Literature DB >> 33318714

[Anxiety and Depression Associated with the Management of COVID-19 Among Healthcare workers in Cameroon].

Célestin Pierre Mboua1,2,3,4, François Roger Nguépy Keubo5,6, Sylvain Gautier Ngueuteu Fouaka7.   

Abstract

OBJECTIVE: The COVID-19 pandemic has had a significant impact worldwide, at different levels. The literature consulted indicates that healthcare workers, who are the first to respond, are generally the ones who pay the highest price. The present study assesses the extent of anxious and depressive symptoms among these actors responding to COVID-19, in the context of Cameroon.
METHOD: The Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) was used to assess anxious and depressive symptoms. Data collection involved the use of a web questionnaire for this purpose through the Google Forms virtual platform. The questionnaire link was sent to professional groups spread throughout Cameroon's ten regions. A total of 331 health professionals were interviewed over the period from April 5 to 19, 2020. RESULT: The results show a high rate of anxiety (41.8%) and depression (42.8%). There is a higher susceptibility to depression in young people (30-39 years). Fear of contamination and fear of death are modulators of depression and anxiety. The anxiety-depression comorbidity in the sample is 14.73%. The prevalence rates of major depressive disorder and adjustment disorder in the sample were 8.2% and 3.3%, respectively. The data presented confirm the trends recorded in the literature regarding the impact of fatal epidemics on the mental health of healthcare workers. DISCUSSION: The results indicate, as is the case with most of the work consulted in the literature, that the Covid 19 pandemic is significantly affecting the mental health of healthcare workers. This underlines the urgency of setting up a specialized aid and/or support system, in the context of the current pandemic, such as that of similar health crises. Such a device does not exist in Cameroon, where the mental health response remains weak.
CONCLUSION: These results suggest that the healthcare staff involved in the response to COVID-19 in Cameroon are significantly affected in their mental health. This underlines the need for specialized psychological help for nursing staff.
© 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

Entities:  

Keywords:  Adjustment disorder; Anxiety; COVID-19; Depression; Healthcare worker; Major depressive disorder; Mental health

Year:  2020        PMID: 33318714      PMCID: PMC7724313          DOI: 10.1016/j.evopsy.2020.11.002

Source DB:  PubMed          Journal:  Evol Psychiatr (Paris)        ISSN: 0014-3855


Contexte

Les maladies infectieuses constituent une importante menace pour la santé mentale des individus. L’épidémie mortelle de SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), notifiée pour la première fois en novembre 2002 dans la Province de Canton en Chine, a eu un impact psychologique important sur la santé mentale des personnels de santé et des survivants dans les pays affectés [1], [2], [3] . C’est l’une des premières infections à coronavirus ayant fait l’objet d’études de santé mentale. Même si elle a rapidement été maîtrisée [4], elle a pourtant eu d’importantes conséquences sanitaires, psychologiques et sociales [5]. Chua et al. [6] ont montré que les séquelles psychologiques immédiates du SRAS concernaient un niveau de stress significativement plus élevé chez les individus affectés, lorsqu’on les comparait aux cas témoins sains appariés. Il en était ainsi des troubles du sommeil, de l’humeur dépressive, des crises de larmoiements, des troubles cauchemars et des troubles de la concentration. Lee et al. [7] ont rapporté la présence d’épisodes de psychose aiguë chez quelques patients SRAS. Depuis décembre 2019, le monde fait face à une nouvelle pandémie de coronavirus. De 1930 à 2002, plusieurs souches de coronavirus étaient déjà identifiées dans le monde. Ces souches étaient qualifiées comme moins dangereuses pour l’espèce humaine, jusqu’à la découverte d’une nouvelle souche à l’origine du SRAS [4], [8]. L’actuel SRAS à coronavirus dénommé COVID-19, a été déclaré pour la première fois en Chine au mois de décembre 2019. S’étant rapidement propagé dans le monde, sa diffusion a été qualifiée d’« urgence sanitaire mondiale » par l’OMS le 25 février 2020 [9]. Le 11 mars 2020, elle est classée pandémie [10]. Des études récentes sur la COVID-19 montrent qu’elle est plus mortelle et plus invasive que le SRAS de 2002, tant au plan sanitaire que psychologique. Dans le contexte d’une étude de suivi à court terme des survivants de l’épidémie du SRAS en 2003, des auteurs ont mis en évidence l’existence d’un taux important d’anxiété, de dépression et de détresse psychologique [11]. Wu, Chan et Ma ont montré, dans le contexte de cette même épidémie, l’existence d’une prévalence importante du syndrome de stress post-traumatique [12]. Ce qui souligne son impact non négligeable sur la santé psychologique [13]. Dans le même sillage, Lai et ses collègues [5] ont évalué les effets du SRAS sur la santé mentale des professionnels de santé en Chine en 2003. Les résultats révèlent une proportion considérable de participants ayant signalé des symptômes de dépression (50,4 %), d’anxiété (44,6 %) et de détresse (71,5 %). Ces données suggèrent que les personnels de santé, en première ligne de la riposte contre la maladie, sont fortement éprouvés au plan psychologique et susceptibles de développer une importante détresse psychique, à l’origine d’un vécu anxieux potentiellement invalidant. C’est pourquoi la présente étude s’est donnée pour objectif de déterminer la prévalence des vécus anxieux et dépressifs chez les personnels de santé impliqués dans la lutte contre le COVID-19, ainsi que les facteurs associés. La littérature africaine reste pauvre sur la question, aucune étude n’ayant été répertoriée au moment de la rédaction de ce travail.

