Inès Regas1,2,3, Marine Pichonnat1,2,3, Isabelle Pluvy1,2,3, Laurent Obert1,2,3, Philippe Bellemère4, Camilo Chaves4, François Loisel1,2,3. 1. Service d'orthopédie, de traumatologie, de chirurgie plastique, reconstructrice et assistance main, CHU de Besançon, 3 boulevard Alexandre Fleming, 25030 Besançon, France. 2. Université de Bourgogne Franche-Comté, Sciences médicales et pharmaceutiques, 19 rue Ambroise Paré, 25030 Besançon, France. 3. Nanomédecine, imagerie, thérapeutique-EA 4662, Université de Bourgogne Franche-Comté, Sciences médicales et pharmaceutiques, 19 rue Ambroise Paré, 25030 Besançon, France. 4. Institut de la Main Nantes Atlantique, Boulevard Charles-Gautier, 44800 Saint Herblain, France.
La pandémie de COVID-19 a affecté la France dès le début de l’année 2020, en particulier le Nord-Est du pays. Les patients avec des facteurs de risques tels que l’obésité, l’immunodépression et l’âge avancé ont présenté plus de formes graves d’infection nécessitant une hospitalisation en réanimation [1].L’État français a pris des mesures restrictives en imposant un confinement du 17 mars 2020 au 11 mai 2020. Les régions ont été divisées en deux zones : « rouge », COVID-19 ou « verte», non COVID-19 selon le taux d’incidence du virus et les capacités d’accueil des services de réanimation [2]. Les hôpitaux ont déprogrammé les opérations chirurgicales qualifiées de non urgentes dans le but de libérer des lits et du personnel pour ces nouveaux malades [3], [4].La pratique de la chirurgie de la main a été impacté avec des modifications des pratiques professionnelles [5]. L’activité de certains centres SOS main français a diminué de 64,9 % [6] et de 20 % à l’étranger [7].L’objectif principal était de comparer l’incidence des pathologies d’urgences de 2 centres SOS main, en zone COVID-19 et zone non COVID-19 entre la période du premier confinement français de la pandémie COVID-19 et hors pandémie (sur la même période en 2019 = groupe témoin).Les objectifs secondaires étaient d’identifier les patients à risque afin de développer des moyens de prévention en traumatologie de la main.
Patients et méthodes
Il s’agissait d’une étude rétrospective bi-centrique comparative à visée épidémiologique sur les admissions aux urgences traumatologiques de deux centres agréés SOS main par la FESUM pendant le premier confinement français du 17 mars 2020 au 11 mai 2020. Les données ont été comparées à l’épidémiologie de la même période en 2019. Cette période a été sélectionnée afin de minimiser la variabilité saisonnière des incidences des traumatismes de la main.
Données recueillies
Les données ont été recueillies de manière anonyme dans un fichier Excel protégé, selon les recommandations STROBE et STROCCS. Les patients ont donné leur consentement pour l’utilisation des données en accord avec la convention d’Helsinki (Fig. 1
).
Fig. 1
Données recueillies dans les deux centres SOS main. Accident de la vie courante: traumatisme non intentionnel qui ne survient ni sur la route (accident de la circulation), ni pendant les heures de travail (accident de travail). Ils sont répartis entre les accidents domestiques, les accidents survenant à l’extérieur (magasin, trottoir,.), les accidents de sport et les accidents de vacances et loisirs).
Données recueillies dans les deux centres SOS main. Accident de la vie courante: traumatisme non intentionnel qui ne survient ni sur la route (accident de la circulation), ni pendant les heures de travail (accident de travail). Ils sont répartis entre les accidents domestiques, les accidents survenant à l’extérieur (magasin, trottoir,.), les accidents de sport et les accidents de vacances et loisirs).
Définition
Nous avons classé la sévérité de la lésion en deux catégories :traumatisme simple uni-lésionnel ;traumatisme complexe ou pluri-lésionnel, lorsqu’il existait une atteinte d’au moins deux tissus ou une atteinte de plusieurs doigts.
