelle de stress est interprété comme suit : normal (0–7), léger (8–9), modéré (10–12), sévère (13–16), et stress extrêmement sévère (17+). L’analyse statistique a été effectuée avec le logiciel Jamovi version 1.6.23. Les variables qualitatives ont été décrites en effectif (n) et pourcentage (%) puis comparées par les tests de Khi2 ou de Fisher exact selon les conditions d’application de chacun des tests. Les variables quantitatives de distribution non gaussiennes ont été décrites en médiane et intervalle interquartile. Une différence n’était considérée comme statistiquement significative que lorsque le petit p était inférieur ou égal à 0,05. La prévalence du trouble dépisté a été calculée selon les niveaux de sévérité décrits par l’échelle utilisée divisés par l’effectif de l’échantillon observé. Nous avons défini la présence des troubles chez les sujets observés qui ont un score permettant de le classer comme modéré à extrêmement sévère. Afin de déterminer les facteurs associés aux troubles dépistés, nous avons utilisé une régression logistique en analyse univariée. Seules les variables qui présentaient une signification statistique ont été incluses en analyse multivariée.

Résultats

Caractéristiques sociodémographiques

Ont été retenues 447 réponses au questionnaire. La plupart des participants étaient des hommes (51,5 %), âgés de 25 à 34 ans (28 %), mariés (59,3 %), vivant à Dakar (34,5 %), avec un niveau d’éducation supérieur (68,2 %) et n’appartenaient pas au secteur médical (78,3 %). Ils n’avaient pas d’antécédents médicaux chroniques personnels (79,4 %), avaient un ou plusieurs antécédents médicaux chroniques familiaux (54,6 %), et s’estimaient en bonne à très bonne santé physique (80,5 %) (Tableau 1 ).
Tableau 1

Caractéristiques sociodémographiques de la population étudiée.

CaractéristiqueGroupen (%)
SexeFéminin217 (48,5)
Masculin230 (51,5)
Âge18–24 ans112 (25,1)
25–34 ans125 (28)
35–49 ans112 (25,1)
50–64 ans66 (14,8)
65+ ans32 (7,2)
Statut maritalCélibataire152 (34)
Marié(e)265 (59,3)
Divorcé(e)21 (4,7)
Veuf(ve)9 (2)
RésidenceDakar154 (34,5)
Ailleurs293 (65,5)
ÉducationSans32 (7,2)
Éducation primaire à secondaire110 (24,6)
Éducation supérieure305 (68,2)
ActivitéSecteur public63 (14,1)
Secteur privé91 (20,4)
Secteur libéral59 (13,2)
Secteur informel43 (9,6)
Étudiant125(28)
Chômage19 (4,3)
En inactivité pro. par choix26 (5,8)
Retraite21 (4,7)
Secteur médicalOui97 (21,7)
Non344 (78,3)
Antécédent(s) médical(aux)Oui92 (20,6)
Non339 (79,4)
Antécédent(s) médical(aux) familial(aux)Oui244 (54,6)
Non203 (45,4)
Auto-évaluation de la santé physiqueBonne/très bonne360 (80,5)
Moyenne69 (15,4)
Mauvaise/très mauvaise18 (4,1)
Caractéristiques sociodémographiques de la population étudiée.

Niveaux d’impact psychologique, de dépression, d’anxiété et de stress

Environ un cinquième de notre population (19 %) a signalé un impact psychologique modéré à sévère de la pandémie ; 13,4 %, 5,1 % et 15,2 % ont déclaré respectivement des niveaux modérés à extrêmement sévères de dépression, d’anxiété et de stress (Tableau 2 ).
Tableau 2

Répartition de la population selon les scores obtenus à l’IES-R et aux 3 sous-échelles de la DASS21 (n = 447).

