Literature DB >> 35694128

[Satisfaction and Feasibility of Videoconsultation (VC) in Orthopaedic and Trauma Surgery in the Context of the COVID-19 Pandemic: Prospective Study of 783 Patients].

Alexis Perrin1, Nicolas Mainard2,3, Marc Limousin4, Eric Meyer4, Franck Remy4, Guillaume Strouk4, Laurène Norberciak5,6, Pierre-Emmanuel Ridon4.   

Abstract

Entities:  

Year:  2022        PMID: 35694128      PMCID: PMC9174351          DOI: 10.1016/j.rcot.2022.06.004

Source DB:  PubMed          Journal: 


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Introduction

Les difficultés démographiques d’accès aux spécialistes et les particularités géographiques de certains pays ont poussé les systèmes de santé à développer la téléconsultation dès la fin des années 90 [1], [2], [3], [4]. La qualité, le coût et la facilité d’utilisation des équipements informatiques se sont nettement améliorés ces dernières années, permettant le développement de la vidéo-téléconsultation (VTC) comme une alternative aux consultations physiques (CP). L’accès à internet (4G, ADSL, fibre) et aux outils numériques (smartphone, tablette numérique) se sont démocratisés et sont dorénavant accessibles facilement par une grande partie de la population. Cependant, en France, l’orthopédie reste une spécialité de contact où l’examen clinique est au centre de la relation médecin-patient, rendant le recourt à la téléconsultation (TC) encore marginal. Dans certains pays, en raison de l’éloignement géographique (Australie, Norvège), l’organisation sanitaire a nécessité depuis longtemps le recours à la VTC. Des études prospectives récentes ont montré un taux de satisfaction élevé des patients et une diminution importante des coûts dans le domaine de l’orthopédie et de la chirurgie [5], [6], [7], [8], [9]. La période récente, liée à l’épidémie de COVID-19, a contraint les spécialistes à y recourir afin d’assurer un suivi médical indispensable. Les CP et les interventions chirurgicales étaient annulées pour éviter la propagation du virus. La VTC était le seul outil autorisé pour permettre le suivi nécessaire des patients par les praticiens. Dans le cadre de l’état d’urgence, des mesures dérogatoires ont été instaurées, permettant ainsi de rembourser à 100 % la VTC. Selon les chiffres officiels de l’Assurance Maladie [10], 5,5 millions de VTC ont été remboursées entre mars et avril 2020 et jusqu’à 1 million de VTC ont été réalisées par semaine pendant le pic épidémique. Dans toutes les études existantes, la VTC restait une alternative à la CP [11], [12]. La crise actuelle et l’incertitude, quant à son évolution, rendent nécessaires et urgentes la prise en compte de cette éventualité dans la pratique courante du chirurgien orthopédiste. Il n’existe, à ce jour, aucune étude française récente en orthopédie traumatologie portant sur l’évaluation de la satisfaction de la VTC comme seule possibilité de consultation. Aussi, nous avons mené une étude prospective afin d’évaluer : 1) la satisfaction des patients ; 2) l’accessibilité et l’avenir de la VTC ; et 3) les motifs de refus à la VTC dans ce contexte pandémique. Notre hypothèse était que la VTC dans ce contexte a été appréciée favorablement par les patients.

Matériel et méthode

Patients

Il s’agit une étude prospective monocentrique observationnelle d’une série consécutive de patients suivis à la clinique de Saint Omer (Hauts de France) durant la période de confinement du 16 mars au 11 mai 2020. Dès l’annonce du confinement, en application des recommandations gouvernementales, tous les patients, pour lesquels une CP programmée (première consultation ou suivi préopératoire et postopératoire) de chirurgie orthopédique du membre inférieur ou supérieur devait avoir lieu au cours de la période considérée, ont été contactés afin de leur proposer une VTC. En cas de refus, la CP était remise à plus tard. En cas de consultation urgente nécessitant une CP, le patient pouvait se rendre aux urgences de la clinique. Tous les patients joignables ont été considérés dans l’étude, qu’ils aient accepté ou non la VTC. Cinq orthopédistes spécialistes de la chirurgie du membre inférieur et du membre supérieur (pathologies traumatiques et dégénératives) ont réalisé ces VTC. Pour l’examen clinique virtuel, aucun protocole spécifique n’a été appliqué par les chirurgiens. Les critères de non-inclusion concernaient les patients refusant de participer à l’étude, ceux présentant un handicap mental, visuel ou auditif, et les patients mineurs. Cette étude ne s’inscrivant pas dans le cadre de la loi Jardé, aucune autorisation réglementaire préalable n’était requise.

Méthodes

Un rendez-vous de VTC était convenu entre le patient et le praticien. Les praticiens réalisaient les VTC dans le même bureau où ils réalisaient habituellement les CP. Les patients réalisaient le rendez-vous sur leur lieu de confinement. Il leur était demandé d’être dans un lieu calme. Une plateforme dédiée à la prise de RDV et aux VTC était utilisée. Le patient pouvait transférer sur la plateforme les documents nécessaires au bon déroulement de la VTC.