Critères inclusion et exclusion des patients
Tous les patients inclus étaient âgés de plus de 15 ans, se sont présentés dans un de nos centres SOS main, avec une ou plusieurs lésions post-traumatiques, ou infection de la main et du poignet.Les patients exclus étaient les mineurs de moins de 15 ans (pris en charge dans une autre unité), ou les polytraumatisés présentant des lésions associées aux traumatismes de la main ou du poignet, ou les patients ne présentant pas de traumatisme de la main ou du poignet, ou ne souhaitant pas rentrer dans notre protocole de prise en charge.
Statistiques
Les données ont été analysées avec le logiciel SPSS PASW Statistics 18 (SPSS, Inc., Chicago, Illinois). Le seuil de significativité était fixé à 5 %.Les variables qualitatives ont été présentées avec les taux (n) et les proportions (pourcentages), les variables quantitatives ont été présentées avec une moyenne et un écart-type.Une analyse statistique descriptive a été effectuée en deux groupes (2019 vs 2020) ou (zone COVID-19 vs non COVID-19). Les différences potentielles entre les taux et les proportions des évènements ont été évaluées par le test du Khi2 ou le test exact de Fisher pour les données qualitatives et le test de Student pour les données quantitatives.
Résultats
Caractéristiques de la population
Pendant le confinement, 2055 patients ont consulté pour un traumatisme de la main ou du poignet dans les 2 centres : 1737 dans la zone non COVID-19 et 318 dans la zone COVID-19 (Tableau 1, Tableau 2
).
Tableau 1
Caractéristiques démographiques des traumatismes de la main et du poignet dans les 2 centres SOS main COVID-19 et non-COVID-19 pendant le 1er confinement.
Zone COVID-19
Zone non COVID-19
p
n
%
n
%
Sexe
Homme
213
67
1105
64
0,325
Femme
105
33
632
36
Âge (ans)
15–30
95
30
481
28
0,407
31–45
83
26
541
31
0,125
46–60
62
20
402
23
0,124
61–75
52
16
222
13
0,150
>75
26
8
91
5
0,036
Profession
Forte
148
47
625
36
0,048
Intermédiaire
73
23
678
39
Faible
97
30
434
25
Motif consultation
Traumatismes ouverts
249
78
923
53
0,061
Plaies
247
78
877
50
<0,0001
simples
137
43
569
37
<0,0001
complexes
110
35
308
17
<0,0001
tendineuse
55
17
201
12
<0,0001
microchirurgicale
38
12
107
6
<0,0001
Amputations
8
3
41
2
0,01
Brûlures
2
1
5
<0,005
<0,0001
Fractures
105
33
263
15
0,056
Fermées
62
19
170
10
<0,0001
Ouvertes
43
14
93
5
<0,0001
Infections
16
5
378
22
<0,0001
Traumatismes fermés
6
2
173
10
<0,0001
Circonstances
Accident travail
47
15
195
11
<0,0001
Accident de la vie courante
262
82
1514
87
0,131
Automutilation
4
1
5
<0,5
0,001
Agression
5
2
18
1
0,573
AVP
0
0
5
<0,5
0,317
Traitement
Médical
116
36
378
22
0,084
Chirurgical
202
64
1359
78
Hospitalisation
Conventionnelle
47
15
169
9,7
<0,0001
Ambulatoire
271
85
1568
90,3
318
100
1737
100
AVP : accident de la voie publique.
Tableau 2
Épidémiologie des traumatismes de la main et du poignet pendant le 1er confinement comparé à la même période en 2019.
