Literature DB >> 35261005

Severity factors in Algerian patients hospitalized for COVID-19.

Abdelbassat Ketfi, Rama Touahri, Omar Chabati, Samia Chemali, Mohamed Mahjoub, Merzak Gharnaout, Kamel Djenouhat, Fayçal Selatni, Helmi Ben Saad.   

Abstract

INTRODUCTION: Determining the profile of COVID-19 patients with low pulsed hemoglobin saturation in oxygen (SpO2) could help clinicians identify those with a poor prognosis. AIM: To identify and to compare the clinical, biological and radiological data of Algerian patients hospitalized for COVID-19 and divided according to the SpO2 measured at admission, at rest, and in ambient air.
METHODS: A prospective study was carried out on Algerian patients hospitalized for COVID-19 during the period from March 9 to April 30, 2020. The general characteristics of the patients and the clinical, biological and radiological data were determined.
RESULTS: 86 patients were included in the study [G1: SpO2 >95% (n=51) and G2: SpO2 ≤95% (n=35)]. Compared to G1, G2 was older (48±14 vs. 61±12 years, p=0.0001), included more patients aged ≥ 50 years (37.2 vs. 80.0%, p=0.0001), having an arterial-hypertension (21.6 vs. 45.7%, p=0.0180), a cancer (0.0 vs. 14.3%, p=0.0054), an anemia (25.6 vs. 56.3%, p=0.0069), a leukocytosis (4.7 vs. 21.9%, p=0.0236), a biological inflammatory syndrome (82.5 vs. 100%, p=0.0142), a hyper-uremia (7.0 vs. 37.5%, p=0.0185), a hyper-creatininaemia (4.7 vs. 18.8%, p=0.0356), a tissue damage (41.0 vs. 66.7%, p=0.0341), a diffuse ground-glass opacity (52.0 vs. 71.4%, p=0.0397), band condensations (30.0 vs. 54.3%, p=0.0244), a severe extension (2.0 vs. 25.7%, p=0.0008), and included fewer patients who complained from diarrhea (49.0 vs. 22.9%, p=0.0145), having a nodular ground-glass (66.0 vs. 40.0%, p=0.0177) and a slight extension (78.0 vs. 40.0%, p=0.0004).
CONCLUSION: Criteria associated with low SpO2 in hospitalized COVID-19 patients were advanced age, a history of arterial-hypertension and cancer, high frequencies of certain biological abnormalities or radiological signs. The diarrhea symptom, the radiological appearance of nodular ground glass, and a slight extension of the radiological lesions appear as protective elements.

Entities:  

Mesh:

Year:  2021        PMID: 35261005      PMCID: PMC8796682     

Source DB:  PubMed          Journal:  Tunis Med        ISSN: 0041-4131


INTRODUCTION

La COVID-19 est une pandémie qui met à rude épreuve les infrastructures médicales, le personnel et les ressources dans beaucoup de pays 1, 2, 3, surtout ceux en voie de développement 4, 5, 6. Les conséquences sont importantes en termes de gestion clinique y compris le rationnement des soins 1, 7. En Afrique, en cas de non maîtrise de la pandémie, l'organisation mondiale de la santé estime que près de 190000 personnes pourraient mourir de la COVID-19 8. L'Algérie est confrontée à la propagation de cette pathologie et à la date du 24 avril 2021, le nombre de patients Algériens atteints de la COVID-19 était de 120562 dont 3190 décédés (2,64%) et 84038 (69,7%) guéris 9. Dans les formes les plus sévères, la COVID-19 provoque une pneumonie virale avec une désaturation plus au moins profonde et qui peut évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë sévère (SDRA) 10. En effet, 14% des patients COVID-19 avec une pneumonie sont sévères et 5% nécessitent des soins intensifs 11. Les taux de mortalité chez les patients sévères et gravement malades sont ahurissants, la pathologie étant mortelle dans environ les deux tiers des cas 12. A ce jour, nombreuses zones d’ombres persistent concernant le profil clinique, biologique et radiologique des patients atteints de la COVID-19. Il s'agit particulièrement de déterminer quels sont les facteurs cliniques, biologiques et radiologiques les plus appropriés pour apprécier la sévérité de la pathologie, le pronostic du patient mais surtout pour optimiser le traitement en fonction du niveau de sévérité potentiel de la pathologie, et de l’adapter en fonction du type de comorbidités 13. Étant donné la disponibilité limitée des ressources de soins intensifs surtout dans les pays en voie de développement 4, 5, 6, il est impératif d'identifier des prédicteurs simples mais fiables de gravité de la pathologie chez les patients COVID-19 12. Comme la COVID-19 attaque principalement le système respiratoire, les mesures qui reflètent la fonction pulmonaire seraient plus susceptibles d'être liées aux résultats, en particulier dans une pathologie à évolution rapide 12. Pour cette raison, certains auteurs se sont concentrés sur la saturation systémique en oxygène en tant que biomarqueur pronostique potentiel 12. Dans ce cadre, l'hypoxémie (évaluée indirectement via la saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène (SpO2)) chez les patients atteints de forme modérée à sévère de la COVID-19 était identifiée comme un facteur indépendamment associé à la sévérité et la mortalité hospitalière 12. En effet, une SpO2 basse au moment du diagnostic (par exemple; < 95% 12) suggère une forme sévère de la COVID-19 12. Aux meilleures des connaissances des auteurs, aucune étude Algérienne/Maghrébine n’a identifié les potentiels critères cliniques, biologiques et radiologiques de sévérité de la COVID-19 selon le niveau de la SpO2 chez les patients hospitalisés. Etant donné que la détermination du profil des patients ayant une SpO2 basse à l’admission aidera les cliniciens à identifier d’une manière précoce ceux de mauvais pronostic et donc de leur assurer une gestion appropriée et efficace, l’objectif de la présente étude était d’identifier et de comparer les données cliniques, biologiques et radiologiques des patients Algériens hospitalisés pour COVID-19 et répartis selon le niveau de la SpO2 à l’admission (> 95% contre ≤ 95%).