TestSévéritéMédiane (IQR)Min–maxn (%)
IES-R12 (4–28)0–84447 (100)
 Normal310 (69,4)
 Léger52 (11,6)
 Modéré21 (4,7)
 Sévère64 (14,3)
DASS21-Dépression2 (0–5)0–21447 (100)
 Normal365 (81,7)
 Léger22 (4,9)
 Modéré26 (5,8)
 Sévère14 (3,1)
 Extrêmement sévère20 (4,5)
DASS21-Anxiété0 (0–2)0–21
 Normal410 (91,7)
 Léger14 (3,1)
 Modéré13 (2,9)
 Sévère5 (1,1)
 Extrêmement sévère5 (1,1)
DASS21-Stress2 (0–6)0–21
 Normal357 (79,9)
 Léger22 (4,9)
 Modéré26 (5,8)
 Sévère31 (6,9)
 Extrêmement sévère11 (2,5)

IQR : intervalle interquartile.

Répartition de la population selon les scores obtenus à l’IES-R et aux 3 sous-échelles de la DASS21 (n = 447). IQR : intervalle interquartile.

Facteurs associés aux troubles étudiés

Facteurs associés à l’impact psychologique

Le fait de vivre à Dakar (OR = 2,71), de ne pas être scolarisé (OR = 5,95), d’avoir des antécédents médicaux chroniques personnels (OR = 2,29), ainsi que de s’auto-évaluer comme ayant une mauvaise à très mauvaise santé physique (OR = 21,62) était significativement associé à un impact psychologique plus sévère (Tableau 3 ).
Tableau 3

Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité de l’impact de l’événement.

VariablesAnalyse univariée
Analyse multivariée
OR brutIC 95 %pOR ajustéIC 95 %p
Sexe
 MRéférence
 F1,300,85−1,990,22
Âge
 18−24 ansRéférenceRéférence
 25−34 ans2,641,41−4,940,0022,020,90−4,530,086
 35−49 ans1,420,72−2,800,3061,450,58−3,610,421
 50−64 ans1,810,85−3,820,1190,940,32−2,720,912
 65+ ans4,601,95−10,86<0,0010,540,11−2,510,434
Statut marital
 CélibataireRéférence
 Marié1,110,70−1,760,641
 Divorcé0,970,33−2,830,957
 Veuf2,480,63−9,760,191
Résidence
 Dakar1,43−3,421,51−4,86
 Hors Dakar2,21Référence<0,0012,71Référence<0,001
Éducation
 Sans1,31−5,781,61−22,0
 Enseignement I aire à II aire2,750,61−1,680,0075,950,95−4,380,007
 Enseignement supérieur1,01Référence0,9532,04Référence0,066
ActivitéRéférenceRéférence
 Secteur public2,000,88−4,540,0952,160,88−5,320,092
 Secteur privé1,640,66−4,070,2781,310,47−3,620,594
 Secteur libéral1,600,60−4,270,3430,860,22−3,270,827
 Secteur informel1,670,75−3,690,2021,930,73−5,070,182
Étudiants
 Inactivité pro par choix2,800,97−8,040,0551,150,28−4,790,839
 Chômage3,851,24−11,980,0201,890,47−7,520,363
 Retraites4,811,61−14,340,0052,220,44−11,00,328
Secteur médical
 Oui0,95−2,54
 Non1,55Référence0,075
Antécédents médicaux
 Oui2,35−6,211,08−4,88
 Non3,83Référence<0,0012,29Référence0,030
Antécédents médicaux familiaux
 Oui1,77−4,440,92−2,70
 Non2,80Référence<0,0011,58Référence0,093
Auto-évaluation de la santé physique
 Bonne à très bonneRéférenceRéférence
 Moyenne2,521,46−4,37<0,0011,450,67−3,150,337
 Mauvaise à très mauvaise31,457,07−139,8<0,00121,623,6−128,3<0,001

OR : Odds Ratio IC : intervalle de confiance.

Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité de l’impact de l’événement. OR : Odds Ratio IC : intervalle de confiance.