Méthodes d’évaluation

Concernant les patients ayant bénéficié d’une VTC, le chirurgien les informait du questionnaire de satisfaction à la fin de l’entretien. Un lien était envoyé par mail. Ce questionnaire anonyme était complété en ligne (Supplément en ligne). La satisfaction était évaluée à l’aide d’échelles numériques entre 0 et 5 et s’intéressait à plusieurs dimensions : connaissance et courtoisie du praticien, temps passé, réponse appropriée et capacité à parler librement. Il était composé de 4 autres parties permettant de collecter des données démographiques, les motifs de VTC, l’accessibilité, les limites et difficultés techniques rencontrées. Concernant les patients refusant de réaliser la VTC, les motifs de refus et les données démographiques ont été recueillis au cours de l’appel téléphonique après obtention de leur accord. Les données ont été traitées et interprétées pas un observateur indépendant (L.N.).

Méthode statistique

Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel R (version 3.6.1). Les données qualitatives sont décrites par les effectifs et pourcentages, les données quantitatives par les moyennes ± écart-types. Les patients ayant accepté vs refusé la VTC ont été comparés par le test de Mann–Whitney–Wilcoxon en l’absence de normalité pour l’âge, par le test du Chi2 pour le sexe et la distance à la ville. La corrélation entre la satisfaction globale de la VTC et les données quantitatives a été évaluée par le coefficient de corrélation de Spearman (ρ) en l’absence de normalité et son intervalle de confiance à 95 %. La corrélation était jugée très bonne si ρ était strictement supérieur à 0,8, bonne si ρ était compris entre 0,61 et 0,8, modérée pour ρ compris entre 0,6 et 0,41, mauvaise sinon. Le lien entre la satisfaction globale de la VTC et les données qualitatives a été évalué par le test de Mann–Whitney–Wilcoxon ou Kruskal–Wallis en cas de plus de 2 modalités. Un seuil de significativité de 5 % a été considéré. Aucune taille d’échantillon n’a été calculée, car l’analyse du critère d’évaluation principal est descriptive. Cette étude pragmatique souhaitait un recrutement exhaustif sur la période de confinement.

Résultats

Résultats sur la population globale

Pendant cette période de confinement, 783 CP étaient programmées, 291 VTC ont été réalisées (37,2 %), 408 patients (52,1 %) ont refusé cette VTC et 84 (10,7 %) n’ont pu être contactés par téléphone (Fig. 1 ) et ont donc été exclus. Le taux de participation à la VTC était de 37,2 % (291/783).
Fig. 1

Sélection des patients inclus dans l’étude. Sur la période du 16 mars au 11 mai 2020, 783 consultations présentielles étaient programmées et ces patients se sont vu proposer une vidéo-téléconsultation (VTC).

Sélection des patients inclus dans l’étude. Sur la période du 16 mars au 11 mai 2020, 783 consultations présentielles étaient programmées et ces patients se sont vu proposer une vidéo-téléconsultation (VTC). Parmi les VTC réalisées, 231 questionnaires complets ont été recueillis, 2 présentent des réponses très partielles et ne sont pas pris en compte dans le reste de l’analyse (laissant 231 patients en analyse). Cinquante-huit n’ont pas été complétés par les patients. Le taux de participation au questionnaire était de 80,1 % (233/291) (Fig. 1). Il s’agissait d’une première consultation avec le chirurgien pour 28,6 % (66/231) des patients, alors que 71,4 % (165/231) avaient déjà rencontré le chirurgien et parmi ces derniers, 51,6 % (85/165) consultaient pour un suivi après chirurgie.

Patients ayant bénéficié de la VTC

Ce groupe était en moyenne une dizaine d’années plus jeune que ceux ayant refusé la VTC (48 ± 14,4 ans vs 57,8 ± 16,4 ans (p  < 0,0001)), sans différence significative de sexe : 46,8 % d’hommes (108/231) chez ceux ayant accepté la VTC vs 42,9 % (175/408) chez ceux l’ayant refusé. Les données du groupe ayant bénéficié de la VTC sont détaillées dans les Tableau 1, Tableau 2 .
Tableau 1

Caractéristiques de la population ayant accepté la VTC et rempli le questionnaire (n = 231).

