Literature DB >> 35450441

Translation, validation and exploration of the factor structure in the French version of the Posttraumatic Cognitions Inventory (PTCI).

Sarah Lebel1, Michelle Dewar1, Pascale Brillon1.   

Abstract

OBJECTIVES: In order to validate a French version of the PTCI, this study investigates two objectives using two French speaking samples: (1) test 10 factor structures identified in prior studies, and (2) assess the other psychometric properties of the best fitting factor structure.
METHOD: The PTCI was translated in French using a reverse translation method and administered to 202 university students and 114 aid workers. Suitability indexes of the appropriate factor structures previously identified in prior studies were examined. Internal consistency, correlations between subscales and convergent, divergent and discriminant validities in the most appropriate structure were evaluated.
RESULTS: Results support that only Wells et al.'s short 9-item version of the PTCI and three factors shows excellent suitability indexes. This version also outlines an excellent internal consistency and solid convergent, divergent, and discriminant validities.
CONCLUSIONS: This study confirms the empirical validity, fidelity, and utility of Wells et al.'s short version of the PTCI. This is the first PTCI French validation, which is a major advantage when it comes to assess posttraumatic cognitions in French trauma victims.

Entities:  

Keywords:  PTCI; TSPT; cognition post-traumatique; travailleur humanitaire; étudiant

Mesh:

Year:  2022        PMID: 35450441      PMCID: PMC9301145          DOI: 10.1177/07067437221087085

Source DB:  PubMed          Journal:  Can J Psychiatry        ISSN: 0706-7437            Impact factor:   5.321


Introduction

Environ 76.1% des Canadiens seront exposés à au moins un événement potentiellement traumatique au cours de leur vie (p.ex. accident de la route). Les données indiquent que la dimension cognitive post-traumatique, soit les caractéristiques des interprétations posées par les personnes victimes de trauma concernant les causes, les conséquences et ses réactions lors de ces événements, joue un rôle central dans leur adaptation psychologique. Plus particulièrement, les caractéristiques de ces interprétations, appelées cognitions post-traumatiques, exacerberaient la détresse et l’apparition de troubles psychologiques après le trauma dont le trouble de stress post-traumatique (TSPT).[3-5] Ainsi, plus le trauma entraîne des cognitions négatives, plus la personne victime se sentira en détresse. Plusieurs études empiriques ont confirmé ces appuis théoriques et montrent que les stratégies cognitives utilisées lors des thérapies cognitive-comportementales pour le TSPT (p.ex. restructuration cognitive) favorisent le rétablissement des personnes victimes de trauma. Plus spécifiquement, l’assouplissement des cognitions négatives prédit la diminution de la détresse post-traumatique. En résumé, considérer les cognitions post-traumatiques dans l’évaluation et le traitement psychologique du TSPT est crucial. Ainsi, développer des mesures valides pour examiner ces cognitions est essentiel. Un des instruments les plus utilisés pour évaluer les cognitions post-traumatiques est le Posttraumatic Cognitions Inventory (PTCI). Le PTCI mesure trois types de cognitions négatives, pouvant émerger après un trauma, à l’aide d’une échelle Likert (1 = totalement en désaccord; 7 = totalement en accord). Les cognitions négatives (1) à propos de soi sont caractérisées par une perception rigide à propos de soi (p.ex. “ Je suis inadéquat ”), (2) à propos du monde désignent celles envers les autres (p.ex. “ Le monde est un endroit dangereux “), et (3) sur le blâme envers soi sont caractérisées par l’attribution de la cause du trauma à des aspects de soi (p.ex. “ J’ai été incapable d’empêcher l’événement d’arriver ”). L’échelle originale comporte 36 énoncés, mais 33 d’entre eux forment les sous-échelles. Aussi, les propriétés psychométriques de cette échelle sont excellentes.[7-9] Témoignant ainsi de son utilité clinique et empirique, le PTCI a été validé auprès de plusieurs populations et traduit en six langues. Or, aucune version francophone de cet outil n’a été validée. Pourtant, les nombreuses communautés francophones au Canada et à l’international bénéficieraient grandement d’une version du PTCI en français. Depuis sa parution, bien que les études de validation du PTCI aient montré une bonne cohérence interne et de bonnes validités convergente, divergente et discriminante,[11,12] celles-ci ont proposé des structures factorielles différentes. La structure du PTCI a donc fait l’objet de débats dans la communauté scientifique puisque celle-ci semble instable. Plus particulièrement, sur les 17 études de développement, traduction ou validation du PTCI (voir Figure 1), seules quatre[13-16] ont répliqué de manière identique la structure originale de Foa et coll. à 33 énoncés et trois facteurs. En incluant l’étude de développement du PTCI, cinq études ont confirmé la structure originale. Or, 12 études[8,9,11,12,17-24] ne sont pas parvenues à répliquer la structure originale, et ont tenté de la modifier en retirant des énoncés ou en modifiant le nombre de facteurs afin d’obtenir des indices d’adéquation satisfaisants. De ces 12 études, neuf ont validé des versions longues,[8,11,12,17-20,22,23] et trois ont validé des versions courtes.[9,21,24] Pour les versions longues, huit études[8,11,12,17-20,23] ont proposé de nouvelles structures adéquates, et une seule étude n’a pas trouvé de structure satisfaisante. Pour les versions courtes, deux études ont trouvé des indices d’adéquation satisfaisants pour la version à neuf énoncés,[9,24] et une étude a proposé une version à 12 énoncés. Cependant, deux des trois facteurs de la version à 12 énoncés étaient composés de moins de trois énoncés, ce qui est contraire aux recommandations pour obtenir des solutions convergentes et fiables lors de l’analyse factorielle confirmatoire.[25,26] Ainsi, seule la version courte à neuf énoncés[9,24] présente des caractéristiques adéquates. En résumé, à partir de ces 17 études, 10 structures distinctes et adéquates du PTCI ont été identifiées (voir Tableau 1), menant à une confusion quant à sa structure latente, et conséquemment à la nécessité de l’investiguer davantage.
Figure 1.