METHODES

La présente étude est la deuxième partie d’un projet analysant les données cliniques, biologiques et radiologiques des patients Algériens atteints de la COVID-19. La première partie, récemment publiée, avait comme objectif de décrire le profil clinique, biologique et radiologique des patients Algériens hospitalisés pour COVID-19 14. Comme une grande partie de la méthodologie de cette étude était préalablement décrite 14, seuls les principaux points de la méthodologie seront traités dans ce papier. Il s’agissait d’une étude prospective monocentrique, qui était réalisée à l'hôpital universitaire de Rouiba, Alger (Algérie) (période: 19 mars au 30 avril 2020). La Figure 1 expose l’organigramme de l'étude. Seuls les patients ayant un diagnostic positif de COVID-19 [PCR en temps réel et tests sérologiques 15, 16 et des signes tomodensitométriques du thorax, compatibles avec l’infection étaient inclus dans l'étude. Le manque de la SpO2 à l’admission était un critère de non-inclusion. Les données cliniques suivantes étaient recueillies à partir d’une fiche d’observation préétablie et des dossiers des patients hospitalisés: âge (an), groupes d’âge (≥ 50 et < 50 ans), sexe, tabagisme actif, notion de contact avec un cas suspect/confirmé de la COVID-19, délai diagnostic, antécédents médicaux, plaintes cliniques, durée de séjour à l'hôpital. Selon la valeur de la SpO2 [mesurée à l’admission à l’air ambiant, patient au repos, via un moniteur patient (scope) (Bedside monitor, Nihon Kohden Corporation Model BSM-3562, Japon)], deux groupes de patients étaient identifiés: G1 (SpO2 >95%) et G2 (SpO2 ≤95%) 12. Selon les directives du ministère de la santé Algérienne 17, pendant la période de l’étude le protocole thérapeutique de base recommandé est l’association «Chloroquine - Azithromycine - Zinc - Vitamine C». En plus du traitement de base, et selon la sévérité de la pathologie, trois types de traitements étaient ajoutés: enoxaparine préventive ou l’association «enoxaparine curative, une double antibiothérapie et plus ou moins une corticothérapie) et/ou une oxygénothérapie.

Figure 1. Organigramme de l'étude.

Un bilan biologique était réalisé. Il comportait les données suivantes: hémoglobine (g/dl), leucocytes (103/mm3), polynucléaires neutrophiles, éosinophiles et basophiles (PNN, PNE, PNB, respectivement, 103/mm3), lymphocytes (103/mm3), monocytes (103/mm3), plaquettes (103/mm3), C-réactive protéine (CRP, mg/L), vitesse de sédimentation à la première heure (VS, mm), taux de prothrombine (TP), créatine phosphokinase (CPK, UI/L), lactico-deshydrogénase (LDH, UI/L), urée (g/l), créatinine (mg/l), transaminases (UI/L), phosphatase alcaline (PAL, UI/L), kaliémie (mmol/l), natrémie (mmol/l). Les anomalies biologiques suivantes, détaillées dans une publication antérieure 14, étaient retenues: anémie 18, polyglobulie 18, hyperleucocytose 19, leucopénie 19, lymphopénie 20, basocytémie 20, thrombopénie 20, thrombocytose 20, TP diminué 21, CRP augmentée 22, VS augmentée 23, syndrome inflammatoire biologique (SIB: CRP et/ou VS augmentées), hyper-urémie 24, 25, hyper-créatininémie 24, 25, cytolyse hépatique 26, PAL augmentée 27, hypokaliémie 28, hyperkaliémie 28, hyponatrémie 29, hypernatrémie 29, LDH augmentée 30 (témoin de dommage tissulaire 31), CPK augmentée 32 (témoin de myolyse 33). Une TDM thoracique sans produit de contraste était réalisée. Des opacités en verre dépoli multifocales périphériques avec ou sans réticulation, une condensation parenchymateuse et un aspect en mosaïque étaient considérés comme des signes radiologiques compatibles avec la pneumonie COVID-19 34, 35. La topographie et la localisation des signes radiologiques étaient précisées. L’estimation de l’extension pulmonaire totale était classée comme légère (< 25%), modérée (25-50%), sévère (50-75%) et critique (> 75%) 36. Les données quantitatives et qualitatives étaient exprimées, respectivement, en moyennes±écart-types, et en pourcentage. Les données manquantes étaient supprimées des analyses statistiques 10. Le test T de Student et le test de Chi-2 de Pearson étaient utilisés pour comparer, respectivement, les données quantitatives et qualitatives des deux groupes. La saisie des résultats était réalisée en utilisant le logiciel Statistica (Statistica Kernel version 6; Stat Soft. France). Un seuil de signification < 5% était retenu.

RESULTATS

Les 86 patients inclus étaient répartis en deux groupes: G1 (51 patients ayant une SpO2 > 95%) et G2 (35 patients ayant une SpO2 ≤ 95%) (Figure 1 ).