Matériels et méthode

L’étude est quantitative, analytique et transversale. Les participants sont des professionnels de la santé en service dans les structures sanitaires et les organisations de la société civile (OSC) dans les dix Régions du Cameroun. La procédure d’échantillonnage est non probabiliste. L’étude a opté pour une approche raisonnée, couplée à la méthode de boule de neige. La collecte de ces données s’est faite au travers des réseaux professionnels : les participants ciblés au travers d’une liste prédéfinie, ont été priés de partager le questionnaire à leurs collègues et à leurs groupes professionnels, in-boxe. Ce qui a nécessité la construction d’un web questionnaire via la plateforme Google Forms. Le lien du questionnaire a été envoyé aux différents groupes professionnels, via l’application WhatsApp. La collecte des données s’est faite dans le strict respect du protocole d’Helsinki, sur la période courant du 5 au 19 avril 2020. L’approche a valorisé l’anonymat et la confidentialité des réponses via un questionnaire anonyme. Le consentement a été requis avant l’auto-administration du questionnaire. Les objectifs de la recherche ont été exposés aux participants, ainsi que les procédures de gestion des risques. Le questionnaire rempli était retourné via un téléphone portable qui était codifié de manière à éviter des questionnaires doubles et/ou non entièrement renseignés. Trois-cent-trente-et-un professionnels de santé ont normalement répondu au questionnaire. L’échelle Hospital Anxiety and Depression scale (HADS) a été l’outil diagnostique de référence. Des questions additionnelles portant sur les facteurs psychologiques associés ont été proposées aux répondants (par ex. : « avez-vous peur d’être infecté par la Covid 19 au cours de votre travail ? » ; « pourquoi ? »). La HADS est une échelle d’auto-évaluation construite par Zigmond et Snaith [14], pour dépister la double symptomatologie anxieuse et dépressive chez les patients présentant des troubles organiques en institution hospitalière non psychiatrique. Elle peut être appliquée aux cas somatiques et psychiatriques, ainsi qu’aux patients recevant des soins de première ligne et à la population générale [15], [16], [17]. Si la HADS a fait l’objet de validations en médecine générale dès sa conception, ce n’est que plus tard qu’elle a été appliquée à la médecine du travail. Bailey souligne que cet outil y est de plus en plus utilisé [18]. Sanne et al. l’ont appliqué à l’étude des inégalités de santé [19]. Elle est également utilisée en situation épidémiologique avec une excellente valeur discriminative et diagnostique [20]. Ceci souligne sa pertinence pour cette étude. La HADS comporte 14 items. Elle se présente sous forme d’auto-questionnaire de temps d’administration rapide, entre 2 et 5 minutes [21], [22]. Hermann fait remarquer qu’elle est de cotation rapide pour un clinicien expérimenté (environ 1 minute) [22]. Elle présente des items dimensionnels alternés pour l’anxiété et la dépression (cotées de 0 à 3 ou de 3 à 0), permettant de mesurer la sévérité des deux symptomatologies [23], [24]. Elle peut être administrée au cours d’entrevues de face-à-face, ou à distance (par téléphone, Internet, etc.) [21]. L’échelle a été traduite en plus de 41 langues et a fait l’objet de plusieurs validations internationales [22], [25]. Elle est donc sensible à plusieurs cultures, avec d’excellentes qualités métrologiques [24], [26], [27]. Bjelland et al. suggèrent que pour un score de 8 et plus à chaque sous-échelle, on a une spécificité de 0,78 et une sensibilité de 0,9, pour l’anxiété d’une part ; une spécificité de 0,79 et une sensibilité of 0,83, pour la dépression, d’autre part [25]. Une note inférieure ou égale à 7 indique une absence d’anxiété ou de dépression ; une note comprise entre 8 et 10 suggère une anxiété ou une dépression faible/bénigne ; une note comprise entre 11 et 14, indique une anxiété ou une dépression modérée ; enfin, une note comprise entre 15 et 21 est révélatrice d’une anxiété sévère. Barczack et al. [28] avaient déjà insisté sur le fait qu’une note de 8 et plus constituerait le seuil optimal avec pour l’anxiété et la dépression dans chaque sous-échelle, avec des sensibilités respectives de 82 et 70 % et des spécificités de 94 et 68 %. Ce qui indique une bonne prédictivité des états anxieux et dépressifs pour ce score seuil minimal. La note-seuil optimale de 19 en scores cumulés aux deux sous-échelles, sera analysée comme indicatrice des épisodes dépressifs majeurs ; la note seuil globale de 13, comme indicatrice de troubles de l’adaptation [22].