Facteurs associés à la dépression

Le fait de vivre à Dakar (OR = 4,54), de ne pas être scolarisé (OR = 6,14) ou d’avoir reçu un enseignement primaire à secondaire (OR = 3,45), ainsi que d’avoir des antécédents médicaux chroniques familiaux (OR = 2,24) et de s’auto-évaluer comme ayant une mauvaise à très mauvaise santé physique (OR = 6,87) est significativement associé à des niveaux plus sévères de dépression (Tableau 4 ).
Tableau 4

Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité de la dépression.

VariablesAnalyse univariée
Analyse multivariée
OR brutIC 95 %pOR ajustéIC 95 %p
Sexe
 MRéférence
 F1,150,67−1,90,603
Âge
 18−24 ansRéférenceRéférence
 25−34 ans2,070,95−4,460,0641,360,50−3,700,542
 35−49 ans0,900,36−2,210,8190,700,21−2,260,558
 50−64 ans1,260,48−3,320,6320,440,11−1,730,244
 65+ ans3,061,11−8,430,0310,340,06−2,000,237
Statut marital
 CélibataireRéférence
 Marié0,820,46−1,460,511
 Divorcé1,320,00−Inf0,985
 Veuf2,800,65−12,010,165
Résidence
 Dakar1,32−3,971,98−10,3
 Hors Dakar2,29Référence0,0034,54Référence<0,001
Éducation
 Sans1,33−7,291,37−27,3
 Enseignement I aire à II aire3,110,77−2,730,0096,14661,27−9,370,017
 Enseignement supérieur1,45Référence0,2403,4569Référence0,015
Activité
 Secteur publicRéférenceRéférence
 Secteur privé1,760,58−5,270,3111,660,50−5,470,404
 Secteur libéral1,310,37−4,550,6680,760,19−3,050,707
 Secteur informel3,070,95−9,910,0611,420,30−6,560,651
 Étudiants1,460,50−4,260,4861,020,29−3,550,967
 Inactivité pro par choix2,100,51−8,580,2970,760,13−4,350,761
 Chômage4,141,05−16,300,0421,400,27−7,090,683
 Retraites3,620,93−14,080,0631,380,21−8,750,729
Secteur médical
 Oui0,65−2,33
 Non1,24Référence0,506
Antécédents médicaux
 Oui1,91−6,070,87−5,53
 Non3,412Référence<0,0012,20Référence0,093
Antécédents médicaux familiaux
 Oui2,00−7,561,07−4,69
 Non3,898Référence<0,0012,24Référence0,031
Auto-évaluation de la santé physique
 Bonne à très bonneRéférenceRéférence
 Moyenne2,8031,45−5,410,0021,720,68−4,350,245
 Mauvaise à très mauvaise9,2863,45−24,92<0,0016,871,50−31,30,013
Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité de la dépression.

Facteurs associés à l’anxiété

Dans le modèle multivarié, seuls le fait de vivre à Dakar (OR = 17,64) et le fait de ne pas être scolarisé (OR = 16,47) sont restés significativement associés à des niveaux plus sévères d’anxiété (Tableau 5 ).
Tableau 5

Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité de l’anxiété.