Diagramme de flux des études qui ont examiné la structure factorielle du PTCI.

Tableau 1.

Résumé des 10 structures factorielles testées.

Caractéristiques des étudesCaractéristiques de la structure factorielle optimale
StructurePays (Langue)ÉchantillonNombre d’énoncésÉnoncés retirésNombre sous- échellesSous-échelles trouvéesÉtudes qui ont confirmé cette structure
Foa et coll. 7 États-Unis (Anglais)Adultes : En traitement (n = 110)3313, 32, 343Soi: 2, 3, 4, 5, 6, 9, 12, 14, 16, 17, 20, 21, 24, 25, 26, 28, 29, 30, 33, 35, 36Van Emmerik et coll. 13 ; Sbardelloto 14 ; Gülec et coll. 15
Recrutés dans la communauté (n = 190)Monde: 7, 8, 10, 11, 18, 23, 27
Étudiants (n = 300)Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Beck et coll. 11 États-Unis (Anglais)Adultes exposés à un grave accident de la route (n = 112)292, 4, 24, 29, 13, 32, 343Soi: 3, 5, 6, 9, 12, 14, 16, 17, 20, 21, 25, 26, 28, 30, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 10, 11, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Su et Chen 17 Taiwan (Chinois)Étudiants victimes de trauma (n = 240)2913, 32, 34, 16, 22, 24, 293Soi: 2, 3, 4, 5, 6, 9, 12, 14, 17, 20, 21, 25, 26, 28, 30, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 10, 11, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Müller et coll. 18 Allemagne (Allemand)Adultes exposés à un accident (n = 213) Personnes victimes de trauma interpersonnel (n = 190)2911, 12, 28, 35, 13, 32, 343Soi: 2, 3, 4, 5, 6, 9, 14, 16, 17, 20, 21, 24, 25, 26, 29, 30, 33, 36 Monde: 7, 8, 10, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Daie-Gabai et coll. 19 Israël (Hébreu)Adultes ayant des antécédents de traumatisme (n = 326)292, 4, 24, 29, 13, 32, 343Soi: 3, 5, 6, 9, 12, 14, 16, 17, 20, 21, 25, 26, 28, 30, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 10, 11, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Hyland et coll. 12 Irlande (Anglais)Adolescents (n = 785)2511, 12, 17, 24, 26, 2, 5, 9, 13, 32, 343Soi: 3, 4, 6, 14, 16, 20, 21, 25, 28, 29, 30, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 10, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Andreu et coll. 20 Espagne (Espagnol)Femmes survivantes d’agressions sexuelles (n = 107)272, 4, 16, 24, 29, 10, 13, 32, 343Soi: 3, 5, 6, 9, 12, 14, 17, 20, 21, 25, 26, 28, 30, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 11, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31
Sexton et coll. 8 États-Unis (Anglais)Militaires en traitement (n = 949)3414, 244Soi: 2, 3, 6, 9, 12, 16, 17, 20, 21, 25, 26, 28, 29, 30, 32, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 10, 11, 18, 23, 27, 34 Blâme envers soi: 1, 15, 19, 22, 31 Capacités d’adaptation: 4, 5, 13
Wells et coll. 9 États-Unis (Anglais)Militaires en traitement (n = 223)92, 3, 4, 5, 6, 9, 12, 14, 16, 17, 20, 21, 24, 28, 29, 30, 35, 36, 8, 10, 11, 18, 15, 193Soi: 25, 33, 26 Monde: 7, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 22, 31Whiteman et coll. 24
Shin et coll. 23 Corée du Sud (Coréen)Femmes victimes de violences sexuelles (n = 227)2713, 32, 34, 2, 6, 29, 19, 24, 313Soi: 3, 4, 5, 6, 9, 9, 12, 14, 16, 17, 20, 21, 25, 26, 28, 30, 33, 35, 36 Monde: 7, 8, 10, 11, 18, 23, 27 Blâme envers soi: 1, 15, 22

Note. Les études de Van Emmerik et coll., Blanco et coll., Sbardelloto, Gülec et coll., Alliger-Horn et coll., Kucharska et Whiteman et coll. ne sont pas incluses dans ce tableau.