Résultats

Situation sociodémographique de l’échantillon

L’étude a porté sur un échantillon de 332 personnels soignants, dont 156 hommes représentant 47 % de l’échantillon et 176 femmes représentant 53 % de l’échantillon. La distribution des résultats par tranches d’âges montre que ce sont les 30 à 39 ans qui sont les plus représentés dans l’échantillon (45,8 %). Ils sont suivis en nombre par les 20-29 ans (37,7 %), puis les 40-49 ans (10,2 %) et les 50-59 ans (6,3 %). La distribution de l’échantillon par types de formations sanitaires montre que les hôpitaux de district et assimilés représentent 35,5 % de l’échantillon, suivis par les centres de santé (31,9 %), hôpitaux régionaux (15,4 %), les CMA1 . (6,3 %), les OSC2 (2,4 %). Cette situation, quoique conjoncturelle, reflète le poids de ces institutions dans la réponse à la COVID-19 dans le pays. Les effectifs les plus importants concernent les infirmiers (55,7 %) et les médecins (25 %) qui représentent un pourcentage cumulé de 80,7 %. Du point de vue des services, la médecine générale représente 28,9 % de l’échantillon, suivi du service d’accueil (23,2 %) et des services spécialisés3 (19,9 %), de pédiatrie (8,7 %), de santé publique (4,8 %), de travail communautaire (4,2 %), dédiés à la prise en charge du COVID-19 (3,6 %) et de réanimation (3,3 %) (Tableau 1 ).
Tableau 1

Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon.

CaractéristiquesGenre
Homme
Femme
Total
n%n%n%
Âge
 [20–29]7522,65015,112537,7
 [30–39]6720,18525,718245,8
 [40–49]226,6123,63410,2
 [50–59]123,692,7216,3
Région d’exercice
 Adamaoua10,330,941,2
 Centre3711,14312,98024,1
 Est61,830,992,7
 Extrême-Nord51,530,982,4
 Littoral3510,65215,68726,2
 Nord20,610,33,9
 Nord-Ouest20,600,02,6
 Ouest6118,46419,312537,7
 Sud41,251,592,7
 Sud-Ouest30,920,651,5
Structure
 Centre de santé4613,86018,110631,9
 CMA72,1144,2216,3
 Hôpital de District et assimilés63195516,511835,5
 Hôpital de première catégorie72,1144,2216,3
 Hôpital Régional247,2278,25115,4
 OSC20,641,261,8
Catégorie professionnelle
 Agent technique médico-sanitaire20,600,022,6
 Aide-Soignant103164,8267,8
 Infirmier (ère)8525,610631,919157,5
 Médecin4212,74112,38325,0
 Psychologue clinicien00,051,551,5
 Technicien d’analyse médical144,241,2185,4
 Technicien médico-sanitaire30,941,272,1
Service
 Accueil329,64513,67723,2
 Médecine3711,15917,89628,9
 Pédiatrie61,8236,9298,7
 Service de prise en charge COVID-1951,572,193,6
 Service de réanimation81,830,9113,3
 Service de Santé publique93,672,1164,8
 Service spécialisé4212,7247,26619,9
 Travail dans la communauté72,172,1144,2
 Urgence10310,3113,3
Totala15647,017653,0332100

