Contrairement aux adultes, tels les patients âgés vulnérables à Sars-CoV-2, les enfants ne présentent généralement aucun signe clinique de la maladie ou seulement des symptômes légers.Une réflexion à nuancer car la suite des événements a montré qu’ils peuvent être aussi à risque mais il y a quand même un constat : nombre d’équipes cherchent à mieux comprendre les paramètres de la réponse immunitaire censés expliquer la vulnérabilité différente au virus selon l’âge.Du travail d’équipes de l’Inserm et de l’université d’Angers au sein du CRCINA, des laboratoires de virologie et d’immunologie du CHU d’Angers, ressort l’hypothèse que les enfants seraient protégés grâce à une réponse immunitaire innée plus forte au niveau de la muqueuse nasopharyngée qui est la porte d’entrée du virus.Or, l’immunité innée contre la Covid-19 a d’abord été moins étudiée que la réponse immunitaire adaptative. D’où des rappels indispensables sur la réponse immunitaire, estime l’Inserm.
Immunité innée
C’est la réponse immédiate qui se manifeste au point d’entrée du pathogène, chez tout sujet immunocompétent, et même s’il n’a jamais été antérieurement en contact avec ce pathogène. C’est la première ligne de défense antivirale, faisant principalement intervenir les cellules NK (pour natural killer), éliminant les cellules infectées, induisant la production d’interférons, éléments protecteurs des cellules saines.
Immunité adaptative
Elle est plus lente à mettre en place son potentiel protecteur (cinq à sept jours) s’il s’agit d’une primoinfection, mais elle est opérationnelle plus rapidement si le pathogène a été rencontré lors d’une précédente infection qui a créé une immunité-mémoire.C'est une immunité qui fait intervenir : les lymphocytes B producteurs d’anticorps qui se fixent au virus par un site de liaison et le neutralisent pour empêcher son entrée en protégeant les cellules saines du patient, les lymphocytes T CD8+ cytotoxiques entraînant l’apoptose des cellules infectées. Les lymphocytes B et T ont la capacité de reconnaître les antigènes viraux. Après une infection virale ou une vaccination, le taux d’anticorps et de lymphocytes identifiant le virus s’atténue avec le temps. Néanmoins, des lymphocytes- mémoire B et T persistent et, lors d’un nouveau contact avec le virus, leur réponse sera plus précoce et plus efficace.
La réponse interféron
De mars 2020 à mars 2021, les équipes d’Angers ont analysé les prélèvements nasopharyngés de 226 patients par PCR au Centre de dépistage du CHU, dont 147 Sars-CoV-2-positifs.Les équipes d’Angers ont analysé les prélèvements nasopharyngés de 226 patients par PCR« L’originalité de nos travaux est de ne pas avoir présélectionné les participants pour ne pas biaiser les résultats, mais aussi de nous intéresser à l’immunité innée, plus précisément à la réponse interféron », explique Yves Delneste (Inserm) participant à l’étude.Lorsque des cellules sont infectées par un virus, elles sécrètent des interférons (IFN) de type I (IFN-α/β) et de type III (IFN-l), molécules antivirales qui interfèrent dans la réplication du virus. Les modes d’action des IFN ne sont pas redondants : chacun induit une réponse antivirale d’intensité et de durée différentes, en tant qu’éléments complémentaires de la réponse immunitaire globale, détaille l’Inserm, ainsi une réponse interféron insuffisante/inadaptée n’interfère pas avec la réplication virale, au risque de générer une réponse immunitaire pathologique, tel un emballement du système immunitaire comme dans les formes graves de Covid-19.