Diagramme de flux des études qui ont examiné la structure factorielle du PTCI. Résumé des 10 structures factorielles testées. Note. Les études de Van Emmerik et coll., Blanco et coll., Sbardelloto, Gülec et coll., Alliger-Horn et coll., Kucharska et Whiteman et coll. ne sont pas incluses dans ce tableau. Réduire le nombre d’énoncés favoriserait la stabilité de la structure factorielle du PTCI sans nuire à ses propriétés psychométriques. Conformément à cette suggestion, la version courte à neuf énoncés développée par Wells et coll. présente des indices d’adéquation excellents pour sa structure à trois facteurs, et de bonnes propriétés psychométriques auprès d’anciens militaires et de femmes victimes de traumas. Ces résultats ont été confirmés par Whiteman et coll. qui ont testé, auprès d’étudiants traumatisés, six structures adéquates identifiées antérieurement.[7-9,11,12] Les résultats de cette étude indiquent que les indices d’adéquation étaient seulement satisfaisants pour la version courte de Wells et coll., et alors insatisfaisants pour les cinq versions longues.[7-9,11,12] Bien que préliminaire, la réplication de la structure de Wells et coll. par Whiteman et coll. suggère que celle-ci serait plus stable que celle de la version originale. Toutefois, des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer cet avantage. Ainsi, l’objectif général de cette étude est de valider une version francophone du PTCI. Pour ce faire, après la traduction inversée du PTCI en français, cette étude a deux objectifs: auprès de deux échantillons francophones 1) tester les 10 structures factorielles adéquates identifiées dans les études antérieures, et 2) évaluer les corrélations entre les sous-échelles, la cohérence interne et les validités convergente, divergente et discriminante de la structure adéquate. Tel qu’observé dans des échantillons anglophones,[9,24] il est attendu que seule la version du PTCI à neuf énoncés présentera des indices d’adéquation adéquats, une bonne cohérence interne, des associations significatives et positives entre les sous-échelles et avec le TSPT, l’anxiété et la dépression, des associations significatives et négatives avec la qualité de vie et la résilience, et une bonne capacité de discrimination pour le TSPT. En plus de développer une version francophone du PTCI, cette étude éclairera donc le débat concernant la structure factorielle de cet outil.

Méthode

Procédures et participants

Traduction. Les 36 énoncés du PTCI (voir Matériel supplémentaire 1 et 2 pour les versions longue et courte francophones du PTCI) ont été traduits à l’aide d’une procédure de traduction inversée. D’abord, de manière indépendante par quatre étudiants au doctorat en psychologie, ces énoncés ont été traduits de l’anglais au français, puis du français à l’anglais. Un bon degré d’accord a été observé entre les traducteurs. Ensuite, une version préliminaire des énoncés francophones a été revue par un comité incluant la chercheure principale. Finalement, la version francophone finale du PTCI a été administrée à un échantillon de 15 personnes pour confirmer sa clarté avant l’expérimentation. Recrutement. Pour cette étude, des données ont été amassées dans le cadre de deux projets de recherche plus larges réalisés auprès d’étudiants universitaires et de travailleurs humanitaires. Pour ces deux protocoles, les participants ont été recrutés via des organisations (p.ex. organismes d’aide internationale, universités) et des réseaux sociaux (p.ex. Facebook). Les participants devaient remplir sur Qualtrics un formulaire de consentement et un questionnaire concernant leurs expériences et divers indicateurs de leur détresse et de leur bien-être. Le Comité d’éthique de [BLINDED FOR REVIEW] a donné son approbation pour ces protocoles. Participants. Le premier échantillon était composé de 202 étudiants universitaires (85.1% de femmes, M = 26.17 années, ÉT = 6.07) et le deuxième était composé de 114 travailleurs humanitaires (58.8% de femmes, M = 40.54 années, ÉT = 11.5). Les participants devaient avoir 18 ans ou plus, avoir vécu au moins un événement traumatique au cours de leur vie, comprendre aisément le français, et avoir un accès suffisamment stable à l’internet. De plus, les étudiants universitaires devaient être inscrits dans une université et les travailleurs humanitaires devaient avoir participé à au moins une mission d’aide humanitaire.