ModalitésValeurs manquantesEffectif (%)
Expérience globale de la VTC (cotée entre 0 et 5)000 (0 %)
10 (0 %)
26 (2,6 %)
326 (11,3 %)
492 (39,8 %)
5107 (46,3 %)
SexeHomme0108 (46,8 %)
Femme123 (53,2 %)
Ville0–20 km0122 (52,8 %)
20–50 km83 (35,9 %)
50 km et plus26 (11,3 %)
Niveau d’étudesans diplôme062 (26,8 %)
Bac80 (34,6 %)
Bac + 245 (19,5 %)
Bac + 39 (3,9 %)
Bac + 4 et plus35 (15,2 %)
Utilisation outil informatique lors de l’activité professionnelleUtilisent0155 (67,1 %)
N’utilisent pas76 (32,9 %)
Moyen de communication utilisé pour la VTCOrdinateur0108 (46,8 %)
Smartphone123 (53,2 %)
A contacté un proche pour réaliser la VTC/034 (14,7 %)
A contacté un proche pour obtenir le matériel nécessaire à la réalisation de la VTC/016 (6,9 %)
1re consultation avec le chirurgien/066 (28,6 %)
PathologiePathologie de l’épaule (tendinite, coiffe rotateur, arthrose…)073 (31,6 %)
Pathologie du coude (tendinite, arthrose…)17 (7,4 %)
Pathologie de la main (canal carpien, maladie de Dupuytren, doigt à ressaut…)33 (14,3 %)
Pathologie de la hanche (arthrose…)24 (10,4 %)
Pathologie du genou (arthrose, rupture ligaments croisés, LCA, lésion méniscale…)47 (20,3 %)
Fracture du membre supérieur (épaule, bras, coude, avant-bras, main)15 (6,5 %)
Fracture du membre inférieur (hanche, fémur, genou, jambe, cheville, pied)22 (9,5 %)
Degré d’urgence de la consultationPeu urgent095 (41,1 %)
Urgent109 (47,2 %)
Très urgent27 (11,7 %)
Motif consultationAvant de décider une éventuelle chirurgie0146 (63,2 %)
Après une chirurgie déjà réalisée85 (36,8 %)
1re expérience de VTC/0207 (89,6 %)
Temps d’attente0–15 min0213 (92,2 %)
15–30 min16 (6,9 %)
30–45 min2 (0,9 %)
Temps de trajet si aviez dû vous rendre à la cliniqueInférieur à 30 minute0141 (61 %)
Entre 30 min et 1 h71 (30,7 %)
Entre 1 h et 2 h19 (8,2 %)
Évaluation VTC par rapport à consultation physiqueSans avis045 (19,5 %)
Pire18 (7,8 %)
Identique161 (69,7 %)
Meilleure7 (3 %)
Après cette expérience, si avez eu le choix, aurait préféréCP0168 (72,7 %)
VTC63 (27,3 %)
Après confinement, si chirurgien propose consultation, choix modalitéVTC033 (14,3 %)
CP198 (85,7 %)
Était accompagné durant la VTC/072 (31,2 %)
Problèmes rencontrés lors de la VTCAucun0157 (68 %)
Coupure vidéo28 (12,1 %)
Coupure son21 (9,1 %)
Dérangé par une personne de votre entourage2 (0,9 %)
Difficulté ou impossibilité à charger les examens radiologiques7 (3 %)
Problème de connexion internet (manque de réseau ou coupure internet)16 (6,9 %)
Difficultés rencontrées lors de la VTCAucune0185 (80,1 %)
Difficultés pour bien positionner la caméra20 (8,7 %)
Difficultés pour montrer la zone douloureuse24 (10,4 %)
Difficultés pour comprendre les gestes demandés par le chirurgien2 (0,9 %)

VTC : vidéo-téléconsultation ; CP : consultation présentielle.

Tableau 2

Comparaison du profil des patients ayant accepté (n = 231) vs refusé la vidéo-téléconsultation (n = 408).

Valeurs manquantesPopulation totaleRefusVTCValeur de p
n//639408231/
Âge (années)/054,2 ± 16,457,8 ± 16,448 ± 14,4< 0,0001
SexeHomme0283 (44,3 %)175 (42,9 %)108 (46,8 %)0,39
Femme356 (55,7 %)233 (57,1 %)123 (53,2 %)
Ville0–20 km0383 (59,9 %)261 (64 %)122 (52,8 %)< 0,0001
20–50 km226 (35,4 %)143 (35 %)83 (35,9 %)
50 km et plus30 (4,7 %)4 (1 %)26 (11,3 %)

VTC : vidéo-téléconsultation.

Caractéristiques de la population ayant accepté la VTC et rempli le questionnaire (n = 231). VTC : vidéo-téléconsultation ; CP : consultation présentielle. Comparaison du profil des patients ayant accepté (n = 231) vs refusé la vidéo-téléconsultation (n = 408). VTC : vidéo-téléconsultation.

