Literature DB >> 34810167

Olivier Drouin1, Charlotte Moore Hepburn1, Daniel S Farrar1, Krista Baerg1, Kevin Chan1, Claude Cyr1, Elizabeth J Donner1, Joanne E Embree1, Catherine Farrell1, Sarah Forgie1, Ryan Giroux1, Kristopher T Kang1, Melanie King1, Melanie Laffin1, Thuy Mai Luu1, Julia Orkin1, Jesse Papenburg1, Catherine M Pound1, Victoria E Price1, Rupeena Purewal1, Manish Sadarangani1, Marina I Salvadori1, Karina A Top1, Isabelle Viel-Thériault1, Fatima Kakkar2, Shaun K Morris2.   

Abstract

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Year:  2021        PMID: 34810167      PMCID: PMC8608451          DOI: 10.1503/cmaj.210053-f

Source DB:  PubMed          Journal:  CMAJ        ISSN: 0820-3946            Impact factor:   8.262


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En date du 31 décembre 2020, le Canada comptait 581 427 cas confirmés d’infection par le SRAS-CoV-21. Comme dans d’autres pays, la plupart des infections confirmées ont été diagnostiquées chez des adultes, en partie en raison des politiques de dépistage initiales, qui ciblaient les populations plus âgées et à risque, et en raison des mesures de confinement prolongées appliquées pour réduire le risque d’exposition des enfants. Même si on a signalé un moins grand nombre de cas de SRAS-CoV-2 chez les enfants que chez les adultes pendant les premières vagues de la pandémie au Canada2, les récentes hausses du nombre de cas pédiatriques en Amérique du Nord nous amènent à remettre en question l’hypothèse que les enfants seraient moins fréquemment infectés que les adultes3,4. Toutefois, la gravité de l’infection chez les enfants semble nettement moindre, puisqu’on observe un nombre total d’hospitalisations inférieur et une mortalité substantiellement plus faible comparativement aux adultes5,6. Les facteurs de risque de complications plus graves de la COVID-19 ont été bien décrits chez les adultes7, mais moins chez les enfants8. Selon les données accumulées sur d’autres infections respiratoires virales, notamment la grippe et le virus syncytial respiratoire, des facteurs individuels peuvent accroître le risque de maladie grave chez les enfants9,10. Connaître les populations à risque de maladie grave est essentiel pour élaborer des stratégies de dépistage fondées sur des données probantes, formuler des recommandations pour réduire l’exposition (y compris des directives sur la scolarisation en personne) et prioriser éventuellement la vaccination contre le SRAS-CoV-2 chez les enfants. À ce jour, peu de données nationales publiées ont caractérisé les hospitalisations d’enfants ayant contracté le SRAS-CoV-2. Nous avons voulu décrire les hospitalisations pédiatriques liées à l’infection aiguë par le SRAS-CoV-2 au Canada et mettre en évidence les facteurs de risque de maladie grave chez les enfants hospitalisés.

Méthodes

Programme canadien de surveillance pédiatrique

Le Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP), un projet mixte de la Société canadienne de pédiatrie et de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), est une plateforme de surveillance épidémiologique publique qui a été conçue pour soutenir des études pédiatriques prospectives nationales11. Par un système de signalement des cas en ligne, le PCSP accumule des données sur certaines maladies pédiatriques grâce à son réseau de plus de 2800 pédiatres et médecins de surspécialités pédiatriques des 4 coins du Canada, regroupant la majorité des spécialistes des soins pédiatriques au pays11,12. En mars 2020, au tout début de la pandémie de COVID-19, un groupe d’étude du PCSP sur la COVID-19 a été mis sur pied, regroupant des représentants de centres pédiatriques universitaires et communautaires de toutes les régions du Canada. L’étude, lancée en mai 2020, visait à recueillir des données à l’échelle des patients de 3 groupes différents : enfants hospitalisés pour une infection aiguë par SRAS-CoV-2 (dont on fait état ici), enfants ayant contracté le SRAS-CoV-2 admis à l’hôpital, mais âgés de moins d’un an ou ayant une comorbidité sous-jacente, et enfants présentant un syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant associé à COVID-1913,14. Cette analyse inclut tous les cas signalés en date du 31 décembre 2020. Le protocole de l’étude, incluant les définitions de cas et les formulaires de rapport de cas, est accessible à l’adresse https://www.cpsp.cps.ca/surveillance/study-etude/covid-19 (annexe 1, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content). À partir du 8 avril 2020, les participants au PCSP ont été invités à signaler tous les cas d’enfants de moins de 18 ans hospitalisés pour une infection aiguë par le SRAS-CoV-2 confirmée en laboratoire de microbiologie rencontrés au cours des 7 jours précédents, de même que tous les cas répondant à cette définition qui n’avaient pas encore été signalés. Les participants qui signalaient un cas étaient invités à remplir un formulaire de rapport de cas incluant des données démographiques, épidémiologiques, microbiologiques et cliniques (y compris les comorbidités). Le suivi des cas en temps réel et le nettoyage des données ont été effectués tout au long de l’étude. Au moment de signaler un cas, les médecins pouvaient accepter que le PCSP communique avec eux pour clarifier des données discordantes, manquantes ou imprécises. Si des cas étaient signalés en double, les dossiers étaient comparés et fusionnés en utilisant les données les plus complètes et précises de chaque dossier.

Classification et gravité des cas

Nous avons réparti tous les cas d’enfants atteints d’une infection aiguë par le SRAS-CoV-2 confirmée en laboratoire de microbiologie et dont on disposait des données cliniques en différentes catégories mutuellement exclusives : lié à la COVID-19 — enfant hospitalisé pour maladie clinique avérée en lien direct avec le SRAS-CoV-2 —; infection découverte fortuitement — infection par le SRAS-CoV-2 découverte chez un enfant hospitalisé pour une autre raison (p. ex., fracture) et n’ayant entraîné aucun changement dans le déroulement de l’hospitalisation; ou hospitalisation pour des raisons sociales ou pour isoler un sujet — infection par le SRAS-CoV-2 détectée chez un enfant asymptomatique ou légèrement symptomatique hospitalisé pour être placé en isolement ou pour des raisons sociales (p. ex., hospitalisation du ou des parents ou gardiens). Pour assurer l’exactitude de la classification des cas, au moins 2 membres de l’équipe de l’étude (O. D., C. M. H., S. K. M. ou F. K.) ont passé en revue toutes les données fournies sur le formulaire de rapport de cas, y compris tous les diagnostics et toutes les interventions additionnelles en cours d’hospitalisation. Toute discordance dans l’attribution d’une catégorie a été résolue au moyen d’un suivi auprès du médecin ou par voie de consensus. Nous avons caractérisé la gravité de la maladie au moyen de la version modifiée des critères de Dong adaptée aux pratiques locales (annexe 2, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content)15,16. Nous avons défini la gravité des cas comme suit : cas asymptomatique — absence de tout signe ou symptôme, et absence d’anomalies radiographiques ou d’examens radiologiques —; maladie légère — présence de symptômes, mais sans détresse respiratoire ni anomalies radiographiques —; maladie modérée — maladie des voies respiratoires inférieures, anomalies hématologiques ou radiographiques, mais sans autres atteintes organiques ni besoin d’assistance respiratoire —; maladie grave — détresse respiratoire pouvant nécessiter une oxygénothérapie; ou maladie critique, c.-à-d., hospitalisations à l’unité des soins intensifs (USI), recours à la ventilation ou signes cliniques de choc ou d’autres atteintes organiques. À des fins d’analyse, nous avons combiné les catégories grave et critique sous le vocable grave et les catégories légère et modérée sous le vocable non grave. Pour attribuer une catégorie aux patients, les détails des anomalies radiographiques consignées au dossier ont été évalués de manière indépendante par 2 chercheurs (O. D., C. M. H., S. K. M. ou F. K.), et les radiographies ont été classées comme suit : anomalies, anomalies sans lien avec le SRAS-CoV-2, non spécifiques, ou sans anomalies. Toute discordance a été résolue par voie de consensus.