Zone COVID-19
Zone non COVID-19
2019
2020
2019
2020
n
%
n
%
Δ%
p
n
%
n
%
Δ%
p
Sexe
Homme
338
69
213
67
−2
0,551
1464
64
1105
64
0
0,824
Femme
152
31
105
33
+2
823
36
632
36
0
Âge (ans)
15–30
163
33
95
30
−3
0,332
524
23
481
28
+5
0,001
31–45
140
29
83
26
−3
0,432
796
35
541
31
−4
0,014
46–60
95
19
62
20
0
0,981
615
27
402
23
−4
0,007
61–75
55
11
52
16
+5
0,037
295
13
222
13
0
0,917
>75
37
8
26
8
0
0,752
57
2
91
5
+3
<0,0001
Motif consultation
Traumatismes ouverts
309
67
249
78
+11
<0,0001
1342
59
923
53
−6
<0,0001
Plaies
283
58
247
78
+20
<0,0001
1267
55
877
50
−5
<0,0001
simples
203
41
137
43
+2
0,642
929
40
569
37
−3
<0,0001
complexes
80
16
110
35
+19
<0,0001
338
15
308
17
+2
<0,0001
tendineuse
64
13
55
17
+4
0,097
202
9
201
12
+3
<0,0001
microchirurgicale
21
4
38
12
+8
<0,0001
136
6
107
6
+0
0,275
Amputations
19
4
8
2,5
−1,5
0,293
75
3
41
2
−1
0,084
Brûlures
11
2
2
0,6
−1,4
0,0074
0
0
5
<0,005
+0,005
0,01
Fractures
167
34
105
33
−1
0,755
259
11,5
263
15
+3,5
<0,0001
Fermées
126
26
62
19
−7
0,041
156
9
170
10
+1
0,056
Ouvertes
41
8
43
14
+6
0,019
103
4,5
93
5
+0,5
<0,0001
Infections
39
8
16
5
−3
0,106
631
28
378
22
−6
<0,0001
Traumatismes fermés
5
1
6
1,9
+0,9
0,299
55
2,5
173
10
+7,5
<0,0001
Circonstances
Accident travail
113
23
47
15
−8
0,004
709
31
195
11,2
−19,8
<0,0001
Accident de la vie courante
369
75
262
82
+7
<0,0001
1562
68,3
1514
87,1
+18,8
<0,0001
Automutilation
4
1
4
1
0
0,536
2
0,1
5
0,3
+0,2
0,131
Agression
4
1
5
2
+1
0,317
5
0,2
18
1,1
+0,9
0,001
AVP
0
0
0
0
0
0
9
0,4
5
0,3
−0,1
0,573
Traitement
Médical
224
46
116
36
−10
0,009
468
21
378
22
+1
0,317
Chirurgical
266
54
202
64
+10
1819
79
1359
78
−1
Hospitalisation
Conventionnelle
63
13
47
15
+2
0,436
185
8,1
169
9,7
+1,6
0,679
Ambulatoire
427
87
271
85
−2
2102
91,9
1568
90,3
−1,6
490
100
318
100
−35
2287
100
1737
100
−24
AVP : accident de la voie publique.
Caractéristiques démographiques des traumatismes de la main et du poignet dans les 2 centres SOS main COVID-19 et non-COVID-19 pendant le 1er confinement.AVP : accident de la voie publique.Épidémiologie des traumatismes de la main et du poignet pendant le 1er confinement comparé à la même période en 2019.AVP : accident de la voie publique.L’âge moyen était de 45 ans dans la zone COVID-19 et 43 ans dans la zone non COVID-19 sans différence significative (p 0,212 IC −0,767–3,4). Le sex ratio était de 2,03 en zone COVID-19 et de 1,78 non COVID-19.Trois patients parmi les 2055 patients ont été dépistés positif au COVID-19 (deux en zone COVID-19 et un seul en zone non COVID-19), ils étaient asymptomatiques.
Taux de fréquentation
Pendant le premier confinement, 78 % des patients ont consulté le jour du traumatisme en zone COVID-19 versus 36 % en zone non COVID-19 (Fig. 2
et Tableau 2).
Fig. 2
Caractéristiques démographiques des traumatismes de la main et du poignet dans les 2 centres SOS main COVID-19 et non-COVID-19 pendant le 1er confinement français 2020. (*) p 0,01, (**) p < 0,0001.
Caractéristiques démographiques des traumatismes de la main et du poignet dans les 2 centres SOS main COVID-19 et non-COVID-19 pendant le 1er confinement français 2020. (*) p 0,01, (**) p < 0,0001.L’incidence des consultations dans le cadre d’accidents du travail était significativement plus importante en zone COVID-19 comparativement en zone non COVID-19.
