Literature DB >> 35529533

Jean-Marie Manus.   

Abstract

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Year:  2022        PMID: 35529533      PMCID: PMC9068866          DOI: 10.1016/S1773-035X(22)00171-X

Source DB:  PubMed          Journal:  Rev Francoph Lab        ISSN: 1773-035X


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Selon un article de Nature [1] fait état d’études récentes qui apportent de nouveaux indices sur le début de la pandémie, deux la retraçant depuis le marché de Wuhan, l’autre estimant que Sars-CoV-2 s’y est propagé des animaux vers l'humain en novembre et décembre 2019 [2-4]. © hanohiki /stock.adobe.com

Quand 2019 = 2002

Des analyses d’échantillons de coronavirus prélevés sur le marché et chez des sujets infectés en décembre 2019 et janvier 2020 indiquent que le marché est la source de l’épidémie – situation semblable à celle de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère, le premiers Sras de 2002-2004, dont les marchés d’animaux étaient les sources. Quelle est l’espèce animale vectrice pour l’Homme ? S’agit-il de ces chiens utilisés en Chine pour la nourriture et la fourure, animaux pouvant héberger des coronavirus, vendus sur ce marché où plusieurs échantillons positifs ont été collectés ? Des virologues estiment que l’hypothèse du marché de Wuhan n’en exclut pas une autre, que le marché ait pu être le lieu d’une amplification à partir d’un cas humain disséminant le virus dans la foule, plutôt que le lieu d’origine. La recherche de Sars-CoV-2 et des anticorps spécifiques sur des échantillons de sang prélevés sur des animaux vendus sur ce marché et chez des personnes qui ont vendu ces animaux pourrait fournir des preuves plus fermes des origines de la Covid-19 [3]. En janvier 2020, les autorités chinoises ont confirmé le marché de Wuhan comme source potentielle d’épidémie : la plupart des patients Covid-19 s’y étaient rendus les jours précédant le début des symptômes, ou étaient en contact avec des personnes l’ayant fréquenté.

Les recherches du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies et de l'OMS

Dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, les autorités ont fermé le marché. Des chercheurs ont collecté des échantillons de nombreuses espèces animales domestiques et sauvages qui y étaient vendues. Ils ont exploré les canalisations, les cages, les toilettes et les étals des vendeurs, à la recherche du l’agent pathogène. Suite à l’enquête in situ de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un rapport publié en mars 2021 [5] indique que les quelque 200 échantillons prélevés directement sur les animaux étaient tous négatifs, mais qu’environ 1 000 échantillons environnementaux provenant des étals et d’autres zones du marché étaient positifs. Parallèlement, une équipe du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a séquencé le matériel génétique récupéré à partir des échantillons et a publié les résultats le 25 février, confirmant que les échantillons contenaient des séquences de Sars-CoV-2 presque identiques à celles retrouvées chez l’humain, les lignées virales originelles A et B circulant au début de la pandémie étant présentes sur le marché. Selon Nature [1], les scientifiques américains ont apprécié ce travail de leurs homologues chinois et ont à leur tour apporté des éléments de leur enquête sur ce marché-source probable de la pandémie actuelle. L’enquête s’est concentrée sur la section sud-ouest du marché, où des animaux vivants ont été vendus jusqu’en 2019, comme étant l’épicentre potentiel de l’épidémie. Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion en compilant des informations sur les premiers cas connus de Covid-19 en Chine, d’après diverses sources : l’enquête de l’OMS, articles de journaux, de radios, de médecins et de patients à Wuhan. Cette analyse géospatiale a révélé que 156 cas survenus en décembre 2019 se groupaient autour du marché, les cas devenant progressivement plus dispersés à Wuhan en janvier et février 2020. Outre des enquêtes sur l’agencement et l’équipement du marché, on retient qu’il y a été vendu quelque 47 000 animaux – dont 31 espèces protégées – entre 2017 et 2019. Autre détail, selon le Chinese Center for Disease Control and Prevention, les eaux usées du marché ont été testées positives au Sars-CoV-2, comme dans d’autres pays après déclaration de la pandémie.

A + B = C… comme Covid

Il est à noter qu’un autre rapport [3] a conclu que, génétiquement, la lignée A et la lignée B du Sars-CoV-2 sont trop différentes pour que l’une ait évolué rapidement vers l’autre chez l’Homme, suggérant que le Coronavirus doit avoir évolué chez des animaux et que les deux lignées se sont propagées aux humains séparément. La lignée B étant plus répandue en janvier 2020, elle se serait propagée aux humains avant la lignée A. D’autres épidémies de coronavirus (Sras, syndrome respiratoire du Moyen-Orient/Mers) ont ainsi résulté d’introductions répétées d’animaux sauvages.

Plusieurs hypothèses

Les chiens auraient pu être infectés dans une ferme qui a revendu les animaux sur les marchés de Wuhan en novembre ou décembre 2019 et, à au moins deux reprises, l’infection aurait pu se propager d’un cas index canin à des personnes. Une hypothèse similaire a été avancée : la possibilité que des personnes aient été infectées avant l’épidémie sur le marché, mais n’aient pas été diagnostiquées et aient transmis le virus en fréquentant le marché. Encore plus controversée est l’hypothèse que le Sars-CoV-2 a été créé en laboratoire et libéré par des chercheurs chinois. Il est clair que tout a commencé au marché… il est très improbable que deux lignées de Sars-CoV-2 soient dérivées d’un laboratoire et s’y soient retrouvées par hasard [2].
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1.  Wuhan market was epicentre of pandemic's start, studies suggest.

Authors:  Amy Maxmen
Journal:  Nature       Date:  2022-03       Impact factor: 49.962

2.  The proximal origin of SARS-CoV-2.

Authors:  Kristian G Andersen; Andrew Rambaut; W Ian Lipkin; Edward C Holmes; Robert F Garry
Journal:  Nat Med       Date:  2020-04       Impact factor: 87.241

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