Profil clinique (Tableau 1 )

Comparativement au G1, le G2 était significativement plus âgé, incluait plus de patients âgés ≥ 50 ans, hypertendus, cancéreux (poumon, sein, ovaire, myélome, prostate) et incluait moins de patients qui se plaignaient de diarrhée. G (n=51) G (n=35) p Caractéristiques et antécédents Age (ans) 48±14 61±12 0,0001 Age ≥ 50 ans 37,2 80,0% 0,0001 Sexe (femme) 43,1 34,3 0,4122 Fumeur 13,7 22,9 0,2694 Contact avec un cas suspect/confirmé de la COVID-19 49,0 31,4 0,1041 Délai diagnostic (jour) 10±6 10±7 0,8367 Hypertension artérielle 21,6 45,7 0,0180 Diabète sucré 9,8 22,9 0,0958 Cardiopathie 7,8 14,3 0,3329 Pathologie respiratoire chronique et allergie 11,8 14,3 0,7333 Pathologie cancéreuse 0,0 14,3 0,0054 Pathologie thyroïdienne 0,0 5,7 0,0845 Pathologie psychiatrique 0,0 5,7 0,0845 Pathologie neurologique 0,0 5,7 0,0845 Autres 2,0 2,9 0,7873 Plaintes cliniques Asthénie 76,5 85,7 0,2925 Fièvre 76,5 71,4 0,5943 Toux 68,6 74,3 0,5674 Céphalée 49,0 57,1 0,4600 Anorexie 47,1 54,3 0,5118 Myalgie 49,0 45,7 0,7634 Agueusie 45,1 40,0 0,6389 Anosmie 35,3 37,1 0,8644 Diarrhée 49,0 22,9 0,0145 Dyspnée 23,5 37,1 0,1723 Odynophagie 17,6 20,0 0,7786 Vomissements 7,8 8,6 0,8939 Douleur thoracique 2,0 11,4 0,0675 Hémoptysie 2,0 2,9 0,7873 Douleur abdominale 3,9 0,0 0,2372 Brulure oculaire 2,0 0,0 0,4000 Rhinorrhée 2,0 0,0 0,4000 Vertige 2,0 0,0 0,4000 SpO : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. Autres incluent: ostéoporose et insuffisance rénale chronique. G : groupe ayant une SpO2 > 95%. G : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative sont exprimées en moyenne±écart-type et en %, respectivement. P (probabilité): p< 0,05 ( Test de Student, Test de Chi-2): G1 contre G2. Note: le délai diagnostic manquait pour 23 patients (15 G1/8 G2).

Profil biologique (Tableaux 2 et 3)

Comparativement au G1, le G2 avait des valeurs significativement plus élevées de PNN, de VS et de CRP, et incluait plus de patients anémiques, ayant une hyperleucocytose, un SIB, une hyper-urémie, une hyper-créatininémie et un dommage tissulaire. G (n=51) G (n=35) p Données de la NFS, de la VS et de la CRP Hémoglobine (g/dl) 13,18±1,55 12,67±2,33 0,2589 Leucocytes (103/mm3) 6399±1895 7719±3912 0,0573 PNN (103/mm3) 4030±1686 5536±3336 0,0130 PNE (103/mm3) 22±22 23±39 0,8893 PNB (103/mm3) 260±179 244±155 0,6918 Lymphocytes (103/mm3) 1040±447 904±609 0,2676 Monocytes (103/mm3) 1114±656 857±435 0,0616 Plaquettes (103/mm3) 284±103 264±110 0,4134 VS (1ère h) (mm) 58±38 90±46 0,0039 CRP (mg/L) 23±42 89±69 0,0000 Profil des patients Anémie 25,6 56,3 0,0069 Polyglobulie 0,0 6,3 0,0952 Leucopénie 4,7 18,8 0,0509 Lymphopénie 46,5 62,5 0,1695 Basocytémie 76,2 63,3 0,2352 Hyperleucocytose 4,7 21,9 0,0236 Thrombopénie 2,3 12,9 0,0728 Thrombocytose 7,0 6,5 0,1574 CRP augmentée 30,0 83,9 <0,0001 VS (1ère h) augmentée 81,1 88,9 0,3958 Syndrome inflammatoire biologique 82,5 100 0,0142 CRP: C-réactive protéine. G: groupe. NFS: numération formule sanguine. PNB: polynucléaire basophile. PNE: polynucléaire éosinophile. PNN: polynucléaire neutrophile. SpO : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. VS: vitesse de sédimentation. G : groupe ayant une SpO2 > 95%. G : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative sont exprimées en moyenne±écart-type et en %, respectivement. P (probabilité): p<0,05 ( Test de Student, Test de chi-2): G1 contre G2. Note: données manquantes (G1/G2): hémoglobine (8/3), leucocytes (8/3), lymphocytes (8/3), PNN (8/4), monocytes (8/4), plaquettes (8/4), PNB (9/5), PNE (9/5), CRP (11/4), VS (14/8), syndrome inflammatoire (11/4). G (n=51) G (n=35) p Données biologiques Urée (g/L) 0,29±0,11 0,44±0,20 0,0001* Créatinine (mg/L) 9,63±1,93 11,44±3,86 0,0090 ASAT (UI/L) 44±32 59±39 0,0662 ALAT (UI/L) 42±47 50±45 0,4169 PAL (UI/L) 161±55 168±79 0,6958 Potassium (mmol/l) 3,85±0,36 4,01±0,64 0,2361 Sodium (mmol/l) 138,09±24,46 136,16±4,05 0,6863 TP (%) 81±12 76±11 0,1060 CPK (UI/L) 130±117 262±627 0,2412 LDH (UI/L) 478±212 710±370 0,0016 Profil biologique des patients Hyper-urémie 7,0 37,5 0,0185 Hyper-créatininémie 4,7 18,8 0,0356 Cytolyse hépatique 17,8 41,9 0,3228 PAL augmentée 0,0 0,0 - Hypokaliémie 6,3 3,7 0,6514 Hyperkaliémie 0,0 7,4 0,1174 Hyponatrémie 15,6 25,9 0,3272 Hypernatrémie 6,3 3,7 0,6514 Bas TP 18,9 20,0 0,9143 CPK augmentée (myolyse) 27,3 30,8 0,7625 LDH augmentée (dommage tissulaire) 41,0 66,7 0,0341 ALAT: alanine amino-transférase. ASAT: aspartate amino-transférase,. CPK: créatine phosphokinase. G: groupe. LDH: lactico-deshydrogénase. PAL: phosphatse alacaline. SpO : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. TP: taux de prothrombine. G : groupe ayant une SpO2 > 95%. G : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative étaient exprimées en moyenne±écart-type et en %, respectivement. P (probabilité): p<0,05 (*Test de Student, **Test de chi-2): G1 contre G2. Note: données manquantes (G1/G2): transaminases (6/4), fonction rénale (8/3), PAL (6/5), LDH (12/5), TP (14/10), CPK (18/9), ionogramme sanguin (19/8).