Incidence des pathologies pendant le 1er confinement 2020
L’incidence des consultations des plaies uni-lésionnelles ou pluri-lésionnelles, des amputations, des brulures, des factures ouvertes ou fermées, était significativement plus importante en zone COVID-19 vs en zone non COVID-19 (Tableau 1 et Fig. 2).Les infections et les traumatismes fermés étaient significativement moins fréquentes en zone COVID-19 versus en zone non COVID-19.Les blessés lors d’accidents du travail étaient proportionnellement plus nombreux et les hospitalisations conventionnelles étaient significativement plus fréquentes en zone COVID-19 vs en zone non COVID-19.Variabilité des incidences entre 2019 vs 2020 dans chaque centre (Tableau 2).Entre 2019 et en 2020, le taux de consultations a diminué de 35 % en zone COVID-19 versus de 24 % en zone non COVID-19 (p
< 0,0001 IC95 6,5–15,6).En un an, les consultations pour plaies ont significativement augmenté et celles pour brulures diminué en zone COVID-19, et l’inverse en zone non COVID-19. Les plaies complexes, les fractures ouvertes et le taux de consultations dans le cadre d’accidents de la vie courante était significativement plus fréquent dans les 2 zones.L’incidence des consultations dans le cadre d’accidents de la vie courante était significativement plus importante en 2020 qu’en 2019 toute zone confondue. Les consultations pour agressions étaient significativement plus importantes en zone non COVID-19 entre 2019 et 2020.La proportion de traitement chirurgicaux a été significativement plus important en 2020 qu’en 2019 en zone COVID-19 sans différence significative en zone non COVID-19.
Travailleurs manuels et non manuels
En 2020, entre les deux zones, une différence significative du taux de consultation avait pu être objectivée entre les travailleurs manuels avec une demande fonctionnelle forte, ceux avec une demande fonctionnelle intermédiaire (étudiants, administratifs, fonctionnaires), et ceux avec une faible demande fonctionnelle (retraités et chômeurs) (Tableau 1).Les travailleurs manuels blessés lors d’accidents du travail représentaient 35,3 % en zone COVID-19 vs 26,7 % des patients en zone non COVID-19.Entre 2019 et 2020, le taux de travailleurs non manuels blessés a significativement augmenté toute zone confondue (58 % vs 64 % p 0,046), et tout particulièrement lors d’accidents de la vie courante (61 % vs 70 %, p 0,002). Le nombre d’hommes travailleurs non manuels blessés lors d’accidents de la vie courante était plus important (76 % vs 36 % p
< 0,0001) toute zone confondue, sans différence significative entre les 2 zones (56 % vs 61 % p 0,058).
Incidence des infections
Il n’y avait aucune différence significative concernant le sexe, l’âge ou le délai de consultation pour une infection entre les 2 zones (Tableau 2 et Fig. 3
).
Fig. 3
Épidémiologie des infections de la main et du poignet pendant le 1er confinement. (**) p < 0,0001, NS Non significatif.
Épidémiologie des infections de la main et du poignet pendant le 1er confinement. (**) p < 0,0001, NS Non significatif.Entre les 2 zones, l’incidence des consultations pour panaris est significativement plus importante en zone non COVID-19 (74 % vs 13 % p
< 0,0001). L’incidence des consultations pour abcès est significativement plus importante en zone COVID-19 (33 % vs 6 % p
< 0,0001).Comparativement à 2019, l’incidence des consultations pour infection a diminuée en zone COVID-19 et augmenté en zone non COVID-19.Les infections traitées chirurgicalement sont significativement plus fréquentes en zone non COVID-19 vs zone COVID-19 (94 % vs 67 % p
< 0,0001).
Discussion
Incidence des pathologies
L’objectif principal de cette étude était de comparer la variabilité de l’incidence des pathologies d’urgences de 2 centres SOS main entre la période du premier confinement de la pandémie COVID-19 et hors pandémie. Le taux de consultations a diminué de 35 % en zone COVID-19 vs de 24 % en zone non COVID-19 entre 2019 et 2020. Cette diminution a été observée en France [6] et à l’étranger [8], [9].