Satisfaction

L’expérience globale était cotée en moyenne à 4,3 ± 0,8 sur une échelle de 0 à 5 (Tableau 1) ; 2,6 % patients (6/231) ont donné une note inférieure ou égale à 2/5 et 86,1 % (199/231) une note supérieure ou égale à 4/5. La recherche des facteurs liés à la satisfaction globale de la VTC révélait que l’âge n’influençait pas celle-ci, puisque la corrélation était proche de la nullité (ρ = 0,06 ; IC95 % = [−0,08 ; 0,18]). On observait par contre de manière assez évidente une bonne corrélation pour la recommandation de la VTC à un ami (ρ = 0,72 ; IC95 % = [0,63 ; 0,8]). La satisfaction n’a jamais été influencée par la pathologie qu’elle soit classée par articulation (épaule 4,2 ± 0,8, coude 4,8 ± 0,4, main 4,2 ± 0,9, hanche 4,5 ± 0,5, genou 4,3 ± 0,7, (p  = 0,07)) ou groupe d’articulations (membre supérieur 4,3 ± 0,8 ou membre inférieur 4,3 ± 0,7 (p  = 0,67)) ou type de pathologie (dégénérative 4,3 ± 0,8 ou traumatique 4,2 ± 0,8 (p  = 0,37)) (Tableau 3 ).
Tableau 3

Liens avec la satisfaction de la vidéo-téléconsultation (n = 231).

DonnéeModalitésnMoy ± ETMed [IQ]Valeur de p
Âge< 40544,2 ± 0,84 [4 ; 5]0,51
[40 ; 60[1374,4 ± 0,74 [4 ; 5]
≥ 60404,2 ± 0,94 [4 ; 5]
1re consultation avec le chirurgienNon1654,3 ± 0,74 [4 ; 5]0,59
Oui664,3 ± 0,85 [4 ; 5]
Motif consultationAvant de décider une éventuelle chirurgie1464,3 ± 0,74 [4 ; 5]0,45
Après une chirurgie déjà réalisée854,2 ± 0,84 [4 ; 5]
PathologiePathologie de l’épaule (tendinite, coiffe rotateur, arthrose…)734,2 ± 0,84 [4 ; 5]0,07
Pathologie du coude (tendinite, arthrose…)174,8 ± 0,45 [5 ; 5]
Pathologie de la main (canal carpien, maladie de Dupuytren, doigt à ressaut…)334,2 ± 0,94 [4 ; 5]
Pathologie de la hanche (arthrose…)244,5 ± 0,54,5 [4 ; 5]
Pathologie du genou (arthrose, rupture ligaments croisés, lésion méniscale…)474,3 ± 0,74 [4 ; 5]
Fracture du membre supérieur (épaule, bras, coude, avant-bras, main)154,2 ± 0,95 [3 ; 5]
Fracture du membre inférieur (hanche, fémur, genou, jambe, cheville, pied)224,2 ± 0,64 [4 ; 5]
Pathologie (selon autre format)Dégénérative + traumatologie membre supérieur1384,3 ± 0,85 [4 ; 5]0,67
Dégénérative + traumatologie membre inférieur934,3 ± 0,74 [4 ; 5]
Pathologie (selon autre format)Dégénérative membre supérieur + inférieur1944,3 ± 0,84 [4 ; 5]0,37
Traumatologie membre supérieur + inférieur374,2 ± 0,84 [4 ; 5]
Degré d’urgence de la consultationPeu urgent954,3 ± 0,84 [4 ; 5]0,63
Urgent1094,3 ± 0,74 [4 ; 5]
Très urgent274,4 ± 0,85 [4 ; 5]
Temps d’attente en salle d’attente virtuelle lors de la VTC0–15 min2134,3 ± 0,84 [4 ; 5]0,13 uniquement pour comparaison 0–15 min vs 15–30 min
15–30 min164 ± 0,94 [4 ; 4,2]
30–45 min24 ± 04 [4 ; 4]
Temps de trajet si vous avez dû vous rendre à la cliniqueInférieur à 30 minute1414,3 ± 0,74 [4 ; 5]0,65
Entre 30 min et 1 h714,4 ± 0,85 [4 ; 5]
Entre 1 h et 2 h194,2 ± 0,95 [3 ; 5]
Problèmes rencontrés lors de la VTCAucun1574,5 ± 0,75 [4 ; 5]< 0,0001 pour la comparaison de toutes les modalités en dehors du groupe d’effectif n = 2
Coupure vidéo283,9 ± 0,94 [3 ; 4,2]
Coupure son214 ± 0,94 [4 ; 5]
Dérangé par une personne de votre entourage24 ± 04 [4 ; 4]
Difficulté ou impossibilité à charger les examens radiologiques74 ± 0,84 [3,5 ; 4,5]
Problème de connexion internet (manque de réseau ou coupure internet)163,9 ± 0,64 [3,8 ; 4]
Difficultés rencontrées lors de la VTCAucune1854,4 ± 0,75 [4 ; 5]< 0,0001 pour la comparaison de toutes les modalités en dehors du groupe d’effectif n = 2
Difficultés pour bien positionner la caméra203,7 ± 0,74 [4 ; 4]
Difficultés pour montrer la zone douloureuse243,8 ± 14 [3,8 ; 4,2]
Difficultés pour comprendre les gestes demandés par le chirurgien24 ± 04 [4 ; 4]
1re expérience de VTCNon244,1 ± 0,94 [4 ; 5]0,34
Oui2074,3 ± 0,84 [4 ; 5]