Profil radiologique (Tableau 4 )

Comparativement au G1, le G2 incluait plus de patients ayant des signes radiologiques en verre dépoli en plage, des condensations en bande, une extension sévère, et incluait moins de patients ayant un signe radiologique en verre dépoli nodulaire et une extension légère. G (n=50) G (n=35) p Signes radiologiques Verre dépoli 90,0 94,3 0,4777 Condensation alvéolaire 58,0 65,7 0,4734 Verre dépoli en plage 52,0 71,4 0,0397 Verre dépoli nodulaire 66,0 40,0 0,0177 Aspect en mosaïque 46,0 31,4 0,1763 Condensation en bande 30,0 54,3 0,0244 Condensation nodulaire 38,0 28,6 0,3684 Syndrome bronchique 8,0 2,8 0,3151 Epanchement pleurale 0,0 2,9 0,2257 Embolie pulmonaire 0,0 2,9 0,2257 Emphysème 2,0 0,0 0,4000 Nodule sous pleural 2,0 0,0 0,4000 Topographie des lésions Sous pleurale 90,0 91,4 0,8279 Mixte 42,0 37,1 0,6499 Péribronchovasculaire 14,0 22,9 0,2896 Bilatérale 80,0 85,7 0,4976 Prédominance inférieure 54,0 71,4 0,1052 Extension des lésions Légère 78,0 40,0 0,0004** Modérée 22,0 31,4 0,3301 Sévère 2,0 25,7 0,0008 SpO : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. G : groupe ayant une SpO2 > 95%. G : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données sont exprimées en %. P (probabilité): p<0,05 ( Test de chi-2): G1 contre G2. Note: un patient du G1 n’avait pas réalisé un scanner thoracique.

Traitements reçus et durée d’hospitalisation (Tableau 5 )

Comparativement au G1, le G2 incluait plus de patients ayant reçu une double antibiothérapie et une oxygénothérapie, et avait une durée d’hospitalisation significativement plus longue de deux jours. G (n=51) G (n=35) p Chloroquine + Azithromycine + Zinc + Vitamine C + Enoxaparine préventif 84,3 37,1 <0,0001 Chloroquine + Azithromycine + Zinc + Vitamine C+ Enoxaparine curatif + Double antibiothérapie ± Corticoïdes 15,7 62,9 <0,0001 Oxygénothérapie 2,0 28,6 0,0003 Durée d’hospitalisation (jour) 6±2 8±3 <0,0001 SpO : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. G : groupe ayant une SpO2 > 95%. G : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative sont exprimées en moyenne±écart-type et en (%, respectivement. P (probabilité): p<0,05 ( Test de Student, Test de Chi-2): G1 contre G2.

DISCUSSION

Les critères potentiels associés à une SpO2 basse chez les patients COVID-19 hospitalisés étaient un âge avancé, la présence d’antécédents d’hypertension-artérielle (HTA) et de cancer, l’augmentation des valeurs sanguines des PNN, de la VS, de la CRP, de la créatinine et de la LDH, des fréquences élevées de certaines anomalies biologiques (anémie, hyperleucocytose, SIB, hyper-urémie, hyper-créatininémie, et dommage tissulaire) ou des signes radiologiques (verre dépoli en plage, condensations en bande, extension sévère). Le symptôme diarrhée, l’aspect radiologique en verre dépoli nodulaire et une légère extension des lésions radiologiques apparaissent comme des éléments protecteurs contre une baisse de la SpO2. Dans les formes ‘modérée à sévère’ de la COVID-19, l'hypoxémie était identifiée comme un facteur pronostic indépendamment associé à la mortalité hospitalière 12. Pour cette raison, et comme c’est le cas pour d’autres études 12, la désaturation était choisie comme critère de gravité de la COVID-19 et les patients étaient répartis en deux groupes. La SpO2 est à la fois facilement mesurable et fortement prédictive de la sévérité de la pathologie et du pronostic 12. Combiné à d’autres données cliniques, biologiques et radiologiques, la SpO2 permet d’optimiser les capacités d’identifier la gravité probable de la pathologie, et éventuellement d'élaborer un modèle prédictif de stratification des risques potentiels liés à l’infection COVID-19. Ceci influencerait positivement la prise en charge thérapeutique des patients. La détermination du profil des patients ayant une SpO2 basse à l’admission aidera les cliniciens à identifier d’une manière précoce ceux de mauvais pronostic et donc de leur assurer une gestion appropriée et efficace. En effet, une évaluation rapide de la sévérité et un traitement précoce sont d'une importance cruciale pour réduire la mortalité. Plusieurs études suggèrent que la progression rapide et potentiellement mortelle de la pathologie est liée à un certain nombre de paramètres 10, 12, 13, 37, 38, 39, 40, 41, 42. Les paragraphes suivants traiteront les facteurs de risques (cliniques, biologiques et radiologiques) de SDRA et de mortalité décrits dans la littérature 10, 12, 13, 37, 38, 39, 40, 41, 42.