Analyse statistique

Nous avons analysé les caractéristiques démographiques au moyen de fréquences, de pourcentages, de médianes et d’éventails interquartiles. Nous avons catégorisé l’âge comme suit : nourrisson (< 1 an), âge préscolaire (1–5 ans), âge scolaire (6–12 ans) ou adolescent (13–17 ans). Les analyses primaires incluaient uniquement les hospitalisations liées à la COVID-19. Nous avons analysé les caractéristiques de cas suivantes : gravité, comorbidités, signes et symptômes, infections concomitantes, résultats d’imagerie et traitements. Pour les variables de l’âge, du sexe, de la gravité et de la prématurité, nous avons procédé à une analyse des cas complets et indiqué la proportion de données manquantes dans des notes à la suite du tableau. Pour toutes les autres variables, nous avons imputé aux données manquantes ou inconnues la valeur nulle et nous les avons incluses dans les dénominateurs. Nous avons évalué les différences entre les groupes d’âge et les catégories de gravité au moyen de tests exacts de Fisher ou tests du χ2. Nous avons utilisé un seuil de signification α = 0,05 pour toutes les comparaisons. Nous avons effectué les analyses à l’aide du logiciel Stata (version 16.1). En raison des politiques du PCSP, nous avons indiqué < 5 dans tous les cas où la fréquence était entre 1 et 4, et présenté certains paramètres sous forme d’intervalles. Dans certains cas, les résultats des analyses de sousgroupes ne sont pas montrés pour prévenir le rétrocalcul des fréquences inférieures à 5.

Approbation éthique

Le PCSP mène ses activités en vertu de l’article 4 de la Loi sur le ministère de la Santé et l’article 3 de la Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada. L’approbation éthique a été fournie par le Comité d’éthique de la recherche de Santé Canada et de l’Agence de la santé publique du Canada (CER 2020-002P), l’Hôpital pour enfants malades (REB 1000070001), le Comité d’éthique de la recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (IRB MP-21-2021-2901) et les sites individuels participants, conformément aux politiques locales. Au Québec, l’étude a été réalisée sous forme d’étude multicentrique, et les données cliniques ont été recueillies par les cochercheurs de l’étude.

Résultats

En tout, ont été signalés au PCSP 757 cas distincts dont les dates de diagnostic se situaient entre le 25 mars et le 31 décembre 2020; 264 répondaient à la définition de cas pour notre étude (enfants hospitalisés atteints d’une infection aiguë par le SRAS-CoV-2) et ont été inclus dans l’analyse (figure 1). Des cas ont été signalés dans toutes les provinces; toutefois, la collecte des données complètes a été impossible pour l’Alberta en raison de retards dans la conclusion des accords de transfert des données nécessaires. Notre étude fait l’analyse de 80,0 % de toutes les hospitalisations de patients de moins de 18 ans au Canada — si on exclut l’Alberta — (246/308) signalées à l’ASPC durant la période à l’étude (données non publiées; source : information sur les cas reçue par l’ASPC de la part des provinces et territoires) et de 68,6 % de ces hospitalisations au Canada, si on inclut l’Alberta. La majorité de ces patients (toutes catégories confondues) étaient du Québec (n = 114, 43,2 %) et de l’Ontario (n = 94, 35,6 %) (tableau 1) et ils ont été hospitalisés soit entre avril et juin, soit entre septembre et décembre 2020 (figure 2). On a dénombré plus d’infections par le SRAS-CoV-2 chez les nourrissons (< 1 an; n = 97, 37,3 %) et les adolescents (13–17 ans; n = 77, 29,6 %) que chez les enfants d’âge préscolaire (1–5 ans; n = 44, 16,9 %) ou scolaire (6–12 ans; n = 42, 16,2 %). Selon les dénominateurs de population de Statistique Canada17, cela représente une incidence minimale d’hospitalisations pour infection par le SRAS-CoV-2 de 26,0, 2,3, 1,4 et 3,8 par 100 000 habitants chez les nourrissons, les enfants d’âge préscolaire et scolaire et les adolescents, respectivement. Une distribution similaire a été observée chez les sujets hospitalisés pour COVID-19 (annexe 3, tableau supplémentaire S1, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content). Nous avons constaté que la gravité de l’infection par le SRAS-CoV-2 ne différait pas significativement selon le sexe, la plupart des groupes d’âge ou le lieu de résidence; toutefois, la COVID-19 grave était plus fréquente chez les enfants qui présentaient des comorbidités (p = 0,01) (tableau 1).
Figure 1 :

Diagramme des cas d’infection au SRAS-CoV-2 signalés dans le cadre de l’étude sur la COVID-19 du Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP) le ou avant le 31 décembre 2020.

Tableau 1:

Caractéristiques démographiques des enfants hospitalisés ayant une infection par le SRAS-CoV-2 avant le 1er janvier 2021, au Canada