Mesures

Les informations sociodémographiques ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire maison. Les cognitions post-traumatiques ont été mesurées à l’aide du PTCI (version originale à 36 énoncés ). Les participants ont également rempli le The Life Events Checklist for DSM-5 (LEC-5), Generalized Anxiety Disorder 7 (GAD-7), Posttraumatic stress disorder checklist for DSM-5 (PCL-5), Public Health Questionnaire (PHQ-9), Satisfaction With Life Scale (SLS) et Connor-Davidson Resilience Scale (CD-RISC).

Plan des analyses

Les analyses descriptives ont été effectuées avec la version 27 du logiciel SPSS pour notamment vérifier la taille d’échantillon et les postulats statistiques. Pour répondre au premier objectif, 10 analyses factorielles confirmatoires ont été testées dans les échantillons à l’aide du logiciel Mplus. Les structures avaient des indices d’adéquation adéquats[26,35] lorsque: χ2/df < 3; χ2 P > 0.05; Comparative Fit Index (CFI) > 0.95; Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0.06; Tucker–Lewis index (TLI) > 0.95; et Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0.08. Pour répondre au deuxième objectif, des corrélations de Pearson ont été effectuées entre les cognitions post-traumatiques et le TSPT, la dépression, l’anxiété, la qualité de vie et la résilience pour examiner les validités convergente et divergente de la structure optimale du PTCI. Trois catégories permettent d’interpréter la magnitude des coefficients de corrélations soit petit (r = 0.10), moyen (r = 0.30), et grand (r = 0.50). Également, des alphas de Cronbach ont mesuré la cohérence interne des sous-échelles de la structure optimale (α > 0.70 est considéré acceptable[37,38]). Enfin, des tests-T bilatéraux ont testé la validité discriminante en comparant les scores de la structure optimale du PTCI pour les participants ayant un score clinique de TSPT (oui/non). Les scores moyens des sous-échelles et le score total de l’échelle globale de la structure optimale du PTCI ont été utilisés.

Résultats

Les statistiques descriptives sont prés entées dans le Tableau 2.
Tableau 2.

Type d'événements traumatiques vécus et indicateurs de bien-être et de détresse au sein des deux échantillons.

CaractéristiqueÉtudiants universitaires (n = 202)Travailleurs humanitaires (n = 114)
M ÉT M ÉT
LEC-5 a 9.426.3615.4511.98
 Degré d’exposition directe3.201.973.863.31
 Degré d’exposition en tant que témoin2.842.163.464.04
 Degré d’exposition d’événements appris5.253.394.824.78
 Degré d’exposition lié au travail2.592.453.314.67
PCL-5b27.2417.9515.4715.00
PHQ-9c10.676.215.804.63
GAD-7d9.675.76
SLSe25.426.01
CD-RISCf25.437.65

Note. Le GAD-7 et le CD-RISC n’ont pas été mesurés chez les travailleurs humanitaires. Le SLS n’a pas été mesuré chez les étudiants universitaires.

LEC-5 (score de 0 à 68). b PCL-5 (score de 0 à 80). c PHQ-9 (score de 0 à 30). d GAD-7 (score de 0 à 21). e SLS (score de 5 à 35). f CD-RISC (score de 0 à 40).

Type d'événements traumatiques vécus et indicateurs de bien-être et de détresse au sein des deux échantillons. Note. Le GAD-7 et le CD-RISC n’ont pas été mesurés chez les travailleurs humanitaires. Le SLS n’a pas été mesuré chez les étudiants universitaires. LEC-5 (score de 0 à 68). b PCL-5 (score de 0 à 80). c PHQ-9 (score de 0 à 30). d GAD-7 (score de 0 à 21). e SLS (score de 5 à 35). f CD-RISC (score de 0 à 40).

Structure factorielle

Le Tableau 3 présente les indices d’adéquation des 10 structures testées chez les deux échantillons. Comme les données étaient positivement asymétriques (tel qu’attendu avec des indicateurs de détresse psychologique), l’estimateur robuste du maximum de vraisemblance a été utilisé. Chez les étudiants universitaires, aucune des structures testées, à l’exception de celle d’Hyland et coll. et de Wells et coll., n’a obtenu d’indice d’adéquation adéquat. Plus spécifiquement, seuls le RMSEA et SRMR de la structure d’Hyland et coll. et le SRMR de la structure de Wells et coll. étaient adéquats. Les 10 structures ont donc été testées dans le deuxième échantillon de travailleurs humanitaires afin d’examiner davantage la structure optimale de la version francophone du PTCI. Considérant que seule la version courte à neuf énoncés de Wells et coll. a présenté une excellente adéquation aux données, il s’agit de la version optimale. Conséquemment, les autres propriétés psychométriques de cette version spécifique ont été analysées.
Tableau 3.

Indices d’adéquation des structures pour les analyses factorielles confirmatoires.