Profil clinique

Les facteurs cliniques déterminés dans cette étude (Tableau 1 ) sont similaires à ceux décrits dans la littérature 10, 12, 13, 37, 38, 39, 40, 41, 42. Dans l’étude de Xie et al. 12, les patients avec une SpO2 ≤ 90%, comparativement à ceux avec une SpO2 > 90%, étaient plus âgés, plus susceptibles d'être des hommes, d'avoir une HTA et de présenter une dyspnée. L’âge ≥ 50 ans semblait fortement associé à la survenue d’un SDRA, et l’âge ≥ 65 était lié à la mortalité 38. Dans une étude française, 89% des patients décédés étaient âgés ≥ 65 ans et 90% étaient porteurs d’une comorbidité (diabète sucré, HTA, cardiopathie, pathologie respiratoire, obésité morbide) 43. Dans les études chinoises 37, 38, alors que l’HTA et le diabète sucré étaient liés à la survenue d’un SDRA, la coronaropathie et des comorbidités ≥1 était liées à la mortalité. En revanche, les antécédents de bronchopneumopathie chronique obstructive, de cancer ou d’insuffisance rénale chronique ne semblaient pas hausser le risque de mortalité 10, 37, 38. La pathologie cancéreuse forme un facteur de sévérité de la pathologie associée au niveau de saturation 42. Dans une étude Italienne, les taux de mortalité en réanimation étaient de 38% et de 22% pour les patients, respectivement, hypertendus et non-hypertendus 44. Une revue systématique soutient la présence d’une forte corrélation entre la gravité de la COVID-19 et l'HTA 45. Il est important de noter que ces constatations dépendent probablement des caractéristiques démographiques des populations touchées 13, 46. Dans cette étude, la diarrhée semble être un facteur protecteur, associé à une forme légère avec une SpO2 > 95% (Tableau 1 ). Ce résultat est en ligne avec celui rapporté par Nobel et al. 47 qui montraient que la diarrhée était associée à des faibles taux d’admission en réanimation et de mortalité. Dans les études chinoises 37, 38, parmi tous les signes cliniques, seules la fièvre et la dyspnée étaient liées à la survenue de SDRA et seule la polypnée (> 24/min) était liée à la mortalité.

Tableau 1. Caractéristiques cliniques des patients (n=86).

G 1 (n=51)

G 2 (n=35)

p

Caractéristiques et antécédents

Age (ans)

48±14

61±12

0,0001 *

Age ≥ 50 ans

37,2

80,0%

0,0001 *

Sexe (femme)

43,1

34,3

0,4122

Fumeur

13,7

22,9

0,2694

Contact avec un cas suspect/confirmé de la COVID-19

49,0

31,4

0,1041

Délai diagnostic (jour)

10±6

10±7

0,8367

Hypertension artérielle

21,6

45,7

0,0180 **

Diabète sucré

9,8

22,9

0,0958

Cardiopathie

7,8

14,3

0,3329

Pathologie respiratoire chronique et allergie

11,8

14,3

0,7333

Pathologie cancéreuse

0,0

14,3

0,0054 **

Pathologie thyroïdienne

0,0

5,7

0,0845

Pathologie psychiatrique

0,0

5,7

0,0845

Pathologie neurologique

0,0

5,7

0,0845

Autres #

2,0

2,9

0,7873

Plaintes cliniques

Asthénie

76,5

85,7

0,2925

Fièvre

76,5

71,4

0,5943

Toux

68,6

74,3

0,5674

Céphalée

49,0

57,1

0,4600

Anorexie

47,1

54,3

0,5118

Myalgie

49,0

45,7

0,7634

Agueusie

45,1

40,0

0,6389

Anosmie

35,3

37,1

0,8644

Diarrhée

49,0

22,9

0,0145 **

Dyspnée

23,5

37,1

0,1723

Odynophagie

17,6

20,0

0,7786

Vomissements

7,8

8,6

0,8939

Douleur thoracique

2,0

11,4

0,0675

Hémoptysie

2,0

2,9

0,7873

Douleur abdominale

3,9

0,0

0,2372

Brulure oculaire

2,0

0,0

0,4000

Rhinorrhée

2,0

0,0

0,4000

Vertige

2,0

0,0

0,4000

SpO 2 : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. # Autres incluent: ostéoporose et insuffisance rénale chronique. G 1 : groupe ayant une SpO2 > 95%. G 2 : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative sont exprimées en moyenne±écart-type et en %, respectivement. P (probabilité): p< 0,05 ( * Test de Student, ** Test de Chi-2): G1 contre G2. Note: le délai diagnostic manquait pour 23 patients (15 G1/8 G2).

