Literature DB >> 34108840

Félicie Costantino1,2, Léa Bahier2, Luis Coronel Tarancón2, Ariane Leboime2, François Vidal2, Lamouri Bessalah3, Maxime Breban1,2, Maria-Antonietta D'Agostino1,2.   

Abstract

Entities:  

Year:  2021        PMID: 34108840      PMCID: PMC8178058          DOI: 10.1016/j.rhum.2021.06.002

Source DB:  PubMed          Journal:  Rev Rhum Ed Fr        ISSN: 1169-8330


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Introduction

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, la prise en charge des patients atteints de maladies inflammatoires, en particulier de rhumatismes inflammatoires chroniques, a soulevé de nombreuses interrogations [1], [2]. En effet, le risque infectieux et particulièrement le risque d’infection virale est augmenté chez ces patients, à cause des phénomènes dysimmunitaires induits par la pathologie elle-même, mais aussi de par leurs comorbidités et leurs traitements immunomodulateurs [3]. Récemment, plusieurs facteurs ont été associés à une augmentation de la fréquence et/ou de la sévérité de l’infection par le SARS-CoV-2 parmi lesquels le sexe masculin, un âge supérieur à 65 ans, l’obésité sévère, l’hypertension artérielle, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale chronique, les hépatopathies et les maladies respiratoires chroniques [4]. La fréquence de plusieurs de ces facteurs, notamment des comorbidités cardiovasculaires, est augmentée chez les patients atteints de RICs. Même s’il persiste des incertitudes, plusieurs études récentes suggèrent que le fait d’être atteint d’un RIC n’augmentait pas la fréquence ou la gravité du COVID-19 par rapport à la population générale [5], [6], [7]. La prise en charge des patients atteints de RIC en période de pandémie peut varier en fonction des recommandations nationales, de la sévérité de la maladie, de la présence de comorbidités. Elle est également influencée par les éventuelles peurs des patients soumis à des recommandations parfois conflictuelles : leur traitement immunomodulateur devrait-il être interrompu face au risque infectieux, au risque d’une poussée de leur RIC ? Le suivi médical devrait-il être interrompu afin de respecter un confinement strict ? Nous avons donc cherché à évaluer l’impact et le retentissement de l’épidémie de COVID-19 chez les patients atteints de rhumatisme inflammatoire chronique durant la période de confinement et essayé d’identifier des facteurs de risque d’infection à SARS-CoV-2 chez ces patients.

Méthodes

Population étudiée

Nous nous sommes intéressés aux trois rhumatismes inflammatoires chroniques les plus fréquents : la SpA, la PR et le RP. La population cible provenait de deux sources de recrutement. D’une part, tous les patients majeurs ayant consulté au moins une fois depuis 2019 pour l’une de ces pathologies dans le service de rhumatologie de l’hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt) ont été invités à compléter un questionnaire portant sur la présence de symptômes du COVID-19, les éventuels résultats des tests diagnostiques et les modifications de traitement durant la période de confinement. Le questionnaire a été envoyé par courrier électronique le 18 avril 2020 et les réponses ont été collectées jusqu’au 21 mai 2020. Le même questionnaire a été proposé durant la même période aux patients atteints de SpA inscrits sur la plateforme d’e-médecine Spondy+®. Cette plateforme a été initialement développée pour optimiser l’information des patients concernant leur SpA, leur permettre de réaliser une auto surveillance de l’activité de leur maladie, et favoriser leur participation à des études. Pour participer à cette étude, les patients inscrits sur la plateforme Spondy+® devaient avoir fourni au préalable un certificat médical de leur rhumatologue ou de leur médecin traitant attestant du diagnostic de SpA. L’étude a été conduite selon la réglementation actuelle du conseil international d’harmonisation des pratiques et selon les principes de la déclaration d’Helsinki.

Données recueillies dans le questionnaire

Le questionnaire comprenait 39 questions regroupées en plusieurs sections concernant les données sociodémographiques, les caractéristiques du rhumatisme et du traitement en cours, les comorbidités, la présence de symptômes suggérant une infection virale, l’éventuelle confirmation diagnostique de COVID-19 (prélèvement nasopharyngé ou scanner thoracique), l’existence d’un contage avec un patient suspect ou confirmé d’infection au COVID-19, les modifications du traitement du rhumatisme inflammatoire et l’impact sur l’activité de la maladie et le suivi médical (cf. Supplément en lig, Document S1: voir le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article).