CaractéristiquesNbre (%) d’enfantsValeur p
Tous les casn = 264Hospitalisations non liées à la COVID-19n = 110Hospitalisations liées à la COVID-19*
Forme non grave de la maladien = 75Maladie graven = 75
Âge, ans0,001
 Nourrissons (< 1)97 (37,3)34 (31,5)42 (56,8)21 (28,0)
 Âge préscolaire (1–5)44 (16,9)21 (19,4)12 (16,2)11 (14,7)
 Âge scolaire (6–12)42 (16,2)15 (13,9)8 (10,8)19 (25,3)
 Adolescents (13–17)77 (29,6)38 (35,2)12 (16,2)24 (32,0)
Sexe0,2
 Féminin122 (46,6)58 (53,7)32 (42,7)31 (41,3)
 Masculin140 (53,4)50 (46,3)43 (57,3)44 (58,7)
Groupe de population§
 Blanc54 (20,5)27 (24,5)14 (18,7)13 (17,3)0,4
 Noir36 (13,6)13 (11,8)11 (14,7)12 (16,0)0,7
 Sud-asiatique35 (13,3)12 (10,9)10 (13,3)13 (17,3)0,5
 Arabe/Asie occidentale29 (11,0)6 (5,5)11 (14,7)12 (16,0)0,04
 Peuples autochtones24 (9,1)14–17 (12,7–15,5)**< 5 (< 6,7)6 (8,0)0,08
 Asie de l’Est/Asie du Sud-Est12 (4,5)< 5 (< 4,5)< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)0,8
 Autre6 (2,3)< 5 (< 4,5)< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)0,9
 Inconnue72 (27,3)33 (30,0)21 (28,0)14 (18,7)0,2
Région de résidence0,1
 Québec114 (43,2)44 (40,0)39 (52,0)27 (36,0)
 Ontario94 (35,6)37 (33,6)26 (34,7)31 (41,3)
 Ouest et Nord56 (21,2)29 (26,4)10 (13,3)17 (22,7)
 Atlantique0 (0,0)0 (0,0)0 (0,0)0 (0,0)
Comorbidités0,01
 Aucune ou inconnue163 (62,7)72 (65,5)55 (73,3)36 (48,0)
 158 (22,3)24 (21,8)14 (18,7)20 (26,7)
 ≥ 239 (15,0)14 (12,7)6 (8,0)19 (25,3)

Nous avons défini les catégories de gravité à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15. « Forme non grave de la maladie » regroupe les cas légers et modérés; « maladie grave » regroupe les cas graves et critiques. Nous avons été incapables d’assigner une catégorie de gravité à 4 cas parce que les rapports étaient incomplets.

Nous avons procédé à des tests statistiques sur les groupes des hospitalisations non liées à la COVID-19 et des formes non graves et graves de la COVID-19 (test du χ2 à 3 facteurs, test exact de Fisher).

On ne disposait pas de l’âge de 4 enfants (2 cas non liés à la COVID-19, 1 atteint d’une forme non grave de COVID-19 et 1 à qui on n’avait pu assigner de catégorie de gravité). On ne disposait pas de données sur le sexe pour 2 cas (non liés à la COVID-19).

Les médecins pouvaient indiquer plusieurs groupes de population. « Asie de l’Est/Asie du Sud-Est » inclut les populations issues de la Chine, des Philippines, du Japon, des Corées et de l’Asie du Sud-Est. « Peuples autochtones » inclut les peuples des Premières Nations, les Inuits et les Métis. Les analyses statistiques comparaient les cas d’un groupe de population indiqué au reste de l’échantillon (p. ex., blanche c. non blanche et noire c. non noire).

« Ouest et Nord » inclut 26 cas issus du Manitoba, 18 de l’Alberta, 7 de la Colombie-Britannique et 5 de la Saskatchewan, des Territoires du Nord-Ouest ou du Nunavut. Atlantique inclut le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

Certaines données sont présentées sous forme d’intervalles pour empêcher le rétrocalcul des nombres de cas < 5.

Figure 2 :

Hospitalisations pour infection aiguë par le SRAS-CoV-2 chez des enfants, par mois et par région de résidence. Remarque : Nombre de nouveaux cas admis chaque mois. La région Ouest et Nord inclut l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, la Saskatchewan et le Yukon. La région Atlantique inclut Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

Diagramme des cas d’infection au SRAS-CoV-2 signalés dans le cadre de l’étude sur la COVID-19 du Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP) le ou avant le 31 décembre 2020. Caractéristiques démographiques des enfants hospitalisés ayant une infection par le SRAS-CoV-2 avant le 1er janvier 2021, au Canada Nous avons défini les catégories de gravité à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15. « Forme non grave de la maladie » regroupe les cas légers et modérés; « maladie grave » regroupe les cas graves et critiques. Nous avons été incapables d’assigner une catégorie de gravité à 4 cas parce que les rapports étaient incomplets. Nous avons procédé à des tests statistiques sur les groupes des hospitalisations non liées à la COVID-19 et des formes non graves et graves de la COVID-19 (test du χ2 à 3 facteurs, test exact de Fisher). On ne disposait pas de l’âge de 4 enfants (2 cas non liés à la COVID-19, 1 atteint d’une forme non grave de COVID-19 et 1 à qui on n’avait pu assigner de catégorie de gravité). On ne disposait pas de données sur le sexe pour 2 cas (non liés à la COVID-19). Les médecins pouvaient indiquer plusieurs groupes de population. « Asie de l’Est/Asie du Sud-Est » inclut les populations issues de la Chine, des Philippines, du Japon, des Corées et de l’Asie du Sud-Est. « Peuples autochtones » inclut les peuples des Premières Nations, les Inuits et les Métis. Les analyses statistiques comparaient les cas d’un groupe de population indiqué au reste de l’échantillon (p. ex., blanche c. non blanche et noire c. non noire). « Ouest et Nord » inclut 26 cas issus du Manitoba, 18 de l’Alberta, 7 de la Colombie-Britannique et 5 de la Saskatchewan, des Territoires du Nord-Ouest ou du Nunavut. Atlantique inclut le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. Certaines données sont présentées sous forme d’intervalles pour empêcher le rétrocalcul des nombres de cas < 5. Hospitalisations pour infection aiguë par le SRAS-CoV-2 chez des enfants, par mois et par région de résidence. Remarque : Nombre de nouveaux cas admis chaque mois. La région Ouest et Nord inclut l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, la Saskatchewan et le Yukon. La région Atlantique inclut Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. Moins de 5 enfants (< 1,9 %) avaient séjourné à l’extérieur de leur province de résidence (au Canada ou ailleurs dans le monde) au cours des 12 semaines précédant le déclenchement des symptômes. On a dénombré 129 enfants (48,9 %) ayant eu un contact étroit avec un cas confirmé de SRAS-CoV-2 au cours des 8 semaines précédant le déclenchement de leurs symptômes. Les contacts étroits étaient le plus souvent les parents (n = 99, 76,7 %), la fratrie (n = 28, 21,7 %) et d’autres membres de la famille (n = 13, 10,1 %). Vingt infections (7,6 %) ont été acquises par voie nosocomiale (10 dans des établissements de soins de longue durée et 10 dans des hôpitaux). Sept enfants ont contracté la maladie auprès d’un contact connu à l’école ou à la garderie; tous ces cas sont survenus en septembre 2020 ou après. La catégorisation des cas est illustrée à la figure 1. Après examen par les chercheurs, la cause des hospitalisations est demeurée inchangée dans 93,6 % des cas par rapport aux rapports des médecins (annexe 4, figure supplémentaire S1, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content). Parmi les 264 cas, 150 (56,8 %) avaient été hospitalisés en raison de la COVID-19. Les autres (n = 114, 43,2 %) incluaient 100 enfants (87,7 %) hospitalisés pour d’autres raisons et chez qui on a découvert fortuitement une infection par le SRAS-CoV-2 lors du dépistage, 8 enfants (7,0 %) hospitalisés pour être placés en isolement ou pour un contrôle infectieux après un résultat positif au dépistage du SRAS-CoV-2 et moins de 5 enfants (< 4,4 %) hospitalisés pour des raisons sociales. Dans moins de 5 cas (< 1,9 %), la raison de l’hospitalisation n’a pas été précisée et nous n’avons pas pu catégoriser ces cas en raison de données insuffisantes. Quinze cas (5,7 %) répondaient à la fois à la définition de cas du PCSP pour l’hospitalisation en raison d’une infection aiguë par le SRAS-CoV-2 et à la définition du syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant. Les symptômes les plus fréquents chez les 150 enfants hospitalisés en raison de la COVID-19 étaient la fièvre (70,0 %), les vomissements (34,7 %) et la toux (34,4 %) (tableau 2). Les résultats d’analyses de laboratoire qui ont été fréquemment rapportés sont la lymphopénie (20,0 %), l’anémie (14,0 %) et la neutropénie (13,3 %). Une coagulopathie a été observée chez 12,7 % des patients, une hépatite chez 11,3 % et un choc cytokinique chez 6,7 %. La fièvre était également présente chez les nourrissons et les enfants plus âgés (> 1 an), mais ces derniers étaient plus susceptibles de présenter des vomissements, de l’anémie, une pneumonie, de l’hypotension et des signes subjectifs de céphalées et de maux de gorge, tandis que les nourrissons étaient plus susceptibles de présenter des écoulements nasaux, une neutropénie ou une bronchiolite. Le tableau supplémentaire S2 de l’annexe 5 (accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content) fournit une description clinique des cas de COVID-19 excluant ceux qui répondaient aussi à la définition du syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant.
Tableau 2:

Symptômes cliniques à l’arrivée et résultats des analyses de laboratoire chez les enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19

CaractéristiquesNbre (%) d’enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19*Valeur p
Nourrissons (< 1 an)n = 63Enfants plus âgés (1 à < 18 ans)n = 86
Symptômes
 Fièvre44 (69,8)61 (70,9)0,9
 Écoulement nasal22 (34,9)17 (19,8)0,04
 Perte d’appétit21 (33,3)25 (29,1)0,6
 Toux17 (27,0)34 (39,5)0,1
 Vomissements15 (23,8)36 (41,9)0,02
 Détresse respiratoire14 (22,2)26 (30,2)0,3
 Léthargie13 (20,6)16 (18,6)0,8
 Diarrhée12 (19,1)10 (11,6)0,2
 Éruptions cutanées6 (9,5)10 (11,6)0,7
 Éternuements5 (7,9)< 5 (< 5,8)0,08
 Mal de gorge< 5 (< 7,9)20 (23,3)0,001
 Conjonctivite< 5 (< 7,9)6 (7,0)1,0
 Céphalées0 (0,0)16 (18,6)< 0,001
 Douleurs musculaires0 (0,0)13 (15,1)0,001
 Perte de l’odorat0 (0,0)8 (9,3)0,02
 Perte du goût0 (0,0)< 5 (< 5,8)0,3
Résultats d’analyses de laboratoire
 Neutropénie13 (20,6)7 (8,1)0,03
 Lymphopénie8 (12,7)22 (25,6)0,05
 Thrombocytose5 (7,9)< 5 (< 5,8)0,5
 Anémie< 5 (< 7,9)18 (20,9)0,005
Syndrome clinique
 Bronchiolite5 (7,9)0 (0,0)0,01
 Pneumonie< 5 (< 7,9)25 (29,1)0,001
 Hépatite< 5 (< 7,9)15 (17,4)0,007
 Coagulopathie< 5 (< 7,9)14 (16,3)0,07
 SDRA< 5 (< 7,9)8 (9,3)0,08
 Dysfonction cardiaque< 5 (< 7,9)6 (7,0)0,2
 Convulsions< 5 (< 7,9)6 (7,0)0,2
 Encéphalopathie< 5 (< 7,9)< 5 (< 5,8)0,6
 Hypotension0 (0,0)17 (19,8)< 0,001
 Dysfonction rénale0 (0,0)12 (14,0)0,002
 Choc cytokinique/SAM0 (0,0)10 (11,6)0,005

Remarque : SAM = syndrome d’activation macrophagique, SDRA = syndrome de détresse respiratoire aiguë.

Un enfant dont la date de naissance était manquante n’a pas pu être assigné à une catégorie d’âge.

Nous avons réalisé les tests statistiques comparant les nourrissons et les enfants plus âgés.

Symptômes cliniques à l’arrivée et résultats des analyses de laboratoire chez les enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19 Remarque : SAM = syndrome d’activation macrophagique, SDRA = syndrome de détresse respiratoire aiguë. Un enfant dont la date de naissance était manquante n’a pas pu être assigné à une catégorie d’âge. Nous avons réalisé les tests statistiques comparant les nourrissons et les enfants plus âgés. Cinquante-neuf enfants (39,3 %) présentaient au moins 1 comorbidité (tableau 3). Les plus fréquentes étaient l’encéphalopathie chronique avec handicap neurologique grave (11 ≤ n ≤ 14), l’obésité (11 ≤ n ≤ 14), l’asthme (10 ≤ n ≤ 13), les maladies pulmonaires chroniques (à l’exclusion de l’asthme) (10 ≤ n ≤ 13), l’épilepsie (10 ≤ n ≤ 13) et les troubles neurodévelopementaux (7 ≤ n ≤ 10). Neuf des enfants épileptiques étaient atteints d’une deuxième comorbidité neurologique ou neurodévelopementale, dont 5 cas de paralysie cérébrale. On n’a signalé aucune hospitalisation en raison de la COVID-19 chez les enfants atteints d’une maladie inflammatoire de l’intestin, ayant subi une greffe de moelle osseuse ou atteints d’un trouble psychiatrique. L’âge chronologique médian des enfants prématurés hospitalisés (9 ≤ n ≤ 12) était de 0,9 an (écart interquartile [EI] : 0,0–2,6 ans) et leur âge gestationnel médian à la naissance était de 30 semaines (EI : 28–34 semaines). Les hospitalisations liées à la COVID-19 étaient plus probables que celles non liées chez les enfants asthmatiques (6,7 %–8,7 % c. < 4,5 %, p = 0,03) ou atteints d’une maladie métabolique (4,0 % c. 0,0 %, p = 0,04), et moins probables chez les enfants prématurés (6,5 %–8,6 % c. 18,7 %, p = 0,03) ou atteints d’un trouble psychiatrique (0 % c. 4,5 %, p = 0,01) (annexe 6, tableau supplémentaire S3, accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content).
Tableau 3:

Facteurs et comorbidités chroniques associés chez les enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19