Profil biologique

Les facteurs biologiques déterminés dans cette étude (Tableaux 2 et 3) sont similaires à ceux décrits dans la littérature 10, 12, 13, 37, 38, 39, 40, 41, 42. D’une part, dans l’étude de Xie et al. 12, les patients avec une SpO2 ≤ 90%, comparativement à ceux avec une SpO2> 90%, avaient des taux sanguins de leucocytes, de PNN, de CRP et de D-dimère plus élevés, et un taux de lymphocytes et de plaquettes plus bas. D’autre part, il semble que les taux des leucocytes et des PNN sont associés à une basse SpO2 12, 48. De plus, plusieurs paramètres biologiques étaient associés, en analyse multivariée, à une évolution péjorative 13, 37, 40. Des taux augmentés de PNN 38, d’urée 38, de LDH 38, de D-dimères 37, 38, de plaquettes 10, 37, 38, une hyperbilirubinémie totale 38, une hypoalbuminémie 38 et une hyperferritinémie 37, 38 étaient associés à la survenue d’un SDRA et à la mortalité 38. Un TP diminué 38 et une lymphopénie 38 étaient associés à la survenue d’un SDRA. L’élévation de l’interleukine-6 circulante était associée au décès par SDRA mais pas à sa survenue 38. Enfin, en analyse univariée, les marqueurs de souffrance d’organe (par exemple, élévations des transaminases, de la créatininémie ou des troponines) étaient prédictifs de la mortalité 13, 37, 38. Selon Placais et Richier 13, le rôle prédictif de l’élévation des PNN et de la baisse des PNE devraient être confirmés en prenant en considération la corticothérapie (régulièrement administrée dans les formes sévères et inflammatoires) comme facteur confondant. Concernant le SIB, plus marqué dans le groupe ayant une SpO2 < 95%, trois hypothèses sont avancées pour l’expliquer. La première est la piste d’une inflammation aiguë causée par l’infection virale 12, 49. La deuxième est une surinfection bactérienne secondaire 12, 49 à l’origine de l’extension des lésions pulmonaires et la persistante de l’hypoxémie. La troisième hypothèse, qui concerne les formes sévères, est la survenue d’une inflammation systémique 48, avec une production exagérée des cytokines inflammatoires conduisant à une «tempête cytokinique». Cette dernière est à l'origine de lésions pulmonaires aiguës et de SDRA 50.

Tableau 2. Données hématologiques et bilan inflammatoire des patients (n=86).

G 1 (n=51)

G 2 (n=35)

p

Données de la NFS, de la VS et de la CRP

Hémoglobine (g/dl)

13,18±1,55

12,67±2,33

0,2589

Leucocytes (103/mm3)

6399±1895

7719±3912

0,0573

PNN (103/mm3)

4030±1686

5536±3336

0,0130 *

PNE (103/mm3)

22±22

23±39

0,8893

PNB (103/mm3)

260±179

244±155

0,6918

Lymphocytes (103/mm3)

1040±447

904±609

0,2676

Monocytes (103/mm3)

1114±656

857±435

0,0616

Plaquettes (103/mm3)

284±103

264±110

0,4134

VS (1ère h) (mm)

58±38

90±46

0,0039 *

CRP (mg/L)

23±42

89±69

0,0000 *

Profil des patients

Anémie

25,6

56,3

0,0069 **

Polyglobulie

0,0

6,3

0,0952

Leucopénie

4,7

18,8

0,0509

Lymphopénie

46,5

62,5

0,1695

Basocytémie

76,2

63,3

0,2352

Hyperleucocytose

4,7

21,9

0,0236 **

Thrombopénie

2,3

12,9

0,0728

Thrombocytose

7,0

6,5

0,1574

CRP augmentée

30,0

83,9

<0,0001 **

VS (1ère h) augmentée

81,1

88,9

0,3958

Syndrome inflammatoire biologique

82,5

100

0,0142 **

CRP: C-réactive protéine. G: groupe. NFS: numération formule sanguine. PNB: polynucléaire basophile. PNE: polynucléaire éosinophile. PNN: polynucléaire neutrophile. SpO 2 : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. VS: vitesse de sédimentation. G 1 : groupe ayant une SpO2 > 95%. G 2 : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative sont exprimées en moyenne±écart-type et en %, respectivement. P (probabilité): p<0,05 ( * Test de Student, ** Test de chi-2): G1 contre G2. Note: données manquantes (G1/G2): hémoglobine (8/3), leucocytes (8/3), lymphocytes (8/3), PNN (8/4), monocytes (8/4), plaquettes (8/4), PNB (9/5), PNE (9/5), CRP (11/4), VS (14/8), syndrome inflammatoire (11/4).

Tableau 3. Données biologiques des patients (n=86).

