| Literature DB >> 28734637 |
Michel Underner1, Jean Perriot2, Gérard Peiffer3, Nematollah Jaafari4.
Abstract
INTRODUCTION: Heroin use can be responsible for many respiratory complications including asthma.Entities:
Mesh:
Year: 2017 PMID: 28734637 PMCID: PMC7126345 DOI: 10.1016/j.lpm.2017.06.002
Source DB: PubMed Journal: Presse Med ISSN: 0755-4982 Impact factor: 1.228
Complications respiratoires liées à la consommation d’héroïne (modifié d’après Tomashefski et al. [11] et Mégarbane et al. [12])
| Complications |
|---|
| Voies aériennes |
| Asthme (exacerbations) |
| Dilatation des bronches (séquelle d’un œdème pulmonaire) |
| Parenchyme |
| Pneumopathie d’inhalation (par troubles de la conscience et/ou effet émétisant des opiacés) |
| Pneumopathie infectieuse (en rapport ou non avec une infection par le VIH) |
| Œdème pulmonaire |
| Pneumopathie d’hypersensibilité |
| Pneumopathie aiguë à éosinophiles |
| Granulomatose à corps étrangers |
| Hémorragie alvéolaire |
| Emphysème |
| Vaisseaux |
| Hypertension artérielle pulmonaire |
| Plèvre |
| Barotraumatisme (pneumothorax, pneumomédiastin, etc.) |
Critères du sevrage des opiacés selon le DSM-5 [27] (d’après Laqueille X. et Dervaux A. [9]
| Au moins trois signes parmi les suivants, survenant après l’arrêt de la consommation d’opiacés ou l’administration d’antagonistes opiacés |
|---|
| Humeur dysphorique, irritabilité |
Figure 1Diagramme de sélection des articles
Asthme lié à l’usage d’héroïne : rapports de cas cliniques
| Auteur | Sexe | Mode de consommation de l’héroïne | Antécédent d’asthme | Signes cliniques | Évolution |
|---|---|---|---|---|---|
| Anderson | |||||
| Cas 1 | F - 21 | IV | Non | Dyspnée sévère, sifflements thoraciques ; DEP : 60 L/mn | Rapidement favorable (BD et corticothérapie IV) |
| Cas 2 | F - 20 | IV | ND | Toux, expectoration muco-purulente, dyspnée, sifflements thoraciques (depuis 1 mois) ; DEP : 100 L/mn | Rapidement favorable (BD et corticothérapie orale) |
| Oliver | |||||
| Cas 1 | H - 27 | Inhalation (depuis 1 an) | Non | Dyspnée d’aggravation rapide, sifflements thoraciques (depuis 7 j.) ; DEP : 170 L/mn | Rapidement favorable (BD en nébulisation) |
| Cas 2 | H - 26 | Inhalation | Asthme dans l’enfance | Dyspnée, râles sibilants ; DEP : 180 L/mn | Rapidement favorable (BD et corticothérapie [voie : ND]) |
| Cas 3 | H - 32 | Inhalation (depuis 4 mois) | Non | Dyspnée intense, cyanose (depuis le réveil) ; DEP non mesurable | Rapidement favorable sous BD |
| Hughes et Calverley | |||||
| Cas 1 | F - 19 | Inhalation | Asthme de l’enfance réapparu depuis 2 ½ ans | Bronchospasme sévère avec arrêt cardiorespiratoire et convulsions | Défavorable : décès malgré la réanimation |
| Cas 2 | H - 23 | Inhalation (depuis 6 ans) | Asthme aigu grave il y a 3 mois | Arrêt cardiorespiratoire, fibrillation ventriculaire | Défavorable : décès |
| Cas 3 | F -17 | Inhalation (depuis 1 ½ an) | Asthme depuis l’âge de 3 ½ ans | IRA, sifflements thoraciques (1 ½ h après l’inhalation d’héroïne) ; DEP : non mesurable. Syndrome de sevrage aux opiacés 24 h après l’admission | Favorable en 48 h. (après ventilation invasive) |
| Merigian et Blaho | |||||
| H–35 | Voie nasale ( | Asthme et rhinite allergique depuis plusieurs années | Dyspnée, sifflements thoraciques, coma | Défavorable : décès malgré la réanimation | |
| Cygan | |||||
| Cas 1 | F - 30 | Voie nasale ( | Oui | Dyspnée aiguë, sibilants diffus, IRA avec arrêt cardiorespiratoire | Favorable en 10 j. (après ventilation invasive) |
| Cas 2 | F - 36 | Voie nasale ( | Oui | Dyspnée aiguë, sibilants diffus, IRA avec arrêt cardiorespiratoire | Favorable en 14 j. (après ventilation invasive) |
| Cas 3 | H - 46 | Voie nasale ( | Oui | Dyspnée aiguë, sibilants diffus, IRA | Favorable en 5 j. (après ventilation invasive) |
| Cas 4 | H - 26 | Inhalation | Oui | Dyspnée aiguë, sibilants diffus, IRA | Favorable en 9 j. (après ventilation invasive |
| Cas 5 | H - 39 | Inhalation | Oui | Dyspnée aiguë, sibilants diffus, IRA | Favorable en 9 j. (sans ventilation assistée) |
| Moreau | |||||
| H - 41 | Inhalation | Asthme depuis l’enfance | Asthme non contrôlé malgré un traitement inhalé et systémique (monteukast et prednisolone) | Favorable : prise en charge pneumologique (modification du traitement de l’asthme) et addictologique (sevrage complet avec TCC et buprénorphine) | |
| del los Santos-Sastre | |||||
| Série de 6 cas | H : 100 % Âge : 22 à 28 ans | Inhalation | Non | Dyspnée, sifflements thoraciques (apparus après le début de l’usage d’héroïne) | Favorable sous traitement médicamenteux ambulatoire |
SPA : substance psychoactive ; H : homme ; F : femme ; H/F : sex-ratio ; DEP : débit expiratoire de pointe ; IRA : insuffisance respiratoire aiguë ; IV : intraveineuse ; BD : bronchodilatateurs ; TCC : thérapies cognitives et comportementales ; ND : non disponible.