VariablesAnalyse univariée
Analyse multivariée
OR brutIC 95 %pOR ajustéIC 95 %p
Sexe
 MRéférence
 F0,850,37−1,980,721
Âge
 18−24 ansRéférenceRéférence
 25−34 ans1,600,45−5,620,4620,600,13−2,790,518
 35−49 ans1,260,32−4,820,7341,490,25−8,840,656
 50−64 ans0,840,15−4,730,8470,680,06−7,410,752
 65+ ans5,001,25−19,890,0223,560,31−40,40,306
Statut marital
 CélibataireRéférence
 Marié0,670,28−1,590,370
 Divorcé3,340,00−Inf0,986
 Veuf1,770,20−15,630,605
Résidence
 Dakar1,59−9,282,8−107,4
 Hors Dakar3,84Référence0,00317,64Référence0,002
Éducation
 Sans1,28−11,501,2−217,8
 Enseignement I aire à II aire3,840,25−2,430,01616,470,55−17,30,033
 Enseignement supérieur0,78Référence0,6743,11Référence0,194
Activité
 Secteur publicRéférenceRéférence
 Secteur privé1,390,12−15,690,7881,390,1−17,870,799
 Secteur libéral4,500,48−41,540,1844,610,41−51,60,215
 Secteur informel1,470,08−24,250,7850,570,01−19,40,758
 Étudiants4,810,59−38,820,1405,910,54−64,40,144
 Inactivité pro par choix5,160,44−59,620,1881,780,09−32,40,696
 Chômage11,621,13−119,30,0393,220,16−61,60,437
 Retraites3,100,18−51,840,4310,430,01−13,00,630
Secteur médical
 Oui1,26−7,020,29−6,71
 Non2,97Référence0,0131,41Référence0,660
Antécédents médicaux
 Oui1,35−7,570,42−5,43
 Non3,20Référence0,0081,51Référence0,521
Antécédents médicaux familiaux
 Oui0,95−6,35
 Non2,45Référence0,063
Auto-évaluation de la santé physique
 Bonne à très bonneRéférenceRéférence
 Moyenne2,540,93−6,930,0691,290,31−5,220,719
 Mauvaise à très mauvaise7,622,20−26,390,0016,770,82−55,70,075
Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité de l’anxiété.

Facteurs associés au stress

En analyse multivariée, seul le fait de vivre à Dakar (OR = 2,64), de ne pas être scolarisé (OR = 3,83), et d’avoir des antécédents médicaux chroniques personnels (OR = 2,41) et/ou familiaux (OR = 1,89) est resté significativement associé à des niveaux plus sévères de stress (Tableau 6 ).
Tableau 6

Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité du stress.

VariablesAnalyse univariée
Analyse multivariée
OR brutIC 95 %pOR ajustéIC 95 %p
Sexe
 MRéférence
 F1,140,68−1,920,600
Âge
 18−24 ansRéférence
 25−34 ans1,900,92−3,930,082
 35−49 ans1,170,53−2,600,686
 50−64 ans0,900,34−2,390,838
 65+ ans2,530,94−6,810,064
Statut marital
 CélibataireRéférence
 Marié0,930,53−1,640,826
 Divorcé1,320,40−4,270,644
 Veuf2,800,65−12,010,165
Résidence
 Dakar1,03−2,941,34−5,19
 Hors Dakar1,74Référence0,0372,64Référence0,005
Éducation
 Sans1,55−7,731,07−13,6
 Enseignement I aire à II aire3,470,65−2,230,0023,830,75−4,210,038
 Enseignement supérieur1,21Référence0,5421,78Référence0,185
Activité
 Secteur publicRéférence
 Secteur privé1,210,45−3,280,7001,320,46−3,760,596
 Secteur libéral1,440,49−4,150,5001,270,40−3,990,675
 Secteur informel2,420,84−6,970,1011,700,44−6,580,436
 Étudiants1,250,49−3,210,6301,370,50−3,700,531
 Inactivité pro par choix1,900,54−6,660,3130,850,18−4,010,845
 Chômage3,691,06−12,830,0402,020,47−8,530,339
 Retraites0,840,16−4,400,8390,290,04−1,850,192
Secteur médical
 Oui0,68−2,27
 Non1,24Référence0,474
Antécédents médicaux
 Oui1,54−4,731,05−5,53
 Non2,70Référence<0,0012,41Référence0,036
Antécédents médicaux familiaux
 Oui1,49−4,701,00−3,55
 Non2,64Référence<0,0011,89Référence0,048
Auto-évaluation de la santé physique
 Bonne à très bonneRéférenceRéférence
 Moyenne1,690,87–3,280,1180,750,30–1,840,534
 Mauvaise à très mauvaise4,231,56–11,470,0041,970,45–8,550,364
Associations entre les variables sociodémographiques et la sévérité du stress.