VTC : vidéo-téléconsultation; km : kilomètre

Liens avec la satisfaction de la vidéo-téléconsultation (n = 231). VTC : vidéo-téléconsultation; km : kilomètre Nous avons comparé chez les non opérés la satisfaction de la VTC entre les patients pour lesquels il s’agissait d’une 1re consultation (n  = 66/231) vs les patients pour lesquels ce n’était pas le cas (n  = 165/231) et n’avons pas retrouvé de différence significative (4,3 ± 0,8 vs 4,3 ± 0,7 (p  = 0,66)). Concernant les 85 patients pour lesquels la VTC faisait suite à une opération, on ne retrouvait pas de lien notable avec la satisfaction du résultat de la chirurgie (ρ = 0,27 ; IC95 % = [0,06 ; 0,48]). Nous n’avons pas retrouvé de différence significative de satisfaction en fonction du motif de consultation en comparant les patients vus avant de décider une éventuelle chirurgie vs ceux rencontrés après une chirurgie réalisée (4,3 ± 0,7 vs 4,2 ± 0,8 (p  = 0,45)). Les patients ayant déjà eu recours à la VTC ultérieurement n’étaient pas plus satisfaits que ceux pour lesquels il s’agissait d’une première expérience (4,1 ± 0,9 vs 4,3 ± 0,8 (p  = 0,34)). Par contre, les problèmes et difficultés techniques rencontrés lors de la VTC influençaient significativement la satisfaction (p  < 0,0001) (Tableau 3).

Accessibilité et avenir

Le smartphone était à peine plus utilisé que l’ordinateur : 53,2 % (123/231) vs 46,8 % (108/231). La plupart n’ont pas rencontré de problème matériel lors de la VTC (157/231, soit 68 %), mais 9,1 % (21/231) ont constaté des coupures son, 12,1 % (28/231) des coupures vidéo et 3 % (7/231) n’ont pas pu charger les examens d’imagerie. Une grande majorité n’a rencontré aucune difficulté (185/231, soit 80,1 %), mais 8,7 % (20/231) ont eu du mal à bien positionner la caméra et 10,4 % (24/231) à montrer la zone douloureuse. Les patients sollicitaient peu leur entourage pour réaliser cette VTC (34/231, soit 14,7 %), mais 31,2 % (72/231) étaient accompagnés. Si le choix entre CP et VTC avait été donné pendant ce premier confinement, 72,7 % (168/231) des patients auraient choisi une CP. En revanche, 85,7 % (198/231) choisiront une CP après le confinement.

Patients ayant refusé la VTC

Ce groupe de patients était âgé en moyenne de 57,8 ± 16,4 ans et composé à 42,9 % (175/408) d’hommes. Le principal motif de refus était la volonté de rencontrer physiquement le praticien (268/408, soit 65,7 %). Dans 12,3 % (50/408) des cas, les patients n’avaient pas accès à internet, 21,8 % (89/408) n’avaient pas l’équipement nécessaire (Tableau 4 ). L’ensemble de ces 3 motifs de refus était significativement lié à l’âge (Tableau 5 ) :
Tableau 4

Caractéristiques de la population ayant refusé la vidéo-téléconsultation (n = 408).

ModalitésValeurs manquantesEffectif (%)
SexeHomme0175 (42,9 %)
Femme233 (57,1 %)
Ville0–20 km0261 (64 %)
20–50 km143 (35 %)
50 km et plus4 (1 %)
Manque d’équipementOui089 (21,8 %)
Manque d’internetOui050 (12,3 %)
Pas urgent veut consultation en présentiel/0268 (65,7 %)
Rendez-vous non honoré/00 (0 %)
Consultation suivi0273 (66,9 %)
Nouveaux patients0135 (33,1 %)
PathologieMembre sup.0124 (30,4 %)
Pied44 (10,8 %)
Hanche83 (20,3 %)
Genoux157 (38,5 %)
Tableau 5

Lien entre âge et motifs de refus de la vidéo-téléconsultation (n = 408).

Population globale≤ 35 ans[36 ; 65[≥ 65 ansValeur de p
n40845210153/
Manque d’équipement89 (21,8 %)2 (4,4 %)30 (14,3 %)57 (37,3 %)< 0,0001
Manque d’internet50 (12,3 %)3 (6,7 %)21 (10 %)26 (17 %)0,064
Pas urgent veut consultation en présentiel89 (21,8 %)2 (4,4 %)30 (14,3 %)57 (37,3 %)< 0,0001
les patients les plus âgés (≥ 65 ans) ont le plus largement évoqué des problèmes d’équipement et d’internet pour réaliser la VTC, soit des problèmes plutôt matériels ; les patients les plus jeunes (≤ 35 ans) ont plus largement évoqué des problèmes de disponibilité et ont préféré attendre une CP. Caractéristiques de la population ayant refusé la vidéo-téléconsultation (n = 408). Lien entre âge et motifs de refus de la vidéo-téléconsultation (n = 408).