CaractéristiquesNbre (%) d’enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19Valeur p
Tableau clinique*
Forme non grave de la maladien = 75Maladie graven = 75
Prématurité (< 37 semaines)< 5 (< 7,1)8 (11,6)0,2
Toute comorbidité20 (26,7)39 (52,0)0,001
 Encéphalopathie chronique avec handicap neurologique grave§< 5 (< 6,7)10 (13,3)0,005
 Obésité< 5 (< 6,7)10 (13,3)0,04
 Asthme< 5 (< 6,7)9 (12,0)0,07
 Maladie pulmonaire chronique (excluant l’asthme)< 5 (< 6,7)9 (12,0)0,009
 Épilepsie< 5 (< 6,7)9 (12,0)0,03
 Maladie gastrointestinale ou hépatique< 5 (< 6,7)7 (9,3)0,2
 Trouble neurodéveloppemental§< 5 (< 6,7)6 (8,0)0,7
 Maladie rénale chronique< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)
 Immunosuppression< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)
 Maladie métabolique< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)
 Autres anomalies congénitales< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)
 Autres affections neurologiques§< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)
 Anémie falciforme ou autre hémopathie< 5 (< 6,7)< 5 (< 6,7)
 Cancer< 5 (< 6,7)0 (0,0)0,5
 Transplantation d’organe plein< 5 (< 6,7)0 (0,0)1,0
 Cardiopathie congénitale0 (0,0)< 5 (< 6,7)0,2
 Diabète0 (0,0)< 5 (< 6,7)0,5
 Trachéotomie0 (0,0)< 5 (< 6,7)1,0
 Greffe de moelle osseuse0 (0,0)0 (0,0)
 Maladie inflammatoire de l’intestin0 (0,0)0 (0,0)
 Trouble psychiatrique0 (0,0)0 (0,0)
Infection concomitante0,2
 Infection expliquant en tout ou en partie des symptômes de COVID-19< 5 (< 6,7)7 (9,3)
 Infection concomitante jugée sans lien, et symptômes entièrement expliqués par la COVID-19< 5 (< 6,7)5 (6,7)

Nous avons défini le tableau clinique à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15. « Forme non grave de la maladie » regroupe les cas légers et modérés; « maladie grave » regroupe les cas graves et critiques.

Nous avons procédé à des tests statistiques comparant les formes non graves et graves de la maladie. Nous montrons les valeurs p uniquement pour les cas où au moins une fréquence exacte est présentée.

Le statut à l’égard de la prématurité était connu pour 139 enfants (dont 70 cas non graves et 69 graves).

« Encéphalopathie chronique avec handicap neurologique grave » inclut des maladies qui causent des difficultés motrices (c.-à-d., 5 selon la classification de la fonction motrice globale [Palisano]) et cognitives substantielles. « Trouble neurodéveloppemental » inclut des affections comme le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, le trouble du spectre de l’autisme et la trisomie 21. Les « autres affections neurologiques » sont des affections que nous n’avons pas par ailleurs caractérisées comme une encéphalopathie chronique, une maladie métabolique, une maladie neurodéveloppementale ou un trouble psychiatrique.

Facteurs et comorbidités chroniques associés chez les enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19 Nous avons défini le tableau clinique à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15. « Forme non grave de la maladie » regroupe les cas légers et modérés; « maladie grave » regroupe les cas graves et critiques. Nous avons procédé à des tests statistiques comparant les formes non graves et graves de la maladie. Nous montrons les valeurs p uniquement pour les cas où au moins une fréquence exacte est présentée. Le statut à l’égard de la prématurité était connu pour 139 enfants (dont 70 cas non graves et 69 graves). « Encéphalopathie chronique avec handicap neurologique grave » inclut des maladies qui causent des difficultés motrices (c.-à-d., 5 selon la classification de la fonction motrice globale [Palisano]) et cognitives substantielles. « Trouble neurodéveloppemental » inclut des affections comme le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, le trouble du spectre de l’autisme et la trisomie 21. Les « autres affections neurologiques » sont des affections que nous n’avons pas par ailleurs caractérisées comme une encéphalopathie chronique, une maladie métabolique, une maladie neurodéveloppementale ou un trouble psychiatrique. Au total, 75 enfants (50,0 %) ont été placés dans la catégorie des formes non graves de la maladie et 75 (50,0 %), dans la catégorie des formes graves (tableau 4). La proportion de nourrissons hospitalisés en raison de la COVID-19 qui répondaient aux critères de maladie grave était inférieure à celle des enfants de plus d’un an (33,4 % c. 62,8 %; p = 0,001) (tableau 4). Trente-deux patients (21,3 %) ont été admis dans une USI (dont < 5 à l’USI néonatale) et 9 ont eu besoin de ventilation mécanique. Moins de 5 cas signalés au PCSP se sont terminés par un décès. Les enfants gravement malades hospitalisés (tableau 3) étaient plus susceptibles de présenter une comorbidité sous-jacente que les enfants présentant une forme non grave de la maladie (52,0 % c. 26,7 %; p = 0,001). Ceux qui présentaient une maladie grave étaient également plus susceptibles de présenter plusieurs comorbidités sousjacentes (c. 0 ou 1 comorbidité, n = 19, 25,3 %) que les patients présentant une forme non grave de la maladie (n = 6, 8,0 %; p = 0,005). Finalement, les enfants présentant une maladie grave étaient plus susceptibles d’être atteints d’épilepsie (c. non épileptiques; 12,0 % c. < 6,7 %; p = 0,03), d’encéphalopathie chronique avec handicap neurologique grave (c. sans encéphalopathie; 13,3 % c. < 6,7; p = 0,005), d’obésité (c. non obèse; 13,3 % c. < 6,7 %; p = 0,04), ou d’une maladie pulmonaire chronique (MPC) (à l’exclusion de l’asthme; c. sans MPC; 12,0 % c. < 6,7 %; p = 0,009). On n’a noté aucune différence quant à la gravité de la maladie chez les enfants immunosupprimés comparativement aux enfants immunocompétents (< 6,7 % chacun; p = 1,00).
Tableau 4:

Gravité de la maladie, soins fournis et signes radiographiques chez les enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19

CaractéristiquesNbre (%) d’enfants hospitalisés pour la COVID-19Valeur p
Tous les casn = 150Âge*
Nourrissons (< 1 an)n = 63Enfants plus âgés (1 à < 18 ans)n = 86
Tableau clinique à l’arrivée0,001
 Maladie légère44 (29,3)25 (39,7)19 (22,1)
 Maladie modérée31 (20,7)17 (27,0)13 (15,1)
 Maladie grave23 (15,3)10 (15,9)13 (15,1)
 Maladie critique52 (34,7)11 (17,5)41 (47,7)
Assistance respiratoire ou hémodynamique requise42 (28,0)10 (15,9)32 (37,2)0,004
 Oxygène à faible débit23 (15,3)7 (11,1)16 (18,6)0,2
 Canule nasale à haut débit14 (9,3)0 (0,0)14 (16,3)< 0,001
 Ventilation non effractive (p. ex., CPAP ou BiPAP)8 (5,3)< 5 (< 7,9)5–7 (5,8–8,1)§1,0
 Ventilation mécanique classique9 (6,0)< 5 (< 7,9)5–8 (5,8–9,3)§0,7
 Ventilation oscillatoire à haute fréquence< 5 (< 3,3)< 5 (< 7,9)0 (0,0)0,4
 Oxyde nitrique< 5 (< 3,3)0 (0,0)< 5 (< 5,8)1,0
 Vasopresseurs8 (5,3)0 (0,0)8 (9,3)0,02
Hospitalisation à l’USI32 (21,3)6 (9,5)26 (30,2)0,002
Signes radiographiques, n/patients ayant subi des épreuves d’imagerie, %
 Anomalies à la radiographie pulmonaire40/103 (38,8)12/41 (29,3)27/61 (44,3)0,1
 Anomalies à la TDM7/15 (46,7)0 (0,0)7/15 (46,7)
Décès< 5 (< 3,3)0 (0,0)< 5 (< 5,8)1,0

Remarque : BiPAP = bilevel positive airway pressure [ventilation en pression positive à 2 niveaux], CPAP = continuous positive airway pressure [ventilation en pression positive continue], TDM = tomodensitométrie, USI = unité de soins intensifs.

