Jon Mong1, Keith Ahamad2, Paxton Bach2. 1. Division de médecine interne générale (Mong), Université d'Ottawa, Ottawa, Ont.; Département de médecine familiale (Ahamad) et de médecine (Bach), Université de la Colombie-Britannique; Centre de traitement de la toxicomanie de la Colombie-Britannique (Ahamad, Bach), Hôpital St. Paul, Vancouver, C.-B jonmong@alumni.ubc.ca. 2. Division de médecine interne générale (Mong), Université d'Ottawa, Ottawa, Ont.; Département de médecine familiale (Ahamad) et de médecine (Bach), Université de la Colombie-Britannique; Centre de traitement de la toxicomanie de la Colombie-Britannique (Ahamad, Bach), Hôpital St. Paul, Vancouver, C.-B.
Les médicaments réduisant l’appétence pour l’alcool aident les patients à diminuer leur consommation
Le trouble de consommation d’alcool se caractérise par une consommation compulsive ou incontrôlable ainsi que par des conséquences néfastes liées à la consommation d’alcool. Les hommes qui ont bu plus de 5 verres standards et les femmes qui ont bu plus de 4 verres standards en 1 seule occasion au cours de la dernière année devraient faire l’objet d’une évaluation pour le trouble de consommation d’alcool1. Les médicaments destinés à réduire l’appétence pour l’alcool peuvent contribuer efficacement à traiter un trouble de consommation d’alcool modéré à grave et peuvent être prescrits par les médecins de premier recours1,2.
La pharmacothérapie fondée sur des données probantes doit s’accompagner d’interventions psychosociales
Des professionnels ou des groupes de soutien par les pairs peuvent offrir des interventions psychosociales efficaces pour les troubles de consommation d’alcool. Les entretiens motivationnels et la thérapie cognitivo-comportementale sont au nombre des interventions standardisées possibles1,2.
La pharmacothérapie de première intention comprend la naltrexone et l’acamprosate
Le traitement par naltrexone peut être initié à tout moment avec une dose de départ de 25 mg/j, laquelle sera ensuite augmentée graduellement à 50 mg/j ( nombre de sujets à traiter [NST] de 12 pour réduire la consommation excessive d’alcool; NST de 20 pour l’abstinence en combinaison avec des interventions psychosociales3). Parmi les effets indésirables possibles, notons les étourdissements et les nausées transitoires (ratio interventions/préjudices [RIP] de 16 et 9, respectivement3). Dans le cas de l’acamprosate, la dose de départ est de 333 mg, 3 fois par jour (tid) après 3 jours d’abstinence. Elle est ensuite augmentée graduellement jusqu’à 666 mg tid NST de 12 pour l’abstinence en combinaison avec des interventions psychosociales3). Les effets indésirables incluent l’anxiété et la diarrhée transitoires (RIP de 7 et 11, respectivement3). La naltrexone est contre-indiquée chez les patients qui présentent un dysfonctionnement hépatique grave ou qui font un usage concomitant d’opioïdes (y compris dans le cadre d’un traitement par agonistes opioïdes). L’acamprosate est contre-indiqué chez les patients atteints d’un dysfonctionnement rénal grave2.
Les traitements de deuxième intention comprennent le topiramate et la gabapentine
Le topiramate a été moins étudié, mais pourrait avoir une efficacité semblable à celle du naltrexone4. La dose de départ est de 25 mg/j; elle est ensuite augmentée graduellement à raison de 25 mg par semaine jusqu’à 100–300 mg/j. Le médicament entraîne toutefois des effets indésirables importants, dont la paresthésie (RIP de 4) et une impression de « brouillard » cognitif (RIP de 123). La gabapentine, administrée à des doses de 300–600 mg tid, s’est révélée efficace pour réduire les préjudices et la proportion de jours de consommation excessive, mais s’accompagne toutefois d’effets indésirables comme la fatigue et les étourdissements (RIP de 105).
Les médicaments destinés à réduire l’appétence pour l’alcool ne servent pas à traiter les symptômes aigus du sevrage alcoolique
Les benzodiazépines et la thiamine demeurent la pierre angulaire du traitement des cas complexes de sevrage2. Les médicaments destinés à réduire l’appétence pour l’alcool aident les patients à diminuer leur consommation, mais ne contribuent en rien à traiter les symptômes aigus du sevrage.
Authors: Victor I Reus; Laura J Fochtmann; Oscar Bukstein; A Evan Eyler; Donald M Hilty; Marcela Horvitz-Lennon; Jane Mahoney; Jagoda Pasic; Michael Weaver; Cheryl D Wills; Jack McIntyre; Jeremy Kidd; Joel Yager; Seung-Hee Hong Journal: Focus (Am Psychiatr Publ) Date: 2019-04-10
Authors: Daniel E Jonas; Halle R Amick; Cynthia Feltner; Georgiy Bobashev; Kathleen Thomas; Roberta Wines; Mimi M Kim; Ellen Shanahan; C Elizabeth Gass; Cassandra J Rowe; James C Garbutt Journal: JAMA Date: 2014-05-14 Impact factor: 56.272