Discussion

Le contexte de pandémie avec un confinement imposé donne à cette étude une originalité certaine. En l’absence d’autre alternative à la VTC, nous avons donc eu la possibilité d’évaluer la VTC sur différents aspects en condition réelle, mais également analyser les motifs de refus, ce qui n’avait jamais été fait jusque-là. Les patients ont rapporté une satisfaction globale très élevée suite à une VTC dans ce contexte de confinement. La VTC a donc permis de prendre en charge toutes les pathologies de l’orthopédie à l’exception de la pathologie rachidienne, avec un taux de satisfaction globale très élevé sans qu’il ne soit influencé par la pathologie traitée. Ces résultats sont en adéquation avec ceux de la littérature récente [11], [12], [13]. Les principaux facteurs influençant négativement la satisfaction des patients étaient les difficultés et problèmes techniques et matériels rencontrés. Ces aspects sont les principales limites au bon déroulement de la VTC. Ils empêchent la bonne communication entre le patient et le praticien, ce qui peut générer des tensions pendant la consultation. Ainsi, la qualité de l’échange entre le patient et le praticien est dépendante de la fiabilité d’un moyen de communication stable et efficace. Le positionnement de la caméra pour montrer la zone douloureuse, une coupure son ou vidéo pendant l’explication de symptômes, l’incapacité de charger un examen d’imagerie sont des problèmes spécifiques à la VTC qui peuvent rendre très difficiles le bon déroulement de celle-ci et peuvent représenter le principal frein à son développement futur. Pour faciliter la VTC, certains auteurs ont même élaboré des protocoles par articulation pour réaliser l’examen clinique et des mesures d’amplitude articulaire avec précision lors de la VTC [14], [15]. Ce mode de consultation s’adresse donc à toutes les pathologies qu’elles soient du membre supérieur ou inférieur, traumatiques ou dégénératives. Malgré ces résultats favorables, la grande majorité des patients ne choisiraient pas la VTC dans le futur. Ce mode de consultation a permis de rendre service aux patients et aux praticiens pour maintenir un lien avec la population ; cependant, elle n’a pas su convaincre suffisamment pour qu’elle puisse devenir une alternative équitable à la CP. Sathiyakumar et al. [16] n’avaient pas observé de différence significative concernant la satisfaction par rapport à la CP dans une étude comparative et randomisée à propos de 24 patients aux États-Unis. Les patients rapportaient un gain de temps et évitaient ainsi de perdre une journée de travail. Contrairement à notre étude, une grande majorité (75 %) souhaitait poursuivre le suivi par VTC. Sharareh et Schwarzkopf [17], dans une étude de 34 patients bénéficiant d’une VTC comparés à 44 ayant bénéficié d’une CP pour leur suivi postopératoire après prothèse de coude, ont rapporté une satisfaction plus élevée et un absentéisme plus faible en faveur de la VTC. Buvik et al. [6], dans une série randomisée avec un nombre très important de patients (389 patients), observaient également de très bons résultats en faveur de la VTC. Cependant, cette VTC était réalisée dans un cabinet médical, le patient était accompagné d’une infirmière. Le choix d’une prochaine consultation s’orientait majoritairement vers la VTC. Dans notre cas, les conditions n’étaient pas aussi confortables pour le patient, car il n’avait pas l’aide d’un personnel médical ou paramédical pour faciliter la communication, ce qui explique peut-être un choix futur pour le patient en faveur de la CP. Plusieurs auteurs de différents pays ont publié sur la nouvelle organisation nécessaire consécutive aux mesures imposées lors du confinement [18], [19], [20], [21]. Les gouvernements, pour faire face à la pandémie, ont temporairement assoupli diverses restrictions concernant la télémédecine et ont fourni un financement supplémentaire dans ce sens. Un tel essor du déploiement des téléconsultations en France a été rendu possible par le biais d’un assouplissement prévu par l’arrêté du 10 juillet 2020 paru au JORF no 0170 et une prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie [22]. Ce cadre repose sur deux principes forts : l’inscription de la télémédecine au sein d’un parcours de soins coordonné avec une orientation initiale par le médecin traitant quand la téléconsultation n’est pas réalisée par ce dernier, et la connaissance préalable du patient par le médecin traitant (ou un autre spécialiste) qui réalise l’acte à distance. Malgré toutes ces mesures facilitant la VTC, une majorité (65,7 %, soit 268/408) préférait attendre pour rencontrer physiquement le praticien. Cet argument était, de façon assez surprenante, relayé par les moins de 35 ans, alors que la population âgée était de façon attendue, surtout limitée par l’accès matériel. Il semble que la population jeune, pourtant grande consommatrice de nouvelles technologies dématérialisées, ne soit pas particulièrement réceptive à l’utilisation de