G 1 (n=51)

G 2 (n=35)

p

Données biologiques

Urée (g/L)

0,29±0,11

0,44±0,20

0,0001*

Créatinine (mg/L)

9,63±1,93

11,44±3,86

0,0090 *

ASAT (UI/L)

44±32

59±39

0,0662

ALAT (UI/L)

42±47

50±45

0,4169

PAL (UI/L)

161±55

168±79

0,6958

Potassium (mmol/l)

3,85±0,36

4,01±0,64

0,2361

Sodium (mmol/l)

138,09±24,46

136,16±4,05

0,6863

TP (%)

81±12

76±11

0,1060

CPK (UI/L)

130±117

262±627

0,2412

LDH (UI/L)

478±212

710±370

0,0016 *

Profil biologique des patients

Hyper-urémie

7,0

37,5

0,0185 **

Hyper-créatininémie

4,7

18,8

0,0356 **

Cytolyse hépatique

17,8

41,9

0,3228

PAL augmentée

0,0

0,0

-

Hypokaliémie

6,3

3,7

0,6514

Hyperkaliémie

0,0

7,4

0,1174

Hyponatrémie

15,6

25,9

0,3272

Hypernatrémie

6,3

3,7

0,6514

Bas TP

18,9

20,0

0,9143

CPK augmentée (myolyse)

27,3

30,8

0,7625

LDH augmentée (dommage tissulaire)

41,0

66,7

0,0341 **

ALAT: alanine amino-transférase. ASAT: aspartate amino-transférase,. CPK: créatine phosphokinase. G: groupe. LDH: lactico-deshydrogénase. PAL: phosphatse alacaline. SpO 2 : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. TP: taux de prothrombine. G 1 : groupe ayant une SpO2 > 95%. G 2 : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative étaient exprimées en moyenne±écart-type et en %, respectivement. P (probabilité): p<0,05 (*Test de Student, **Test de chi-2): G1 contre G2. Note: données manquantes (G1/G2): transaminases (6/4), fonction rénale (8/3), PAL (6/5), LDH (12/5), TP (14/10), CPK (18/9), ionogramme sanguin (19/8).

Profil radiologique

Certains types d’atteinte radiologique constituent un critère de gravité 37, 40. Les fréquences des signes radiologiques observés dans cette étude sont différentes de celles rapportées dans la littérature 10, 37, 38, 39 (Tableau 4 ). Selon la littérature, en modèle univarié, différents signes radiologiques étaient associés à une gravité clinique 39. Il s’agissait des signes suivants: opacités linéaires, foyers de condensation, aspect en mosaïque, épaississement des parois bronchiques, épanchements pleuraux, et atteinte du lobe supérieur droit 13, 39. La présence d’adénopathie médiastinale était considérée comme un facteur protecteur 39. Contrairement aux données de cette étude, l’association entre l’extension des lésions radiologiques et le pronostic de la pathologie n’était pas établie 13.

Tableau 4. Données tomodensitométriques du thorax des patients (n=86).

G 1 (n=50)

G 2 (n=35)

p

Signes radiologiques

Verre dépoli

90,0

94,3

0,4777

Condensation alvéolaire

58,0

65,7

0,4734

Verre dépoli en plage

52,0

71,4

0,0397 **

Verre dépoli nodulaire

66,0

40,0

0,0177 **

Aspect en mosaïque

46,0

31,4

0,1763

Condensation en bande

30,0

54,3

0,0244 **

Condensation nodulaire

38,0

28,6

0,3684

Syndrome bronchique

8,0

2,8

0,3151

Epanchement pleurale

0,0

2,9

0,2257

Embolie pulmonaire

0,0

2,9

0,2257

Emphysème

2,0

0,0

0,4000

Nodule sous pleural

2,0

0,0

0,4000

Topographie des lésions

Sous pleurale

90,0

91,4

0,8279

Mixte

42,0

37,1

0,6499

Péribronchovasculaire

14,0

22,9

0,2896

Bilatérale

80,0

85,7

0,4976

Prédominance inférieure

54,0

71,4

0,1052

Extension des lésions

Légère

78,0

40,0

0,0004**

Modérée

22,0

31,4

0,3301

Sévère

2,0

25,7

0,0008 **

SpO 2 : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. G 1 : groupe ayant une SpO2 > 95%. G 2 : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données sont exprimées en %. P (probabilité): p<0,05 ( * Test de chi-2): G1 contre G2. Note: un patient du G1 n’avait pas réalisé un scanner thoracique.

Traitements reçus et durée d’hospitalisation

Comparativement au G1, le G2 incluait plus de patients ayant reçu une double antibiothérapie ou une oxygénothérapie, et avait une durée d’hospitalisation plus longue. Ce résultat est similaire à celui observé dans l’étude de Xie et al. 12 où comparativement au groupe ayant une SpO2 > 90%, celui ayant une SpO2 ≤ 90% recevait plus d’antibiotiques (67,4 contre 88,2%) et avait une durée d’hospitalisation plus longue de huit jours.

Limites méthodologiques

Le projet présente quelques limites méthodologiques, décrites précédemment 14. Pour cette étude, trois autres limites étaient notées. La première concerne la définition appliquée pour la forme sévère de la COVID-19 (SpO2 ≤ 95%). En fait, les définitions des formes sévères et non-sévères sont hétérogènes selon les études 13. Dans une étude, le seuil appliqué était de 90% 12. Une définition très stricte était proposée par la commission nationale de santé chinoise 51 [tachypnée (> 30/min), SpO2 ≤ 93%, rapport entre la pression partielle et la fraction inspiratoire en oxygène ≤ 300 mmHg, détresse respiratoire et nécessité d’une ventilation mécanique, signes d’état de choc, défaillance d’organe nécessitant une prise en charge en soins intensifs]. La deuxième limite concerne le manque de disponibilité de certaines données à collecter avec impossibilité de les obtenir dans le contexte de l’étude. A titre d’exemple, un indice de masse corporelle élevé (32±7 kg/m2) était rapporté chez les 24 patients Américains admis en réanimation, ce qui suggérait que le surpoids et l’obésité pouvaient être un facteur de risque de forme sévère de la COVID-19 46. La troisième limite concerne la prescription de la Chloroquine. En effet, au début de la pandémie et durant la période de l’étude (19 mars au 30 avril 2020), la Chloroquine a été prescrite systématiquement, sauf en cas de contre-indication 12, 17. De nos jours (avril 2021), il est «presque» admis que l'effet de la chloroquine est non seulement nul, mais entraîne également des effets secondaires graves, qui peuvent entraîner une cardiotoxicité potentielle chez les patients sévères 52. De surplus, malgré des résultats «in vitro» prometteurs, les derniers essais cliniques randomisés ont conclu que la chloroquine avait peu ou pas d'effet sur la mortalité globale, l'initiation de la ventilation et la durée d'hospitalisation chez les patients hospitalisés 53.