Plaies
En comparant 2019 et 2020, l’incidence des plaies a significativement augmenté en zone COVID-19 et significativement diminué en zone non COVID-19. Cependant, la gravité des plaies et des fractures a significativement augmenté dans les 2 zones. A contrario, une diminution du volume global des traumatismes d’environ 20 % et une augmentation considérable du nombre et de la proportion de traumatismes pénétrants ont pu être observés à l’étranger (17,5 % vs. 23,7 %, p
< 0,001) [7]
.
Infections
Les infections des parties molles sont moins fréquentes mais plus graves avec une diminution du taux de panaris et d’une augmentation du taux d’abcès en zone COVID-19 vs non COVID-19 sans augmentation du délai de consultation. Comparativement à 2019, les infections des parties molles sont moins fréquentes en zone COVID-19 et plus fréquentes en zone non COVID-19. À l’inverse, certains auteurs démontrent une majoration de l’incidence des infections en zone COVID-19 (8,7 % vs 5,1 %, p
= 0,0299) [6].La variabilité des incidences des infections peut être expliquée par une meilleure hygiène des mains, une diminution de l’onychophagie par peur de contamination par COVID-19. Elle peut être aussi secondaire au confinement avec une nette augmentation des accidents domestiques manuelles ou de bien-être de bricolage, jardinage, ou pêche [6].
Circonstances
En un an, l’incidence des consultations a significativement diminué dans le cadre d’accidents du travail et significativement augmenté dans le cadre d’accidents de la vie courante dans les 2 zones. Cette variabilité est propre au confinement avec une baisse drastique du taux d’accidents de la route, du travail, des loisirs et du sport, ainsi qu’une nette augmentation des accidents domestiques[6].
Traitement chirurgical
Dans notre étude, la proportion d’indications chirurgicales a été significativement plus importante en 2020 qu’en 2019 (+8 % p
= 0,021) en zone COVID-19 sans différence significative en zone non COVID-19. Cette augmentation des indications de prise en charge chirurgicale en zone COVID-19 a pu être constatée en France [6] et à l’étranger [10]. Il semblerait que les patients aient consulté pour des motifs plus graves qu’en période hors pandémie.
Délai de consultation
Notre étude n’a pas mis en évidence de modification significative du délai de consultation. Le retard de consultation peut être dû à une crainte de la transmission de la COVID-19 en milieu hospitalier [10]
.
Limites
Notre étude présente des biais de sélection avec un taux de travailleurs manuels plus important dans la zone COVID-19 étudiée. Très ancrée dans la zone COVID-19 étudiée, l’agriculture représente 4 % de la valeur ajoutée régionale contre 1,7 % en France métropolitaine [11]
. La zone COVID-19 étudiée compte plus de travailleurs manuels (34,2 % vs 33,8 %) avec plus d’agriculteurs (2,6 % vs 2,4 %) et d’artisans (6,7 % vs 6,2 %) mais moins d’ouvriers (24,9 % vs 25,2 %) que zone non COVID-19 étudiée [11].Une autre limite peut être le fait que le centre non COVID-19 soit un centre SOS main privé comparativement au centre hospitalier COVID-19 étudié qui est pluridisciplinaire. Ceci peut expliquer le taux de consultation de nos deux centres.
Profil des patients
Cette étude épidémiologique met l’accent sur une modification du profil des blessés avec une augmentation significative d’hommes travailleurs non manuels blessés lors d’accidents de la vie courante entre 2019 et 2020 toute zone confondue (61 % vs 70 % p 0,002). Ce taux plus important de traumatisme de la main chez des travailleurs non manuels lors d’activités de bricolage à domicile est retrouvé en France avec des pourcentages élevés d’hommes, de plaies traitées chirurgicalement, lors d’accidents domestiques [6], [12]. En France et à l’étranger, la population générale s’est occupée avec des projets de cuisine [10], de jardinage, de bricolage [6] ou autres travaux manuels à domicile.