Étudiants universitairesTravailleurs humanitaires
Structureχ2/df p df CFI a RMSEAbTLIcSRMRdχ2/df p df CFIRMSEATLISRMR
Foa et coll. 7 1.69< 0.0014920.900.060.890.061.89< 0.0014920.760.090.740.08
Beck et coll. 11 1.63< 0.0013740.920.060.910.061.67< 0.0013740.820.080.810.07
Su et Chen 17 1.75< 0.0013740.900.060.890.061.83< 0.0013740.780.090.760.08
Müller et coll. 18 1.66< 0.0013740.910.060.900.061.76< 0.0013740.800.080.780.08
Daie-Gabai et coll. 19 1.65< 0.0014020.920.060.910.061.72< 0.0014020.810.080.800.07
Hyland et coll. 12 1.50< 0.0012720.940.050.940.051.53< 0.0012720.870.070.860.07
Andreu et coll. 20 1.68< 0.0013470.920.060.910.051.78< 0.0013470.810.080.790.07
Shin et coll. 23 1.67< 0.0013470.920.060.910.061.66< 0.0013470.800.080.780.07
Sexton et coll. 8 1.66< 0.0015210.910.060.900.061.82< 0.0015210.780.090.750.08
Wells et coll. 9 2.43< 0.001240.940.080.910.040.950.533241.000.001.010.04

CFI = Comparative Fit Index. b RMSEA = Root Mean Square Error of Approximation. c TLI = Tucker–Lewis Index. d SRMR = Standardized Root Mean Square Residual.

Indices d’adéquation des structures pour les analyses factorielles confirmatoires. CFI = Comparative Fit Index. b RMSEA = Root Mean Square Error of Approximation. c TLI = Tucker–Lewis Index. d SRMR = Standardized Root Mean Square Residual.

Cohérence interne

Les alphas de Cronbach pour la version de Wells et coll. ont été évalués chez les étudiants universitaires et les travailleurs humanitaires. Ils étaient respectivement de 0.78 et 0.80 pour la sous-échelle soi, 0.84 et 0.79 pour la sous-échelle monde, et finalement, 0.66 et 0.72 pour la sous-échelle blâme envers soi. Ainsi, seule la cohérence interne de la sous-échelle blâme envers soi pour les étudiants universitaires (α = 0.66) était en deçà du seuil α de 0.70.

Corrélations entre les sous-échelles

Le Tableau 4 présente la matrice de corrélations entre l’échelle globale et les sous-échelles de la version de Wells et coll. Dans les deux échantillons, toutes les corrélations étaient significatives (tous les ps < 0.010). Également, la magnitude des corrélations variait entre 0.32 et 0.84 (moyennes à grandes).
Tableau 4.

Corrélations entre les échelles, validités convergente, divergente et discriminante

ÉchelleÉtudiants universitairesTravailleurs humanitaires
SoiMondeBlâme envers soiTotalSoiMondeBlâme envers soiTotal
Monde0.53***0.40***
Blâme envers soi0.60***0.49***0.47***0.32**
Total0.84***0.83***0.83***0.75***0.78***0.71***
PCL-50.63***0.50***0.52***0.66***0.55***0.44***0.50***0.61***
GAD-7 a 0.58***0.41***0.36***0.53***
PHQ-90.62***0.42***0.42***0.58***0.53***0.32**0.36***0.48***
SLSb−0.54***−0.42***−0.37***−0.56***
CD-RISCc−0.61***−0.40***−0.34***−0.54***
PCL-5 > seuil clinique3.21 (1.52)4.25 (1.48)3.49 (1.46)32.78d (10.79)2.75 (1.38)4.45 (1.37)3.53 (1.83)31.94e (10.39)
PCL-5 < seuil clinique1.81 (1.04)3.00 (1.40)2.37 (1.21)21.53 (8.67)1.56 (0.86)2.86 (1.35)1.82 (1.02)18.30 (7.03)
t −7.68***−5.89***−5.80***−8.02***−4.71***−4.48***−5.53***−6.81***

Note. Les magnitudes des corrélations égales ou supérieures à 0.50 sont indiquées en caractères gras.

Le GAD-7 n’a pas été mesuré chez les travailleurs humanitaires. b Le SLS n’a pas été mesuré chez les étudiants universitaires. c Trois étudiants universitaires n’ont pas complété le CD-RISC. d 69 étudiants universitaires ont rapporté un score supérieur au seuil clinique du PCL-5. e 17 travailleurs humanitaires ont rapporté un score supérieur au seuil clinique du PCL-5.

*p < 0.050. **p < 0.010. ***p < 0.001.

Corrélations entre les échelles, validités convergente, divergente et discriminante Note. Les magnitudes des corrélations égales ou supérieures à 0.50 sont indiquées en caractères gras. Le GAD-7 n’a pas été mesuré chez les travailleurs humanitaires. b Le SLS n’a pas été mesuré chez les étudiants universitaires. c Trois étudiants universitaires n’ont pas complété le CD-RISC. d 69 étudiants universitaires ont rapporté un score supérieur au seuil clinique du PCL-5. e 17 travailleurs humanitaires ont rapporté un score supérieur au seuil clinique du PCL-5. *p < 0.050. **p < 0.010. ***p < 0.001.