celles-ci en matière de santé. Un sondage réalisé en 2018 [23] montrait déjà leur attachement à la consultation physique avec plus de 9 jeunes sur 10 âgés de moins de 30 ans jugeant que le face-à-face en matière de santé était primordial. Cette population, se déplaçant facilement et se sentant moins fragile face à la COVID, a probablement préféré attendre la reprise des consultations en présentiel pour être pris en charge. Cette tendance est confirmée par les chiffres officiels de l’Assurance Maladie [7] concernant les VTC réalisées toutes spécialités confondues. Avant le confinement, les patients les plus jeunes (moins de 50 ans) étaient proportionnellement plus nombreux à recourir à la VTC, en particulier les 30–40 ans. Après 50 ans, le recours à ce dispositif diminuait fortement et régulièrement avec l’âge. Pendant le confinement, cette tendance ne s’est pas confirmée, au contraire. En effet, les patients de moins de 30 ans ont proportionnellement été moins nombreux à opter pour la téléconsultation : 32 % des effectifs avant le confinement versus 19 % des effectifs pendant le confinement. À l’opposé, les patients âgés de plus de 70 ans – qui étaient beaucoup moins nombreux à recourir à la téléconsultation avant le confinement (8 % des actes facturés) – se sont familiarisés avec ce dispositif pendant le confinement (20 % des actes facturés). Depuis mai dernier, cette tendance semble s’installer, puisque les patients les plus âgés, même s’ils sont toujours proportionnellement moins nombreux que les plus jeunes, constituent 19 % des patients qui utilisent la téléconsultation. Cette tendance peut s’expliquer par le fait que cette population plus âgée donc plus vulnérable a préféré éviter tout déplacement et risque de contamination. Cette étude présente plusieurs limites : la population étudiée ne concerne qu’un seul centre de consultation, ce qui représente un biais de sélection. On ne peut généraliser ces résultats à l’ensemble de la population française. Parmi la population la plus proche de la clinique (< 20 kilomètres), une proportion plus importante refusait la VTC. On peut imaginer que sur d’autres parties du territoire plus pauvres en orthopédiste, la population sera peut être intéressée d’avantage par une VTC ; le second biais de sélection était le faible taux de participation à la VTC. Cependant, nous présentons un nombre suffisamment élevé de patients ayant réalisé la VTC et un très bon taux de participation au questionnaire ; la sélection des patients n’a pas fait l’objet d’une randomisation ce qui affaiblit son niveau de preuve. Dans ce contexte de crise sanitaire exceptionnelle, la VTC n’était plus une alternative à la CP, mais devenait le mode consultation à privilégier. Les seules CP réalisées dans ce centre étaient faites aux urgences en cas de situation imposant un examen en présentiel. Ainsi, une randomisation n’aurait pu être mise en place dans une telle situation. Notre étude observationnelle s’est donc voulue pragmatique et exhaustive de l’ensemble des patients à qui la VTC a été proposée au cours du premier confinement. Ainsi, aucun calcul de puissance n’a été réalisé a priori pour fixer le nombre de patients, ce d’autant que les pratiques ont été bouleversées dans un délai extrêmement court ; notre population est hétérogène, mais représentative de la variété des profils de patients pris en charge en routine. Comme l’on pouvait s’y attendre, les personnes ayant accepté la VTC sont significativement plus jeunes. L’équipement informatique, bien que de plus en plus répandu au sein de la population, fait encore défaut auprès d’une population vieillissante en milieu rural. Pour l’éviter, il aurait fallu proposer un point d’accès public ou fournir le matériel, mais cela n’était pas l’objet de notre étude observationnelle et n’était pas réalisable étant donné l’urgence de la crise ; l’autre biais de sélection était l’hétérogénéité des motifs de consultation. Certaines concernaient des premiers avis, d’autres, des suivis préopératoires ou postopératoires concernant soit des pathologies dégénératives ou traumatiques. Cependant, nous n’avons pas montré de lien statistique entre la satisfaction et le motif de consultation (préopératoire/postopératoire), ni avec le fait qu’il s’agisse ou non d’un premier avis chez les patients non opérés ; enfin, notre évaluation de la satisfaction ne s’intéressait qu’aux patients et non aux praticiens. Or, ces derniers sont le pivot central essentiel à l’organisation et la réalisation de cette VTC. Il aurait été intéressant de connaître leur satisfaction, leur ressenti sur les indications les plus appropriées à la VTC et les moyens nécessaires à sa mise en place. Cependant, le nombre de chirurgiens dans notre étude (n  = 5) n’était pas suffisant pour obtenir des résultats pertinents. Il nous semble plus adapté d’organiser une enquête nationale s’intéressant à la satisfaction des chirurgiens orthopédistes français, ceci fera l’objet d’une nouvelle étude dédiée.