Ce total vaut pour chaque facteur sociodémographique individuellement.

Caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon. Ce total vaut pour chaque facteur sociodémographique individuellement.

Symptomatologies anxieuses et dépressive

Les scores significatifs à la HADS, concernant l’anxiété et la dépression, ainsi que leur niveau de sévérité sont donnés dans le Tableau 2 .
Tableau 2

Diagnostic de la détresse, l’anxiété, la dépression.

Catégories DiagnostiquesHomme (%)Femme (%)Ensemble (%)SévéritéHommes (%)Femmes (%)Ensemble(%)
Anxiétép = 0,11418,123,741,8Faible9,31221,3
Modérée12,713,826,5
Sévère5,49,915,3
Dépressionp = 0,8119,922,942,8Faible13,015,728,6
Modérée16,017,233,1
Sévère3,95,79,6
Diagnostic de la détresse, l’anxiété, la dépression. La distribution indique des scores importants pour l’anxiété (41,8 %) et la dépression (42,8 %). La comorbidité anxiété et dépression est estimée à 14,73 %. Lorsqu’on considère le degré de sévérité des symptomatologies anxieuse et dépressive, on observe une plus forte prévalence des symptomatologies modérées (respectivement 26,5 % pour l’anxiété et 33,1 % pour la dépression). L’anxiété et la dépression sévères concernent respectivement 15,3 % et 9,6 % des personnels enquêtés. Ce qui indique une menace importante à la santé mentale des personnels de santé (Tableau 2). Le test du Khi-deux de Pearson a été réalisé dans le but d’analyser l’influence des facteurs tels que le genre, la tranche d’âge, les structures sanitaires, les catégories professionnelles et les différents services, dans l’apparition des symptômes de dépression et d’anxiété. Les données indiquent que seul l’âge favorise l’apparition des symptômes d’anxiété chez le personnel médical (χ2 (9) = 28,93, p < 01). On observe une plus forte susceptibilité chez les sujets jeunes (Tableau 3 ). En l’occurrence, les 30-39 ans présentent les scores les plus élevés (21,1 % pour la dépression et 18,3 % pour l’anxiété). Ils sont suivis par les 20-29 ans (respectivement 15,1 % et 12,5 % pour la dépression et l’anxiété), puis les 50-29 ans (respectivement 3,3 % et 5,1 % pour la dépression et l’anxiété) et enfin les 50-59 ans (respectivement 3,3 % et 5,1 % pour la dépression et l’anxiété). Les facteurs associés aux vécus anxieux et dépressif sont surtout la peur de contaminer ses proches (60 % pour la dépression et 40 % pour l’anxiété) ; la peur de mourir (59,5 % pour la dépression et 44,8 % pour l’anxiété).
Tableau 3

Distribution des symptomatologies anxieuses et dépressives en fonction de l’âge.

VariablesDépression
Anxiété
Homme (%)Femme (%)Ensemble (%)Homme (%)Femme (%)Ensemble (%)
Tranche d’âge
 [20–29]6,68,415,14,88,613,5
 [30–39]11,19,921,19,69,619,3
 [40–49]0,62,73,31,23,95,1
 [50––9]1,51,83,32,41,53,9
 P0,070,09
Distribution des symptomatologies anxieuses et dépressives en fonction de l’âge.

Troubles dépressifs majeurs et de l’adaptation

Le diagnostic du trouble dépressif majeur et du trouble de l’adaptation est donné dans le Tableau 4 .
Tableau 4

Scores significatifs aux troubles dépressifs majeurs et de l’adaptation.