Discussion

La majorité des participants à cette enquête étaient de sexe masculin, était âgée de 25 à 34 ans, étaient mariés, habitaient à Dakar, avaient un niveau d’éducation supérieure et n’appartenaient pas au secteur médical. Notre échantillon reprend les caractéristiques démographiques de la population générale du Sénégal. En effet, le rapport des projections démographiques de 2020 de l’Agence Nationale de Statistique et de Démographie (ANSD) du Sénégal montre une légère prédominance des femmes (50,2 %) par rapport aux hommes (49,8 %). La population est essentiellement jeune. Plus de la moitié de celle-ci (52,1 %) sont âgés de moins de 20 ans et seulement 5,5 % sont âgés de plus de 60 ans. La population est essentiellement concentrée dans quatre régions (plus de 55 %) : Dakar (plus de 23 % à elle seule), Thiès, Diourbel et Kaolack. Aussi, 57 % de la population sont mariés [1]. Notre population n’avait majoritairement pas d’antécédent médical chronique personnel, et s’était auto-évaluée comme ayant une bonne à très bonne santé physique. Ces résultats montrent que l’auto-évaluation de la santé de notre population est un bon indicateur de son état de santé individuel, comme l’a soulignée une étude précédemment faite au Sénégal [22].

Impact psychologique de la pandémie

Environ un cinquième de notre population a reporté un impact psychologique modéré à sévère de la pandémie. Un seuil à partir duquel le stress post-traumatique peut être cliniquement décelé. Ces résultats sont supérieurs à ceux trouvés dans une enquête faite dans un pays voisin, la Guinée, où ce taux était de 14,38 % [35]. Ils rejoignent ceux trouvés en Jordanie [19] ainsi qu’en Arabie Saoudite [4], qui étaient respectivement de 19,8 % et 23,6 %. Cependant, ils restent largement inférieurs à ceux trouvés notamment en Tunisie (33 %) [13], au Nigeria (41,3 %) [29] ou encore en Chine (53,8 %) [39]. Une large étude faite dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et incluant 18 pays a également reporté une prévalence de stress post-traumatique nettement supérieure (40 %) [2]. Ces différences de prévalence pourraient être expliquées par l’évolution unique de la pandémie dans chaque pays. Bien que cette troisième vague ait été accompagnée d’une recrudescence générale du nombre de nouveaux cas infectés par jour ainsi que du nombre de décès liés à la Covid-19 dans le monde, les pays ont été inégalement touchés. Le fait que notre population ait été sondée à environ un an d’évolution de cette pandémie sous-entend une meilleure connaissance de celle-ci et pourrait également expliquer cette différence. Bien que la prévalence de stress post-traumatique obtenue dans notre étude soit relativement faible par rapport à d’autres pays, elle reste néanmoins non négligeable.

État de santé mentale de notre population

Nos résultats ont montré que le problème de santé mentale le plus courant était le stress, suivi de la dépression et enfin l’anxiété. En effet, 15,2 %, 13,4 % et 5,1 % de notre population ont reporté respectivement des niveaux modérés à extrêmement sévère de stress, de dépression, et d’anxiété. En revanche, une étude faite en Arabie Saoudite a révélé que le problème de santé mentale le plus répandu était la dépression (28,3 %), suivie de l’anxiété (24 %) puis du stress (22,3 %) [4]. Des résultats similaires ont été rapportés en Espagne avec des niveaux de dépression modérés à extrêmement sévère de 29,6 %, d’anxiété de 25,3 % et de stress de 22,4 % [31]. D’autres études faites en Équateur ont montré que l’anxiété était plus courante avec 30,7 % de la population, suivie par la dépression (17,7 %), enfin par le stress (14,2 %) [24]. Des résultats similaires ont été rapportés par une étude chinoise dans laquelle l’anxiété modérée à grave était de 28,8 %, suivie de la dépression (16,5 %) et du stress (8,1 %) [39].