Validités convergente, divergente et discriminante

Le Tableau 4 présente les corrélations entre la version de Wells et coll. et divers indicateurs de détresse et de bien-être. Pour la validité convergente, les sous-échelles et l’échelle globale de cette version présentaient des corrélations moyennes ou grandes, positives et significatives (ps < 0.001) avec les symptômes post-traumatiques et dépressifs dans les deux échantillons, et avec les symptômes anxieux chez les étudiants universitaires. Pour la validité divergente, celle-ci présentait des corrélations moyennes ou grandes, négatives et significatives (ps < 0.001) avec la résilience chez les étudiants universitaires, et avec la qualité de vie chez les travailleurs humanitaires. Concernant la validité discriminante de la version de Wells et coll. (voir Tableau 4), un score clinique de 33 ou plus au PCL-5 a été utilisé pour considérer la présence d’un TSPT chez les participants. On constate que 69 (34.2%) étudiants universitaires et 17 (14.9%) travailleurs humanitaires rapportaient un score clinique au PCL-5. Dans les deux échantillons, le groupe ayant un score clinique au PCL-5 a obtenu des scores à l’échelle globale et aux sous-échelles du PTCI significativement plus élevés que celui ayant un score au PCL-5 en deçà du score clinique. De plus, seulement dans l’échantillon d’étudiants universitaires, le groupe ayant un score clinique au PCL-5 a obtenu un score au LEC-5 significativement plus élevé que celui ayant un score au PCL-5 en deçà du score clinique (ps < 0.05).

Discussion

Cette étude est la première à valider les propriétés psychométriques d’une version francophone du PTCI. Après avoir traduit le PTCI en français, le premier objectif était d’identifier, au sein de deux échantillons francophones, la structure optimale en testant les 10 structures adéquates du PTCI identifiées antérieurement. Comme prévu, la structure de Foa et coll. a révélé une faible adéquation aux données, et seule la structure de Wells et coll. était bien ajustée aux données. La confirmation de cette hypothèse est cohérente avec les recherches antérieures indiquant que la structure de Wells et coll. s’ajuste bien aux données d’étudiants et de militaires anglophones,[9,24] et que de raccourcir le PTCI stabiliserait sa structure sans nuire à ses propriétés psychométriques. Le second objectif était d’examiner les corrélations entre les sous-échelles, la cohérence interne et les validités convergente, divergente et discriminante de la structure adéquate dans deux échantillons francophones. Comme prévu, la version courte de Wells et coll. présentait de bonnes propriétés psychométriques. La confirmation de cette hypothèse est cohérente avec une recherche antérieure indiquant de bonnes propriétés psychométriques pour cette version. Considérant le rôle central des cognitions post-traumatiques dans le développement du TSPT, cette étude témoigne de l’importance de mesurer ces cognitions à l’aide d’outils valides, fiables et dans la langue d’usage des participants. Bien que la structure de Wells et coll. possédait les meilleurs indices d’adéquation, ils étaient plus satisfaisants chez les travailleurs humanitaires que les étudiants universitaires. Les caractéristiques différentes de ces échantillons pourraient avoir influencé la structure du PTCI. Notamment, les types de traumas rapportés dans la population générale sont souvent plus variés que ceux de populations professionnelles ayant un profil traumatique homogène. Considérant que ceci a été observé dans la présente étude, la grande diversité de traumas rapportés par les étudiants universitaires pourrait avoir miné l’adéquation des structures. Cette hypothèse est soutenue par une étude indiquant une meilleure adéquation de la structure de Wells et coll. aux données chez des militaires que chez des femmes victimes de divers types de traumas. Ainsi, les études futures de validation de la structure de Wells et coll. devraient privilégier des populations ayant vécu des traumas similaires. Néanmoins, ces résultats soutiennent aussi l’utilisation de cette version courte et francophone du PTCI chez tous les survivants de traumas. Non seulement la version courte de Wells et coll. s’ajustait bien aux données, mais toutes les versions longues du PTCI présentaient des indices d’adéquation insatisfaisants à l’exception de celle d’Hyland et coll. chez les étudiants universitaires. Ces résultats confirment ceux d’études antérieures qui ont peiné à confirmer la structure de Foa et coll. Tel que suggéré, ces résultats pourraient refléter la redondance de certains énoncés de la version originale du PTCI, la difficulté de cet outil à mesurer avec précision les construits latents des cognitions post-traumatiques, ou les variations dans les interprétations des énoncés notamment en fonction de la nature du trauma vécu. Or, la présente étude et les études de développement et validation de la version de Wells et coll. indiquent des indices d’adéquations excellents, et ce, sans modifier la structure. Ainsi, cette version courte pourrait avoir une structure plus stable des cognitions post-traumatiques que la version longue de Foa et coll. Les propriétés psychométriques de la version de Wells et coll. auprès de nos deux échantillons étaient en majorité très bonnes. Plus particulièrement, la cohérence interne était acceptable à l’exception de la sous-échelle blâme envers soi qui était pauvre chez les étudiants universitaires. Considérant que la cohérence interne dépend du nombre d’énoncés inclus dans les sous-échelles, le nombre d’énoncés des sous-échelles du PTCI à neuf énoncés (n = 3) pourrait expliquer pourquoi la cohérence interne est acceptable plutôt que satisfaisante. Également, tel que suggéré, les énoncés de cette sous-échelle pourraient mesurer des facettes hétérogènes du blâme dont: 1) le blâme envers son comportement (p.ex. énoncé 1 du PTCI à neuf énoncés: “ L’événement est arrivé à cause de la façon dont j’ai agi “), et 2) le blâme envers des aspects de sa personnalité (p.ex. énoncé 7 du PTCI à neuf énoncés: “ Il y a quelque chose en moi qui a provoqué l’événement “). Les étudiants universitaires pourraient avoir endossé des niveaux très différents de ces deux types de blâmes minant ainsi les corrélations entre les énoncés de cette sous-échelle. Comme l’interprétation des énoncés de la sous-échelle blâme envers soi pourrait varier en fonction du trauma vécu,[7,43] une révision de celle-ci serait bénéfique pour améliorer sa cohérence interne. Également, tel qu’attendu, les sous-échelles étaient liées entre elles de manière moyennement forte sans être redondantes (rs en dessous de 0.90), et la version de Wells et coll. possédait de bonnes validités convergente et divergente. Plus particulièrement, la sous-échelle des cognitions négatives envers soi était plus fortement associée aux indicateurs de détresse que les autres sous-échelles. Tel qu’observé, certaines cognitions post-traumatiques négatives, comme celles à propos de soi, pourraient contribuer de manière plus influente à l’intensité des symptômes de TSPT que d’autres. Finalement, l’étude de la validité discriminante confirme que la version de Wells et coll. discrimine bien les participants ayant obtenu un score clinique de TSPT des autres ce qui met en lumière la spécificité élevée de la version francophone de cet instrument. Dans l’ensemble, les propriétés psychométriques satisfaisantes de la version de Wells et coll. suggèrent qu’il s’agirait d’un outil d’évaluation efficace des cognitions post-traumatiques dans des contextes cliniques et empiriques. Plus particulièrement, la version francophone et courte du PTCI permettrait d’identifier, cibler et travailler les cognitions post-traumatiques négatives des personnes souffrant de TSPT notamment à l’aide de restructuration cognitive lors des thérapies cognitive-comportementales.[2,6] Ainsi, le développement d’une version francophone et courte du PTCI constitue une avancée importante pour l’accompagnement des populations francophones victimes de trauma aux prises avec des cognitions négatives.