Prévention, mesures à mettre en place
Le confinement pendant la pandémie diminue le nombre de traumatismes de la main et du poignet. Certains pays n’ont pas encore fait l’expérience d’un confinement, cette option permettrait de désengorger les services de traumatologie.Nous pouvons tirer de cette étude l’importance de l’utilisation des moyens de protection individuelle ainsi que des sécurités d’outils électriques et thermiques lors de la réalisation de travaux manuels professionnels ou domestiques. Une focalisation sur la prévention des traumatismes de la main et du poignet pourrait être bénéfique en termes de santé publique. Les données de NHS Digital démontrent 25000 admissions hospitalières pour des accidents de bricolage et de jardinage entre 2014 et 2017 [13]. En 2020, il y aurait plus de plus de 4800 admissions supplémentaires secondaires à des blessures par outils électriques comparativement à 2019[13]. Ces consultations sont responsables de coûts importants, en raison d’arrêts de travail, de frais médicaux et de perte de productivité [14].En encourageant la population à être consciente des risques et des moyens pour les éviter, l’information sur les mesures de protection et de prévention comme le port de gants ou le respect de consignes de sécurité lors de l’utilisation d’outils électriques, l’utilisation de loquets de sécurité, ou de loquets de porte, nous pouvons minimiser ces risques [15]. L’information sur la nécessité d’entretenir son matériel, de se protéger avec une tenue protectrice adaptée et d’apprendre les gestes considérés comme dangereux nécessitent d’être améliorés pour les activités manuelles [16]
. Des campagnes nationales de prévention pourraient renforcer l’information et la prévention des traumatismes de la main comme celle organisée par le FESUM [17], [18].Même si le délai de consultation avant les infections ne semble pas modifié dans notre étude, nous insistons également l’importance de se rendre aux urgences même en période de pandémie afin de prendre en charge au plus vite les traumatismes de la main pouvant se compliquer d’infection voire même d’amputation de rayon si le recours à un médecin spécialiste se faisait trop attendre.Les mesures de confinement mises en place pourraient avoir un retentissement psychologique et social négatif, soulignant la nécessité des mesures de prévention psychologique, de surveillance et d’accès aux soins [19], [20], [21].L’orientation des patients vers un centre de traumatologie de la main permet une meilleure organisation, une amélioration du taux et de la rapidité de la reprise des activités professionnelles [22]. Lors de pandémie et notamment celle de la COVID-19, tous les moyens sont mis en œuvre afin d’accueillir les patients dans les conditions sanitaires les plus sûres.
Déclaration de liens d’intérêts
Laurent Obert a des conflits d’intérêt avec FX solutions, Zimmer, Medartis, Evolutis, Wright-Medical, Philippe Bellemère avec Wright-Medical Tornier et Stryker. Les autres auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Sources de financement
aucune.
Contribution des auteurs
MP/IR sont co-auteurs et elles ont contribué également à ce travail.IR a colligé les données, écrit le manuscrit, corrigé et supervisé l’article.MP a colligé les données et écrit le manuscrit.PB et LO ont formulé des avis importants et créé une motivation.FC, CC et IP ont aidé dans la conceptualisation et la correction du manuscrit.
Authors: David Gunnell; Louis Appleby; Ella Arensman; Keith Hawton; Ann John; Nav Kapur; Murad Khan; Rory C O'Connor; Jane Pirkis Journal: Lancet Psychiatry Date: 2020-04-21 Impact factor: 27.083
Authors: Nikolas J Sarac; Benjamin A Sarac; Anna R Schoenbrunner; Jeffrey E Janis; Ryan K Harrison; Laura S Phieffer; Carmen E Quatman; Thuan V Ly Journal: J Bone Joint Surg Am Date: 2020-06-03 Impact factor: 5.284
Authors: Zaffer Qasim; Lars O Sjoholm; Jill Volgraf; Stephanie Sailes; Michael L Nance; Diane H Perks; Harsh Grewal; Loreen K Meyer; Janelle Walker; George J Koenig; Julie Donnelly; John Gallagher; Elinore Kaufman; Mark J Kaplan; Jeremy W Cannon Journal: J Trauma Acute Care Surg Date: 2020-10 Impact factor: 3.697
Authors: Nicholas N DePhillipo; Christopher M Larson; Owen R O'Neill; Robert F LaPrade Journal: J Bone Joint Surg Am Date: 2020-06-03 Impact factor: 6.558