Nous avons été incapables d’assigner une catégorie d’âge à un enfant pour qui la date de naissance était manquante.

Nous avons effectué des tests statistiques comparant les nourrissons et les enfants plus âgés. Nous avons imputé aux données manquantes ou inconnues la valeur nulle; et la proportion indiquée pour les valeurs manquantes ou nulles était < 5 % pour toutes les variables.

Nous avons défini les catégories de gravité à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15; les définitions sont présentées à l’annexe 2 (accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content).

Certaines données sont présentées sous forme d’intervalles pour empêcher le rétrocalcul des nombres de cas < 5.

Gravité de la maladie, soins fournis et signes radiographiques chez les enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19 Remarque : BiPAP = bilevel positive airway pressure [ventilation en pression positive à 2 niveaux], CPAP = continuous positive airway pressure [ventilation en pression positive continue], TDM = tomodensitométrie, USI = unité de soins intensifs. Nous avons été incapables d’assigner une catégorie d’âge à un enfant pour qui la date de naissance était manquante. Nous avons effectué des tests statistiques comparant les nourrissons et les enfants plus âgés. Nous avons imputé aux données manquantes ou inconnues la valeur nulle; et la proportion indiquée pour les valeurs manquantes ou nulles était < 5 % pour toutes les variables. Nous avons défini les catégories de gravité à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15; les définitions sont présentées à l’annexe 2 (accessible en anglais au www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.210053/tab-related-content). Certaines données sont présentées sous forme d’intervalles pour empêcher le rétrocalcul des nombres de cas < 5. Environ 1 patient sur 4 a reçu des corticostéroïdes systémiques, et 7 (4,7 %) ont reçu du remdésivir, de l’hydroxychloroquine, de la chloroquine ou d’autres immunomodulateurs, y compris des agents biologiques (tableau 5). Quatre-vingt-un enfants (54,0 %), dont 40,7 % étaient des nourrissons, ont reçu des antibiotiques systémiques, et 6, soit 2 %, étaient atteints d’anémie falciforme. Aucun patient n’a reçu de plasma de convalescents du SRAS-CoV-2 ni d’anticorps monoclonaux, et aucun enfant n’a été inscrit à un essai clinique sur un traitement pour la COVID-19. Les enfants qui présentaient une maladie grave étaient plus susceptibles d’avoir reçu de l’azithromycine, des corticostéroïdes, des immunoglobulines et des anticoagulants (tableau 5).
Tableau 5:

Traitements administrés aux enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19

CaractéristiquesNbre (%) d’enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19Valeur p
Tableau clinique*
Forme non grave de la maladien = 75Maladie graven = 75
Type de traitement
 Antibiotiques (p. ex., ceftriaxone)35 (46,7)46 (61,3)0,07
 Corticostéroïdes< 5 (< 6,7)32 (42,7)< 0,001
 Immunoglobulines (IV)< 5 (< 6,7)15 (20,0)0,003
 Bronchodilatateur< 5 (< 6,7)14 (18,7)0,005
 Anticoagulothérapie§< 5 (< 6,7)11 (14,7)0,009
 Azithromycine0 (0,0)9 (12,0)0,003
 AAS< 5 (< 6,7)8 (10,7)0,1
 Antiviral§< 5 (< 6,7)5 (6,7)0,7
 Agent biologique§0 (0,0)< 5 (< 6,7)0,5
 Chloroquine§0 (0,0)< 5 (< 6,7)0,1
Inscription à un essai clinique0 (0,0)0 (0,0)

Remarque : AAS = acide acétylsalicylique, IL = interleukine, IV = administration intraveineuse, TNF = facteur de nécrose tumorale.

Nous avons défini le tableau clinique à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15. « Forme non grave de la maladie » regroupe les cas légers et modérés; « maladie grave » regroupe les cas graves et critiques.

Nous avons procédé à des tests statistiques comparant les formes non graves et graves de la maladie. Nous avons imputé aux données manquantes ou inconnues la valeur nulle; la proportion indiquée pour les valeurs manquantes ou nulles était de < 5 % pour toutes les variables.

Inclut l’azithromycine. Tous les patients à qui on a administré de l’azithromycine ont aussi reçu un autre antibiotique.

L’anticoagulothérapie inclut l’administration mécanique, prophylactique et thérapeutique. Les antiviraux incluent le remdésivir et d’autres. Les agents biologiques incluent les agents anti-TNF, anti-IL-1 et anti-IL-6. « Chloroquine » inclut la chloroquine et l’hydroxychloroquine.

Traitements administrés aux enfants hospitalisés pour un cas de COVID-19 Remarque : AAS = acide acétylsalicylique, IL = interleukine, IV = administration intraveineuse, TNF = facteur de nécrose tumorale. Nous avons défini le tableau clinique à partir des critères modifiés de Dong et ses collègues15. « Forme non grave de la maladie » regroupe les cas légers et modérés; « maladie grave » regroupe les cas graves et critiques. Nous avons procédé à des tests statistiques comparant les formes non graves et graves de la maladie. Nous avons imputé aux données manquantes ou inconnues la valeur nulle; la proportion indiquée pour les valeurs manquantes ou nulles était de < 5 % pour toutes les variables. Inclut l’azithromycine. Tous les patients à qui on a administré de l’azithromycine ont aussi reçu un autre antibiotique. L’anticoagulothérapie inclut l’administration mécanique, prophylactique et thérapeutique. Les antiviraux incluent le remdésivir et d’autres. Les agents biologiques incluent les agents anti-TNF, anti-IL-1 et anti-IL-6. « Chloroquine » inclut la chloroquine et l’hydroxychloroquine.

