Athithan Ambikkumar1, Bryan Arthurs1, Christian El-Hadad2. 1. Département d'ophtalmologie et des sciences de la vue, Faculté de médecine de l'Université McGill, Montréal, Qc. 2. Département d'ophtalmologie et des sciences de la vue, Faculté de médecine de l'Université McGill, Montréal, Qc. christian.haddad@mcgill.ca.
L’évaluation clinique de corps étrangers cornéens comprend une éversion de la paupière et une coloration à la fluorescéine
Le traumatisme oculaire compte pour 8 % des consultations au service des urgences; parmi ceux-ci, 31 % impliquent des corps étrangers cornéens2. L’anamnèse comprend les symptômes du patient, le type de corps étrangers, la pénétrabilité, la vitesse d’entrée, le temps écoulé depuis la blessure, l’utilisation concomitante de verres de contact et les antécédents oculaires1. L’évaluation comprend une évaluation de l’acuité visuelle, de la réponse pupillaire et des mouvements oculaires, de même qu’une coloration à la fluorescéine. Des marques de rayures verticales teintées à la fluorescéine suggèrent la présence d’un corps étranger sous la paupière supérieure. Dans ce cas, on devrait complètement éverser la paupière supérieure pendant la durée de l’examen2. Une lampe Wood offre une faible sensibilité (52 %) à la capture de la fluorescéine, comparativement à une lampe à fente. Les patients qui présentent toujours des symptômes 24 heures après un examen négatif à la lampe Wood devraient être examinés de nouveau au service des urgences ou dans une clinique3.
Les cliniciens devraient procéder à un dépistage des blessures par pénétration du globe oculaire
Il est important d’éliminer la possibilité de plaies ouvertes sur le globe oculaire, car celles-ci compliquent le tableau clinique de certains corps étrangers cornéens4. On cible une pénétration du globe oculaire si une coulisse verte s’écoule d’un corps étranger imbibé de fluorescéine; cependant, il peut ne pas y avoir de coulisse lorsque les blessures par pénétration se guérissent d’elles–mêmes. Si on soupçonne la présence d’un corps étranger intraoculaire, on devrait procéder à une tomodensitométrie orbitale. On doit orienter de toute urgence les cas de blessures par pénétration vers un ophtalmologiste, sans déplacer le corps étranger2.
Les praticiens d’expérience peuvent retirer certains corps étrangers dans leur cabinet ou au service des urgences
Si le corps étranger est situé en surface, on peut l’irriguer à l’aide de saline ou, en employant un anesthésique topique, le retirer délicatement à l’aide d’un porte-coton sous contrôle visuel direct. Si le corps étranger est incrusté, un médecin qualifié peut le retirer à l’aide d’une lampe à fente en employant une aiguille de grosseur 25 ou une curette.
Les soins de suivi comprennent des analgésiques administrés par voie orale et la prévention des infections
Les cliniciens devraient administrer un rappel du vaccin contre le tétanos, lorsqu’indiqué, et prescrire des analgésiques oraux2. Une antibiothérapie topique à large spectre, offrant une protection contre différentes espèces de Pseudomonas pour les patients qui portent des verres de contact, pourrait prévenir une surinfection1. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens topiques, les stéroïdes, les médicaments cycloplégiques ainsi que l’usage d’un cache-œil n’améliorent pas la douleur ni la guérison.
On doit orienter certains patients vers un ophtalmologiste
On devrait évaluer à nouveau les patients dans les 24 heures suivant la première consultation et les orienter vers un ophtalmologiste si les symptômes persistent ou s’aggravent. On devrait aussi consulter un ophtalmologiste pour les cas de corps étrangers difficiles à retirer et ceux profondément incrustés, les ulcérations cornéennes ainsi que les cas d’hyphéma, d’hypopyons ou de modifications marquées de l’acuité visuelle.Le JAMC vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à http://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.
Authors: Abel Wakai; John G Lawrenson; Annali L Lawrenson; Yongjun Wang; Michael D Brown; Michael Quirke; Omar Ghandour; Ryan McCormick; Cathal D Walsh; Ahmed Amayem; Eddy Lang; Nick Harrison Journal: Cochrane Database Syst Rev Date: 2017-05-18