Facteurs associés à la sévérité de l’impact psychologique, de la dépression, de l’anxiété et du stress

Le fait d’habiter dans la région de Dakar était associé à tous les troubles étudiés. La région de Dakar concentre à elle seule près du quart de la population sénégalaise. Avec près de 4 millions d’habitants, certaines de ses communes ont une densité de plus de 50 000 habitants/km2 [1]. Cette région a été par conséquent la plus touchée, concentrant la majorité des cas infectés et des décès liés à la COVID-19 [41], ce qui pourrait expliquer nos résultats. Cet aspect a été retrouvé par une précédente étude menée en Australie sur l’épidémie de la grippe qui a révélé que les habitants des zones géographiques ayant une prévalence plus élevée de la maladie étaient plus susceptibles d’être en détresse psychique [34]. D’ailleurs, les résultats sont en adéquation avec ceux trouvés dans une étude en Iran où le niveau et la sévérité des symptômes d’anxiété des personnes résidant dans les régions à forte prévalence de COVID-19 étaient significativement plus élevés [26]. En ce qui concerne le niveau d’éducation, le fait de ne pas avoir été scolarisé était associé à tous les troubles étudiés. Ce qui rejoint les résultats trouvés en Chine [39] et en Italie [25] où le fait d’être sans instruction était significativement associé à des niveaux plus sévères de dépression, contrairement à des études similaires menées en Iran et en Chine qui ont montré que le niveau de détresse augmentait de manière significative avec le niveau d’éducation [26], [30]. De plus, dans notre étude, le niveau d’éducation primaire à secondaire était associé à des niveaux plus sévères de dépression. Ces résultats sont en adéquation avec ceux trouvés en Équateur et en Arabie Saoudite [4], [24]. Nous remarquons que le niveau d’éducation a donné des résultats mitigés dans la littérature. En effet, pour certains auteurs, l’absence d’instruction serait un facteur de vulnérabilité ; et pour d’autres, un niveau d’éducation supérieure serait associé à une plus grande détresse psychologique [4], [30]. Des antécédents médicaux personnels étaient associés à des niveaux plus sévères d’impact psychologique et de stress. Aussi, l’idée d’avoir un état de santé précaire était associée à des niveaux sévères d’impact psychologique et de dépression. Ces résultats concordent avec des études faites dans les continents américain, asiatique et européen [4], [24], [25], [31], [33], [39], et pourraient être expliqués par le fait que la COVID-19 s’est montrée particulièrement agressive quand elle infectait des personnes ayant des comorbidités et un état de santé non optimal, ce qui pourrait avoir entraîné une détresse psychologique [12], [40]. Au Sénégal par exemple, en ce qui concerne les cas graves, 84 % d’entre eux avaient une comorbidité et le taux de létalité de ces cas graves se situait entre 41 et 45 % [11]. De plus, il semblerait que la susceptibilité perçue à l’infection soit elle aussi corrélée à un degré plus élevé de détresse psychologique [5]. En ce qui concerne les antécédents médicaux familiaux, leur présence était associée à des niveaux plus sévères de dépression et de stress. Ce constat a été fait par d’autres auteurs [26], [39]. En effet, s’inquiéter pour un membre de la famille vulnérable pourrait entraîner une détresse psychologique. D’ailleurs, un sondage réalisé par l’Association Américaine de Psychiatrie a constaté que les personnes sont plus inquiètes de voir leur famille proche contracter le coronavirus que d’attraper le virus elles-mêmes [27].

Limites de l’étude

Cette étude, dont l’objectif est d’explorer la réponse psychologique sur la population générale, représente la première faite au Sénégal dans le contexte de la pandémie. Notre échantillon est représentatif de cette population en termes de taille et de distribution. Cependant, nous pouvons retenir certaines limites : la première rejoint les limites relatives à l’utilisation d’un questionnaire en ligne. De plus, l’utilisation d’outils de dépistage, IES et DASS21 en l’occurrence, nécessite une confirmation par entretiens psychiatriques.