Interprétation

Nous avons décrit les manifestations cliniques, les caractéristiques, la gravité de la maladie et le traitement de la plupart des enfants atteints d’une infection au SRAS-CoV-2 hospitalisés au Canada entre le 25 mars et le 31 décembre 2020. Même si le signalement au PCSP était volontaire, la participation des pédiatres canadiens a permis de recueillir des données concernant environ 70 % de tous les enfants qui avaient contracté le SRAS-CoV-2 au moment de leur hospitalisation. Selon notre étude, le tableau clinique et la gravité de la maladie causée par le SRAS-CoV-2 ont été différents chez les enfants et les adultes au cours de la première partie de la pandémie de COVID-19 au Canada. Bien qu’il ait été récemment démontré que les enfants présentent la séroprévalence la plus élevée d’anticorps anti-SRAS-CoV-2 parmi tous les groupes d’âge au Canada (3,3 %), le nombre relativement faible d’hospitalisations pédiatriques vient confirmer que l’infection est moins grave chez les enfants que chez les adultes, même si elle peut être plus fréquente chez les enfants18. De nombreux enfants ayant contracté le SRAS-CoV-2 au Canada n’ont probablement pas reçu de diagnostic parce qu’ils étaient asymptomatiques, et ils ont été sous-représentés dans les tests de dépistage positifs signalés dans les différentes provinces19,20. Notre observation que près de la moitié (43,8 %) des enfants hospitalisés qui avaient contracté le SRAS-CoV-2 s’étaient retrouvés à l’hôpital pour d’autres raisons médicales, pour des raisons sociales ou pour un contrôle infectieux vient étayer cette hypothèse. La moitié des enfants hospitalisés en raison de la COVID-19 (50,0 %) avaient une forme grave de la maladie, 21,3 % ont dû être admis dans une USI et 13,3 % ont eu besoin d’une assistance cardiaque ou respiratoire plus au-delà d’une simple oxygénothérapie à faible débit. Nous avons observé un degré de gravité différent comparativement à de précédentes études pédiatriques. Une étude descriptive de 2020 menée en Italie sur 130 enfants hospitalisés en raison de la COVID-19 a révélé que 15,4 % présentaient une forme grave ou critique de la maladie21. Les différences de classification des patients asymptomatiques (infection par le SRAS-CoV-2 découverte fortuitement pendant notre analyse) pourraient expliquer ces discordances. Le taux d’admission à l’USI dans notre étude était plus élevé que celui rapporté dans une revue systématique de 202022, mais similaire à celui d’une étude de cohorte observationnelle multicentrique prospective volumineuse menée au Royaume-Uni23. Des différences régionales dans les approches cliniques tôt au cours de la pandémie, y compris la tendance à admettre les patients dans une USI pour une surveillance étroite plutôt que pour une assistance cardiaque ou respiratoire, pourraient expliquer les différences entre les résultats des études. Comme c’était le cas dans plusieurs études publiées, les décès attribuables à la COVID-19 ont été rares dans notre échantillon24. Nos observations concordent avec celles de quelques études8,21,25 et d’une méta-analyse26 récentes, selon lesquelles les enfants présentant certaines comorbidités seraient plus susceptibles de présenter une forme grave de la COVID-19. Nous avons également constaté, comme dans d’autres études, que la plupart des enfants hospitalisés en raison d’une COVID-19 aiguë n’avaient besoin que de soins de soutien, et que seuls quelques-uns ont reçu un traitement ciblé pour la COVID-19, par exemple l’administration de remdésivir, d’hydroxychloroquine, de chloroquine, d’agents biologiques, d’anticoagulants, de corticostéroïdes ou d’immunoglobulines27. Bien que cela puisse être dû à la nature moins grave de la maladie chez les enfants, l’évolution des données probantes associées à ces interventions chez les enfants peut aussi avoir joué un rôle. Fait à noter : aucun des enfants de cette étude n’a été inscrit à l’un ou l’autre des essais cliniques accessibles aux enfants atteints de la COVID-19 au Canada, ce qui vient souligner la difficulté de procéder à des essais cliniques chez les enfants et explique, en partie, le volume insuffisant de données probantes pour orienter les soins pédiatriques. Nos résultats suggèrent une distribution bimodale selon l’âge avec des maximums chez les nourrissons et les adolescents. L’incidence minimale plus élevée des hospitalisations pour COVID-19 chez les nourrissons, combinée à des proportions moindres de cas de maladie grave, pourrait s’expliquer par 2 facteurs. Premièrement, les médecins qui voient ces patients peuvent avoir été plus prudents (en optant pour l’hospitalisation à des fins d’observation plutôt que pour un congé à domicile). Deuxièmement, dans plusieurs établissements, la pratique veut que l’on hospitalise tout enfant âgé de moins de 6 à 12 semaines qui présente de la fièvre24,28,29. Ces facteurs peuvent aussi expliquer pourquoi nos observations diffèrent de celles d’autres études, selon lesquelles les nourrissons (< 1 an) présentaient un risque plus élevé de maladie grave21,22. La proportion plus élevée de cas chez les adolescents pourrait indiquer que la maladie est plus grave dans ce groupe d’âge; il se pourrait aussi que ce groupe soit exposé à un risque accru de contracter l’infection comparativement aux enfants plus jeunes24,30. Le nombre d’enfants présentant certaines comorbidités ici à l’étude était faible, mais l’absence de cas chez les enfants immunosupprimés (p. ex., atteints de cancer, receveurs de transplantation ou sous traitement immunosuppresseur) pourrait donner lieu à un optimisme prudent, quoiqu’un nombre relativement important d’enfants atteints de problèmes neurologiques ait été rapporté. Il faudra approfondir la recherche sur les caractéristiques de ce groupe hétérogène pour déterminer si certaines populations (p. ex., enfants atteints de paralysie cérébrale ou de troubles neurodévelopementaux) sont exposées à un risque plus grand en raison de la complexité de leur état de santé sous-jacent, à des risques d’exposition particuliers (p. ex., multiples intervenants médicaux à la maison, à l’école ou dans un établissement de soins de longue durée) ou aux 2 facteurs31. À mesure que les données s’accumuleront, il sera important de suivre l’évolution clinique des enfants présentant des facteurs de risque de maladie grave associés à d’autres virus respiratoires, par exemple les enfants prématurés ou atteint d’asthme et d’autres maladies respiratoires chroniques et d’étudier d’éventuelles différences de gravité associées aux divers variants de SRAS-CoV-2.

Limites de l’étude

Notre étude est limitée par la nature volontaire des signalements au PCSP. En outre, il n’a pas été possible d’obtenir de rapports de cas complets de l’Alberta. Étant donné que les protocoles de dépistage du SRAS-CoV-2 ont varié d’une province à l’autre et tout au long de la période de l’étude et qu’ils se limitaient durant les premiers mois de la pandémie uniquement aux enfants symptomatiques, le nombre total d’enfants hospitalisés pour une infection découverte fortuitement pourrait avoir été sous-estimé. Nous sommes incapables de discuter de la gravité des comorbidités sous-jacentes rapportées, et les nombres de cas rapportés pour chaque comorbidité et facteur de risque nous ont empêchés de procéder à des analyses de régression multivariées afin de tenir compte de possibles facteurs de confusion. Bien que nous ayons décrit la distribution des cas par groupes de population, nous n’avons pas pu tirer de conclusions parce que cette variable n’a pas été rapportée par les familles. Finalement, nous avons réalisé cette étude à un moment où des mesures sanitaires strictes, y compris de distanciation physique, étaient en place partout au pays, et avant l’arrivée au Canada de variants sous surveillance du SRAS-CoV-2. La modification des pratiques de distanciation physique et l’évolution du virus pourraient entraîner des changements dans l’épidémiologie de la COVID-19 chez les enfants. Néanmoins, notre étude a permis de mettre en évidence les causes d’hospitalisation et de faire la distinction entre la découverte fortuite du SRAS-CoV-2 à la suite d’une hospitalisation et les hospitalisations liées à la COVID-19 chez les enfants au Canada.