Asthme lié à l’usage d’héroïne : études transversales, cas-témoins et longitudinales
| Auteur | Effectif | Âge - sexe | SPA utilisée(s) et mode de consommation | Résultats |
|---|---|---|---|---|
| Étude transversale | ||||
| Boyd | Étude sur Internet | Âge : 6 à 11 ans | SPA licites ou illicites | Prise de médicaments antiasthmatiques inhalés (chez des sujets qui n’ayant jamais eu de prescription médicale) plus fréquente chez les consommateurs de SPA : tabac (OR = 5,8 ; |
| Études cas-témoins | ||||
| Gaeta | Cas (sujets asthmatiques) : | Âge moyen : 35 ans | Cannabis, cocaïne, héroïne (inhalation) | Proportion plus importante de sujets inhalant des SPA dans le groupe avec asthme que dans le groupe témoin : 82 % vs. 55 % (OR = 3,68 ; |
| Boto de los Bueis | Cas (sujets inhalant un mélange d’héroïne et de cocaïne) : | Âge moyen : | Mélange d’héroïne et de cocaïne (inhalé) | Prévalence de l’asthme (22,02 % vs. 8,19 % ; |
| Krantz | Cas (sujets admis en soins intensifs pour asthme sévère) : | Âge moyen : 35 ans | Héroïne sniffée | Prévalence de l’usage d’héroïne et de la positivité des tests urinaires pour les opiacés plus élevée chez les cas que chez les témoins (41,3 % vs. 12,5 % ; |
| Études rétrospectives | ||||
| Ghodse et Myles | Âge : ND | Héroïne injectée IV (87 %) ou inhalée (13 %) | Prévalence de l’asthme : 5 % [H : 4 % ; F : 7 %] | |
| Levenson | Âge moyen : | Cocaïne, opiacés | Analyses toxicologiques positives pour les SPA dans 31,5 % des cas de décès attribués à un asthme | |
| Weitzman | Âge : 15 à 54 ans | Opiacés, cocaïne, cannabis, alcool | 17,5 % des sujets décédés d’asthme étaient des utilisateurs (actuels ou anciens) de SPA et 12,7 % avaient une analyse toxicologique positive pour les SPA | |
| Levine | Âge moyen : 43,2 ans | Héroïne, cocaïne | Consommateurs de SPA plus souvent intubés que les non-consommateurs : | |
| Baxter | Âge : 18–64 ans | Alcool, cocaïne, opiacés | Les consommateurs de SPA s’adressent plus fréquemment aux services d’urgences qu’aux services de soins externes en cas d’exacerbation d’asthme | |
| Mohiuddin | Âge moyen : 32 ans | Tabac, alcool, SPA illicites | Consommation de tabac, d’alcool ou de SPA illicites chez 59 % des sujets | |
| Tataris | Âge : ND | Héroïne (sniffée ou inhalée) | Effets sur l’asthme de la nébulisation de naloxone seule ou associée à un traitement bronchodilatateur : | |
| Doshi | Âge moyen : 43,9 ans | Héroïne, cocaïne | Chez les consommateurs de SPA ( | |
| Doshi | Âge moyen : 48,3 ans | Héroïne, cocaïne | Augmentation de la prévalence de la consommation d’héroïne chez des patients ayant nécessité une ventilation invasive ( | |
| Hlavaty | Âge moyen : 34,6 ans | Opiacés | Asthme mentionné comme cause du décès dans 72 % des cas. | |
| Choi | Âge moyen : 51ans | SPA autres que l’alcool (héroïne inhalée : 3,0 % ; injectée IV : 0,9 %) | Association positive entre usage d’héroïne inhalée et exacerbation d’asthme : OR = 7,0 (IC95 % : 4,7–10,4) ; | |
| Étude prospective | ||||
| Weeks | Étude pilote | Âge moyen : 47,5 ans | Héroïne : sniffée (93 %) ou injectée IV (7 %) | 77 % des sujets pensent que l’héroïne aggrave leur asthme |
SPA : substance psychoactive ; H : homme ; F : femme ; H/F : sex-ratio ; HRB : hyperréactivité bronchique ; IV : intraveineuse ; VNI : ventilation non invasive ; ND : non disponible.
Mécanismes physiopathologiques des exacerbations d’asthme liées à la consommation d’opiacés
| Mécanisme | Conséquences |
|---|---|
| Mécanisme direct (non allergique) | |
| Libération de médiateurs inflammatoires préformés, notamment d’histamine par dégranulation des mastocytes | Bronchoconstriction |
| Mécanisme allergique | |
| Anaphylaxie ou hypersensibilité | |
| Inhibition réversible des cholinestérases | |
| Augmentation des concentrations d’acétylcholine | Bronchoconstriction |
| Irritation et inflammation non spécifique des voies aériennes | |
| Agression thermique directe des voies aériennes | Bronchoconstriction |
| Action sur le système nerveux central | |
| Dépression respiratoire d’origine centrale | Augmentation de la sévérité des exacerbations de l’asthme |
| Diminution de la perception de la dyspnée (au cours des surdoses) | Retard à consulter et retard au traitement |