Catégories diagnostiquesHomme (%)Femme (%)Ensemble (%)
Épisode dépressif majeurOdds Ratio : 1,2362RR : 1, 1100 (IC : 95 %)4,248,2
Troubles de l’adaptationOdds Ratio 2,0201RR : 1,4735 (IC : 95 %)2,11,23,3
Comorbidité, anxiété et dépression5,49,3314,73
Scores significatifs aux troubles dépressifs majeurs et de l’adaptation. Les résultats indiquent que parmi les sujets manifestant des symptômes dépressifs, 8,2 %, présentent un trouble dépressif majeur et 3,3 % un trouble de l’adaptation (Tableau 4).

Discussion

L’on note dans l’échantillon, une forte présence des symptômes de l’anxiété (41,8 %) et de la dépression (42,8 %). Le trouble dépressif majeur (8,2 %) et le trouble de l’adaptation (3,3 %) sont également observés. Ces résultats suggèrent que la réponse à la COVID-19 affecte de manière importante la santé mentale des travailleurs de santé impliqués dans sa prise en charge, comme l’ont montré les travaux [29], [30], [31], [32]. Dans leur revue systématique de la littérature concernant l’impact des épidémies virales sur la santé mentale des travailleurs de santé, Ricci-Cabello et al. ont relevé une prévalence groupée entre 45 % et 69 % pour l’anxiété, dans six études ; entre 38 et 60 % dans sept études, pour la dépression [33]. Pappa et al. dans un travail similaire, ont montré que 12 études sur l’anxiété indiquaient une prévalence groupée de 23,2 % tandis que dix études portant sur la dépression indiquaient une prévalence de 22,8 % [31]. Lai, Ma Wang et al. ont signalé dans leurs résultats, des problèmes de santé mentale chez les travailleurs de la santé exposés à la maladie à coronavirus en 2019 à Wuhan [34]. Parmi ces problèmes, la détresse était la manifestation la plus diagnostiquée (71,5 %), suivie de la dépression (50, 4 %), puis de l’anxiété (44, 6 %), et l’insomnie (30,0 %). Huang et Zhao ont estimé la prévalence globale du TAG (Trouble anxieux généralisé) à 35,1 % ; celle de la dépression 20,1 % [35]. Ces données indiquent, dans le contexte des crises sanitaires d’envergure comme l’a été celle de la pandémie de la Covid 19, la nécessité de la prise en compte de leur effet sur la santé mentale des travailleurs de santé. Ceci devrait se traduire par la mise en place d’un dispositif d’aide/accompagnement psychologique. Un tel dispositif n’existe pas au Cameroun, où la réponse de santé mentale est faible. Il conviendrait qu’une réflexion soit menée sur la question, pour renforcer une telle réponse, au bénéfice des personnes en première ligne de la riposte.

Conclusion

Comme l’ont souligné Shelef et Zalsman, la pandémie de la COVID-19 a un impact psychologique important qui affecte considérablement la santé mentale des travailleurs de la santé engagés dans la riposte [36]. Les patterns épidémiologiques suggèrent que l’implication des travailleurs de santé à la riposte contre la pandémie au Cameroun est un important facteur de stress psychosocial. Les sujets plus jeunes manifestent une plus grande susceptibilité au vécu anxieux et dépressif. La peur de contaminer sa famille, suivie de celle de mourir sont les principaux déterminants de ce vécu. Ce qui suggère la mise en place de mesures d’accompagnement spécialisées et adaptées. Ceci est d’autant plus vrai qu’au Cameroun les formations sanitaires sont peu ou pas préparées à faire face à de telles menaces, tant du point de vue du plateau technique de la formation des soignants ainsi que de leur accompagnement psychologique et social.

Déclaration de liens d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
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1.  The use of evidence-based clinical tools in occupational medicine.

Authors:  Kevin Bailey
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Authors:  Samantha Kelly Brooks; Rebecca Dunn; Richard Amlôt; Gideon James Rubin; Neil Greenberg
Journal:  J Occup Environ Med       Date:  2018-03       Impact factor: 2.162

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Authors:  S Friedman; J C Samuelian; S Lancrenon; C Even; P Chiarelli
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Authors:  Ingvar Bjelland; Alv A Dahl; Tone Tangen Haug; Dag Neckelmann
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