Conclusion

Nous avons constaté que le nombre total d’enfants atteints d’une infection par le SRAS-CoV-2 hospitalisés au Canada était faible, et que près de la moitié des infections recensées avaient été découvertes fortuitement. À mesure que la pandémie évolue, il faudra surveiller de manière circonspecte tout changement potentiel dans l’épidémiologie de l’infection par le SRAS-CoV-2 chez les enfants. Il est important de mieux comprendre le portrait global de la maladie et de sa gravité chez les enfants, et de déterminer quels groupes d’enfants sont à risque, de manière à pouvoir planifier le déploiement de la vaccination contre le SRAS-CoV-2 et établir les priorités dans ce groupe d’âge.
  21 in total

1.  COVID-19 Disease Severity Risk Factors for Pediatric Patients in Italy.

Authors:  Stefania Bellino; Ornella Punzo; Maria Cristina Rota; Martina Del Manso; Alberto Mateo Urdiales; Xanthi Andrianou; Massimo Fabiani; Stefano Boros; Fenicia Vescio; Flavia Riccardo; Antonino Bella; Antonietta Filia; Giovanni Rezza; Alberto Villani; Patrizio Pezzotti
Journal:  Pediatrics       Date:  2020-07-14       Impact factor: 7.124

2.  Assessment of 135 794 Pediatric Patients Tested for Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 Across the United States.

Authors:  L Charles Bailey; Hanieh Razzaghi; Evanette K Burrows; H Timothy Bunnell; Peter E F Camacho; Dimitri A Christakis; Daniel Eckrich; Melody Kitzmiller; Simon M Lin; Brianna C Magnusen; Jason Newland; Nathan M Pajor; Daksha Ranade; Suchitra Rao; Olamiji Sofela; Janet Zahner; Cortney Bruno; Christopher B Forrest
Journal:  JAMA Pediatr       Date:  2021-02-01       Impact factor: 16.193

3.  Epidemiology of COVID-19 Among Children in China.

Authors:  Yuanyuan Dong; Xi Mo; Yabin Hu; Xin Qi; Fan Jiang; Zhongyi Jiang; Shilu Tong
Journal:  Pediatrics       Date:  2020-03-16       Impact factor: 7.124

4.  Susceptibility to SARS-CoV-2 Infection Among Children and Adolescents Compared With Adults: A Systematic Review and Meta-analysis.

Authors:  Russell M Viner; Oliver T Mytton; Chris Bonell; G J Melendez-Torres; Joseph Ward; Lee Hudson; Claire Waddington; James Thomas; Simon Russell; Fiona van der Klis; Archana Koirala; Shamez Ladhani; Jasmina Panovska-Griffiths; Nicholas G Davies; Robert Booy; Rosalind M Eggo
Journal:  JAMA Pediatr       Date:  2021-02-01       Impact factor: 16.193

5.  Characteristic of COVID-19 infection in pediatric patients: early findings from two Italian Pediatric Research Networks.

Authors:  Niccolò Parri; Anna Maria Magistà; Federico Marchetti; Barbara Cantoni; Alberto Arrighini; Marta Romanengo; Enrico Felici; Antonio Urbino; Liviana Da Dalt; Lucio Verdoni; Benedetta Armocida; Benedetta Covi; Ilaria Mariani; Roberta Giacchero; Anna Maria Musolino; Marco Binotti; Paolo Biban; Silvia Fasoli; Chiara Pilotto; Flavia Nicoloso; Massimiliano Raggi; Elisabetta Miorin; Danilo Buonsenso; Massimo Chiossi; Rino Agostiniani; Anna Plebani; Maria Antonietta Barbieri; Marcello Lanari; Serena Arrigo; Elena Zoia; Matteo Lenge; Stefano Masi; Egidio Barbi; Marzia Lazzerini
Journal:  Eur J Pediatr       Date:  2020-06-03       Impact factor: 3.183

6.  Epidemiology and transmission of COVID-19 in 391 cases and 1286 of their close contacts in Shenzhen, China: a retrospective cohort study.

Authors:  Qifang Bi; Yongsheng Wu; Shujiang Mei; Chenfei Ye; Xuan Zou; Zhen Zhang; Xiaojian Liu; Lan Wei; Shaun A Truelove; Tong Zhang; Wei Gao; Cong Cheng; Xiujuan Tang; Xiaoliang Wu; Yu Wu; Binbin Sun; Suli Huang; Yu Sun; Juncen Zhang; Ting Ma; Justin Lessler; Tiejian Feng
Journal:  Lancet Infect Dis       Date:  2020-04-27       Impact factor: 25.071

7.  Severe COVID-19 Infection and Pediatric Comorbidities: A Systematic Review and Meta-Analysis.

Authors:  Boyan K Tsankov; Joannie M Allaire; Michael A Irvine; Alison A Lopez; Laura J Sauvé; Bruce A Vallance; Kevan Jacobson
Journal:  Int J Infect Dis       Date:  2020-11-20       Impact factor: 3.623

8.  SARS-COV-2 infection in children and newborns: a systematic review.

Authors:  Ilaria Liguoro; Chiara Pilotto; Margherita Bonanni; Maria Elena Ferrari; Anna Pusiol; Agostino Nocerino; Enrico Vidal; Paola Cogo
Journal:  Eur J Pediatr       Date:  2020-05-18       Impact factor: 3.860

9.  Clinical characteristics of children and young people admitted to hospital with covid-19 in United Kingdom: prospective multicentre observational cohort study.

Authors:  Olivia V Swann; Karl A Holden; Lance Turtle; Louisa Pollock; Cameron J Fairfield; Thomas M Drake; Sohan Seth; Conor Egan; Hayley E Hardwick; Sophie Halpin; Michelle Girvan; Chloe Donohue; Mark Pritchard; Latifa B Patel; Shamez Ladhani; Louise Sigfrid; Ian P Sinha; Piero L Olliaro; Jonathan S Nguyen-Van-Tam; Peter W Horby; Laura Merson; Gail Carson; Jake Dunning; Peter J M Openshaw; J Kenneth Baillie; Ewen M Harrison; Annemarie B Docherty; Malcolm G Semple
Journal:  BMJ       Date:  2020-08-27

Review 10.  Coronavirus Infections in Children Including COVID-19: An Overview of the Epidemiology, Clinical Features, Diagnosis, Treatment and Prevention Options in Children.

Authors:  Petra Zimmermann; Nigel Curtis
Journal:  Pediatr Infect Dis J       Date:  2020-05       Impact factor: 3.806

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