Conclusion

Notre étude a permis de déterminer la prévalence du syndrome de stress post-traumatique, de la dépression, de l’anxiété et du stress dans la population générale du Sénégal pendant la pandémie de la COVID-19. Elle montre que la pandémie affecte effectivement la santé mentale de la population sénégalaise. Cette incidence est fortement influencée par la zone géographique et le niveau d’éducation. Cette étude constitue un repère important et un point de départ pour des études prospectives, dans le but de fournir des données plus précises afin de soutenir et adapter les stratégies publiques ciblées en matière de santé mentale durant cette pandémie et à l’avenir.

Déclaration de liens d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
  31 in total

1.  Validation of a French version of the impact of event scale-revised.

Authors:  Alain Brunet; Annie St-Hilaire; Louis Jehel; Suzanne King
Journal:  Can J Psychiatry       Date:  2003-02       Impact factor: 4.356

2.  Clinical Characteristics of 138 Hospitalized Patients With 2019 Novel Coronavirus-Infected Pneumonia in Wuhan, China.

Authors:  Dawei Wang; Bo Hu; Chang Hu; Fangfang Zhu; Xing Liu; Jing Zhang; Binbin Wang; Hui Xiang; Zhenshun Cheng; Yong Xiong; Yan Zhao; Yirong Li; Xinghuan Wang; Zhiyong Peng
Journal:  JAMA       Date:  2020-03-17       Impact factor: 56.272

3.  Psychobehavioural responses to the 2014 Middle East respiratory syndrome-novel corona virus (MERS CoV) among adults in two shopping malls in Jeddah, western Saudi Arabia.

Authors:  N S AlNajjar; L M Attar; F M Farahat; A AlThaqafi
Journal:  East Mediterr Health J       Date:  2017-02-01       Impact factor: 1.628

Review 4.  The Forgotten Plague: Psychiatric Manifestations of Ebola, Zika, and Emerging Infectious Diseases.

Authors:  Veronica Tucci; Nidal Moukaddam; Jonathan Meadows; Suhal Shah; Sagar C Galwankar; G Bobby Kapur
Journal:  J Glob Infect Dis       Date:  2017 Oct-Dec

5.  Psychosocial impacts of COVID-19 in the Guinean population. An online cross-sectional survey.

Authors:  Almamy Amara Touré; Lansana Mady Camara; Aboubacar Sidiki Magassouba; Abdoulaye Doumbouya; Gnoume Camara; Alsény Yarie Camara; Gaspard Loua; Diao Cissé; Mohamed Sylla; Alpha Oumar Bereté; Abdoul Habib Beavogui
Journal:  PLoS One       Date:  2021-02-02       Impact factor: 3.240

6.  Assessment of depression, anxiety and stress levels in the Ecuadorian general population during social isolation due to the COVID-19 outbreak: a cross-sectional study.

Authors:  Hans Mautong; Jorge Andrés Gallardo-Rumbea; Geovanny Efraín Alvarado-Villa; Juan Carlos Fernández-Cadena; Derly Andrade-Molina; Carlos Enrique Orellana-Román; Iván Cherrez-Ojeda
Journal:  BMC Psychiatry       Date:  2021-04-28       Impact factor: 3.630

7.  Psychological Impact of COVID-19 Pandemic Among the General Population in Jordan.

Authors:  Moawiah Khatatbeh; Aws Khasawneh; Hasan Hussein; Omar Altahat; Fadwa Alhalaiqa
Journal:  Front Psychiatry       Date:  2021-04-14       Impact factor: 4.157

8.  Factors influencing psychological distress during a disease epidemic: data from Australia's first outbreak of equine influenza.

Authors:  Melanie R Taylor; Kingsley E Agho; Garry J Stevens; Beverley Raphael
Journal:  BMC Public Health       Date:  2008-10-03       Impact factor: 3.295

9.  Prevalence and predictors of PTSD during the COVID-19 pandemic: Findings from a Tunisian community sample.

Authors:  Feten Fekih-Romdhane; Farah Ghrissi; Bouthaina Abbassi; Wissal Cherif; Majda Cheour
Journal:  Psychiatry Res       Date:  2020-05-27       Impact factor: 3.222

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