Forces, limites et pistes de recherche futures

La présente étude comporte plusieurs forces notables, dont le processus de traduction rigoureux, l’inclusion de deux échantillons distincts, les normes strictes pour les indices d’adéquation, et la qualité des analyses statistiques effectuées. Elles ont permis d’identifier la structure optimale de la version francophone du PTCI (soit la version de Wells et coll. ), et de mettre en évidence les bonnes propriétés psychométriques de celle-ci. Néanmoins, plusieurs limites doivent être considérées dans l’interprétation des résultats de la présente étude. Premièrement, plus d’étudiants universitaires que de travailleurs humanitaires ont rapporté un score clinique au PCL-5. Bien qu’étonnant, la prévalence de travailleurs humanitaires rapportant un score clinique au PCL-5 était similaire à celles observées antérieurement au sein d’autres échantillons de travailleurs humanitaires.[46,47] Or, ce n’est pas ce qu’on constate chez les étudiants universitaires. En effet, la prévalence d’étudiants universitaires rapportant un score clinique au PCL-5 dans la présente étude (34.2%) était supérieure à celles observées dans trois études antérieures (6% à 13%, 18.09% et 30% ). Parmi les pistes qui expliqueraient cet écart, notre échantillon d’étudiants universitaires a vécu en moyenne plus d’événements traumatiques (M = 9.42) que ceux des études antérieures[48,49] (M = entre 1.19 et 2.79). Également, la pandémie de COVID-19, présente pendant notre expérimentation, pourrait avoir exacerbé la détresse et les symptômes post-traumatiques liés à des expériences antérieures douloureuses des étudiants universitaires, soit une population particulièrement vulnérable. Ainsi, considérant le nombre élevé d’événements traumatiques rapporté dans notre échantillon d’étudiants universitaires, il est possible que les scores obtenus au PTCI ne soient pas représentatifs de l’intensité normative des cognitions post-traumatiques dans le contexte pandémique. De plus, répliquer cette étude auprès d’étudiants universitaires n’étant pas exposés à des stresseurs ou à une crise sociale majeure sera crucial afin de préciser davantage les données normatives chez les étudiants universitaires. Deuxièmement, tous les participants ont complété la version du PTCI à 36 énoncés. Ainsi, afin d’éliminer l’influence des énoncés voisins et de maximiser l’indépendance des résultats, les études futures de validation du PTCI devront seulement administrer aux participants la version à neuf énoncés. Troisièmement, comme la version de Wells et coll. a été développée et validée récemment (2019), comparer celle-ci à d’autres mesures similaires de cognitions post-traumatiques (p.ex. World Assumption Scale) confirmerait davantage la validité convergente du PTCI. De plus, l’ajout d’un deuxième temps de mesure permettrait d’évaluer la stabilité temporelle de la version francophone de l’instrument. Enfin, confirmer la validité et fidélité de la version de Wells et coll. au sein d’autres populations francophones ayant vécu d’autres types de traumas augmenterait sa validité externe. En conclusion, cette étude confirme la validité, la fidélité et l’utilité empiriques du PTCI à neuf énoncés de Wells et coll. dans les deux échantillons francophones. Cette première étude de validation francophone du PTCI constitue un atout majeur sur le plan clinique, théorique et empirique.