CONCLUSION

Les marqueurs prédictifs de la gravité de la COVID-19 chez les patients Algériens étaient l’âge, les antécédent d’HTA ou de cancer, une élévation des taux sanguins des PNN, de la VS, de la CRP, de la créatinine et de la LDH, la présence d’une anémie, d’une hyperleucocytose, d’un SIB, d’une hyper-urémie, d’une hyper-créatininémie, d’un dommage tissulaire, de signes radiologiques en verre dépoli en plage, des condensations en bande, et une extension sévère des signes radiologiques.

Tableau 5. Traitements reçus et durée d’hospitalisation des patients (n=86)

G 1 (n=51)

G 2 (n=35)

p

Chloroquine + Azithromycine + Zinc + Vitamine C + Enoxaparine préventif

84,3

37,1

<0,0001 **

Chloroquine + Azithromycine + Zinc + Vitamine C+ Enoxaparine curatif + Double antibiothérapie ± Corticoïdes

15,7

62,9

<0,0001 **

Oxygénothérapie

2,0

28,6

0,0003 **

Durée d’hospitalisation (jour)

6±2

8±3

<0,0001 **

SpO 2 : saturation pulsée de l’hémoglobine en oxygène. G 1 : groupe ayant une SpO2 > 95%. G 2 : groupe ayant une SpO2 ≤ 95%. Les données quantitative et qualitative sont exprimées en moyenne±écart-type et en (%, respectivement. P (probabilité): p<0,05 ( * Test de Student, ** Test de Chi-2): G1 contre G2.

  46 in total

1.  Interpreting Diagnostic Tests for SARS-CoV-2.

Authors:  Nandini Sethuraman; Sundararaj Stanleyraj Jeremiah; Akihide Ryo
Journal:  JAMA       Date:  2020-06-09       Impact factor: 56.272

2.  The creatine kinase reference interval. An assessment of intra- and inter-individual variation.

Authors:  G A Nicholson; G Morgan; M Meerkin; E Strauss; J G McLeod
Journal:  J Neurol Sci       Date:  1985-12       Impact factor: 3.181

3.  [Improvement of result coherence in clinical enzymology: multicenter study of gamma-glutamyltransferase, alkaline phosphatase and amylase activities].

Authors:  J M Lessinger; G Férard; D Grafmeyer; D Labbé; I Maire; F Schiele; A Vassault
Journal:  Ann Biol Clin (Paris)       Date:  1995       Impact factor: 0.459

4.  Health-based reference intervals for ALAT, ASAT and GT in serum, measured according to the recommendations of the European Committee for Clinical Laboratory Standards (ECCLS).

Authors:  A Leino; O Impivaara; K Irjala; J Mäki; O Peltola; J Järvisalo
Journal:  Scand J Clin Lab Invest       Date:  1995-05       Impact factor: 1.713

5.  Impact of Coronavirus disease (COVID-19) pandemic on health professionals.

Authors:  Bilal Ahmed Sethi; Ahsan Sethi; Sadaf Ali; Hira Shireen Aamir
Journal:  Pak J Med Sci       Date:  2020-05       Impact factor: 1.088

6.  Characteristics and prognostic factors of disease severity in patients with COVID-19: The Beijing experience.

Authors:  Ying Sun; Yanli Dong; Lifeng Wang; Huan Xie; Baosen Li; Christopher Chang; Fu-Sheng Wang
Journal:  J Autoimmun       Date:  2020-04-24       Impact factor: 7.094

Review 7.  Radiological Findings in Patients with COVID-19.

Authors:  Sahar Fatima; Iqbal Ratnani; Maha Husain; Salim Surani
Journal:  Cureus       Date:  2020-04-12

Review 8.  [COVID-19: Clinical, biological and radiological characteristics in adults, infants and pregnant women. An up-to-date review at the heart of the pandemic].

Authors:  L Plaçais; Q Richier
Journal:  Rev Med Interne       Date:  2020-04-17       Impact factor: 0.728

9.  Clinical course and risk factors for mortality of adult inpatients with COVID-19 in Wuhan, China: a retrospective cohort study.

Authors:  Fei Zhou; Ting Yu; Ronghui Du; Guohui Fan; Ying Liu; Zhibo Liu; Jie Xiang; Yeming Wang; Bin Song; Xiaoying Gu; Lulu Guan; Yuan Wei; Hui Li; Xudong Wu; Jiuyang Xu; Shengjin Tu; Yi Zhang; Hua Chen; Bin Cao
Journal:  Lancet       Date:  2020-03-11       Impact factor: 79.321

Review 10.  The pathogenesis and treatment of the `Cytokine Storm' in COVID-19.

Authors:  Qing Ye; Bili Wang; Jianhua Mao
Journal:  J Infect       Date:  2020-04-10       Impact factor: 38.637

View more

北京卡尤迪生物科技股份有限公司 © 2022-2023.