Conclusion

La VTC a connu pendant ce confinement un succès sans précèdent. Un taux élevé de satisfaction a été constaté. Les motifs (articulation, pathologie dégénérative ou traumatique, première VTC, première consultation ou suivi avant ou après chirurgie) n’avaient pas d’influence significative sur la satisfaction. La VTC a permis de conserver le lien médical en respectant les règles de distanciation et ce dans de bonnes conditions. Bien qu’une grande majorité évaluait la VTC identique à la CP, la population est encore attachée au lien physique lors de la consultation, et ce, d’autant plus parmi les plus jeunes. La VTC connaîtra un nouveau succès si une nouvelle situation sanitaire nous l’imposait, mais en dehors de cette situation exceptionnelle la CP reste encore le mode de consultation souhaité par une large majorité de nos patients. Dans la mesure où la téléconsultation est un outil imposé par la situation actuelle, une étude évaluant la satisfaction des chirurgiens orthopédistes ayant réalisé ces VTC pourrait être pertinente à l’avenir.

Déclaration de liens d’intérêts

En dehors de ce travail, Alexis Perrin déclare être consultant pour Medicrea, Marc Limousin est consultant pour Exatech, Frank Remy déclare être consultant pour Zimmer Biomet. Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Financement

Aucun.

Contributions

Alexis Perrin : conception, écriture, correction et soumission ; Nicolas Mainard : écriture et correction ; Marc Limousin, Eric Meyer et Franck Remy : correction ; Guillaume Strouk : correction ; Laurene Norberciak : analyse statistique et correction ; Pierre-Emmanuel Ridon : conception, écriture et correction.
  20 in total

1.  A prospective study of teleconferencing for orthopaedic consultations.

Authors:  P Aarnio; H Lamminen; J Lepistö; A Alho
Journal:  J Telemed Telecare       Date:  1999       Impact factor: 6.184

Review 2.  Telemedicine and Orthopaedic Surgery: The COVID-19 Pandemic and Our New Normal.

Authors:  Nathan S Lanham; Kyle J Bockelman; Brendan J McCriskin
Journal:  JBJS Rev       Date:  2020-07

3.  Telemedicine to follow patients in a general surgery department. A randomized controlled trial.

Authors:  Manel Cremades; Georgina Ferret; David Parés; Jordi Navinés; Franc Espin; Fernando Pardo; Albert Caballero; Marta Viciano; Joan Francesc Julian
Journal:  Am J Surg       Date:  2020-03-26       Impact factor: 2.565

4.  Patient reported outcomes with remote orthopaedic consultations by telemedicine: A randomised controlled trial.

Authors:  Astrid Buvik; Einar Bugge; Gunnar Knutsen; Arvid Småbrekke; Tom Wilsgaard
Journal:  J Telemed Telecare       Date:  2018-07-04       Impact factor: 6.184

5.  [Patient consultation via broad-band network--pilot project in hand surgery].

Authors:  T Laulund; A P Højlund; P Frandsen; T Barfred
Journal:  Nord Med       Date:  1995

6.  Teleconsultation in paediatric orthopaedics in Djibouti: evaluation of response performance.

Authors:  A Bertani; F Launay; P Candoni; L Mathieu; F Rongieras; F Chauvin
Journal:  Orthop Traumatol Surg Res       Date:  2012-10-02       Impact factor: 2.256

7.  Telemedicine for pediatric surgical outpatient follow-up: A prospective, randomized single-center trial.

Authors:  Jan Goedeke; Alexandra Ertl; Daniela Zöller; Stephan Rohleder; Oliver J Muensterer
Journal:  J Pediatr Surg       Date:  2018-10-04       Impact factor: 2.545

Review 8.  Telemedicine: Patient-Provider Clinical Engagement During the COVID-19 Pandemic and Beyond.

Authors:  Carlo M Contreras; Gregory A Metzger; Joal D Beane; Priya H Dedhia; Aslam Ejaz; Timothy M Pawlik
Journal:  J Gastrointest Surg       Date:  2020-05-08       Impact factor: 3.452

9.  Looking Through a Different Lens: Patient Satisfaction With Telemedicine in Delivering Pediatric Fracture Care.

Authors:  Neha Sinha; Max Cornell; Benjamin Wheatley; Nicole Munley; Mark Seeley
Journal:  J Am Acad Orthop Surg Glob Res Rev       Date:  2019-09-23

10.  Telemedicine in the Era of COVID-19: The Virtual Orthopaedic Examination.

Authors:  Miho J Tanaka; Luke S Oh; Scott D Martin; Eric M Berkson
Journal:  J Bone Joint Surg Am       Date:  2020-06-17       Impact factor: 6.558

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