Remerciements

Nous remercions sincèrement les étudiants universitaires et les travailleurs humanitaires qui ont partagé leur expérience dans le cadre de cette étude. Nous remercions la professeure Alison Paradis du département de psychologie de l’UQÀM pour sa collaboration à l’étude. Click here for additional data file. Supplemental material, sj-docx-1-cpa-10.1177_07067437221087085 for Translation, validation and exploration of the factor structure in the French version of the Posttraumatic Cognitions Inventory (PTCI) by Sarah Lebel, Michelle Dewar and Pascale Brillon in The Canadian Journal of Psychiatry
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1.  Cognitive factors involved in the onset and maintenance of posttraumatic stress disorder (PTSD) after physical or sexual assault.

Authors:  E Dunmore; D M Clark; A Ehlers
Journal:  Behav Res Ther       Date:  1999-09

2.  The Posttraumatic Stress Disorder Checklist for DSM-5 (PCL-5): Development and Initial Psychometric Evaluation.

Authors:  Christy A Blevins; Frank W Weathers; Margaret T Davis; Tracy K Witte; Jessica L Domino
Journal:  J Trauma Stress       Date:  2015-11-25

3.  Structural equation modeling: reviewing the basics and moving forward.

Authors:  Jodie B Ullman
Journal:  J Pers Assess       Date:  2006-08

4.  Posttraumatic stress disorder symptoms in trauma-exposed college students: the role of trauma-related cognitions, gender, and negative affect.

Authors:  Jason S Moser; Greg Hajcak; Robert F Simons; Edna B Foa
Journal:  J Anxiety Disord       Date:  2007-01-10

5.  Organizational factors and mental health in community volunteers. The role of exposure, preparation, training, tasks assigned, and support.

Authors:  Sigridur Bjork Thormar; Berthold P R Gersons; Barbara Juen; Maria Nelden Djakababa; Thorlakur Karlsson; Miranda Olff
Journal:  Anxiety Stress Coping       Date:  2012-12-04

6.  The Development of a Brief Version of the Posttraumatic Cognitions Inventory (PTCI-9).

Authors:  Stephanie Y Wells; Leslie A Morland; Elisa M Torres; Karen Kloezeman; Margaret-Anne Mackintosh; Gregory A Aarons
Journal:  Assessment       Date:  2017-01-16

7.  Psychometric Properties of the Posttraumatic Cognitions Inventory (PTCI): a replication with motor vehicle accident survivors.

Authors:  J Gayle Beck; Scott F Coffey; Sarah A Palyo; Berglind Gudmundsdottir; Luana M Miller; Craig R Colder
Journal:  Psychol Assess       Date:  2004-09

8.  Rapid detection of generalized anxiety disorder and major depression in epilepsy: Validation of the GAD-7 as a complementary tool to the NDDI-E in a French sample.

Authors:  Jean-Arthur Micoulaud-Franchi; Stanislas Lagarde; Gérald Barkate; Boris Dufournet; Cyril Besancon; Agnès Trébuchon-Da Fonseca; Martine Gavaret; Fabrice Bartolomei; Francesca Bonini; Aileen McGonigal
Journal:  Epilepsy Behav       Date:  2016-03-16       Impact factor: 2.937

9.  Multivariate correlates of childhood psychological and physical maltreatment among university women.

Authors:  J Briere; M Runtz
Journal:  Child Abuse Negl       Date:  1988

10.  A psychometric evaluation of the Posttraumatic Cognitions Inventory with Veterans seeking treatment following military trauma exposure.

Authors:  Minden B Sexton; Margaret T Davis; Diana C Bennett; David H Morris; Sheila A M Rauch
Journal:  J Affect Disord       Date:  2017-09-27       Impact factor: 4.839

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