Analyse statistique

Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel R version 3.6.1 (http://www.r-project.org/). Les différences entre les patients ayant répondu au questionnaire et les non-répondeurs ont été analysées à l’aide d’un test de Student pour les variables continues et à l’aide d’un test du χ2 pour les variables qualitatives. Des statistiques descriptives ont été utilisées pour rapporter les résultats du questionnaire : moyenne avec déviation standard pour les variables continues, fréquence pour les variables qualitatives. Les facteurs de risque associés au COVID-19 ou aux modifications de traitement ont été analysés à l’aide d’une régression logistique en analyse univariée et multivariée. Toutes les variables ayant obtenu une valeur p inférieure à 0,1 ont été incluses dans le modèle multivarié. Les résultats avec une valeur p inférieure ou égale à 0,05 étaient considérés comme significatifs. L’évaluation des performances des signes cliniques en tant que marqueur diagnostique du COVID-19 a été calculées grâce au paquet epiR.

Résultats

Caractéristiques des répondeurs

Sur les 1133 patients ayant consulté dans notre service de rhumatologie depuis 2019 pour une SpA, une PR ou un RP, 948 (83,7 %) ont pu être contactés par email, parmi lesquels 429 (45,3 %) ont répondu au questionnaire. Nous avons obtenu par ailleurs 251 réponses parmi les 1471 patients inscrits sur la plateforme Spondy+® (17,1 %). Un total de 25 patients suivis dans notre service ont répondu deux fois aux questionnaires car également inscrits sur la plateforme, nous avons obtenu au total 655 réponses uniques (Fig. 1 ). Les facteurs indépendamment associés à l’absence de réponse étaient : l’âge jeune, le diagnostic de SpA et le recrutement via la plateforme Spondy+® [tableau S1].
Fig. 1

Diagramme de flux.

Diagramme de flux. Les données démographiques et les caractéristiques des patients inclus sont résumées dans le Tableau 1 . La population de l’étude était majoritairement féminine (61,8 %) avec un âge moyen de 51,0 ± 13,4 ans. La plupart des patients étaient d’origine européenne (87,3 %) et vivaient à Paris ou dans sa banlieue (64,6 %). La distribution géographique des répondeurs est donnée dans la figure S1. La fréquence de la SpA (72,3 %) était plus élevée que celle de la PR (19,7 %) et du RP (8,0 %) avec une durée d’évolution de la maladie en moyenne de 12,5 ± 10,2 ans. 62 % des patients suivaient un traitement anti-inflammatoire (non-stéroïdien (AINS) : 45,8 %, corticostéroïdes : 16,3 %). La grande majorité d’entre eux (72,8 %) recevaient un traitement de fond (DMARDs) : 24,12 % un traitement de fond conventionnel (cDMARDs), 61,7 % une biothérapie (bDMARDs), et 1,5 % un traitement de fond synthétique ciblé (tsDMARDs). Seuls 35,6 % des patients présentaient au moins une comorbidité, la plus fréquente étant l’hypertension artérielle (18,6 %).
Tableau 1

Caractéristiques de la population.

CaractéristiquesTotal(n = 655)Spondyloarthrite(n = 474)Polyarthrite rhumatoïde(n = 129)Rhumatisme psoriasique(n = 52)
Caractéristiques sociodémographiques
 Sexe masculin, n (%)250 (38,2)206 (43,5)22 (17,1)22 (42,3)
 Âge, moyenne ± ds51,0 ± 13,448,1 ± 12,260,5 ± 12,854,1 ± 13,8
 Professionnels de santé, n (%)94 (14,3)76 (16,0)11 (8,5)7 (13,5)
 Profession au contact du public, n (%)271 (41,4)208 (43,9)40 (31,0)23 (44,2)
Données médicales
 Durée d’évolution du rhumatisme, moy ± ds12,5 ± 10,213,0 ± 10,212,0 ± 10,68,4 ± 8,4
 Tabagisme, n (%)103 (15,7)75 (15,8)20 (15,5)8 (15,4)
 IMC > 25, n (%)307 (46,9)218 (46,0)59 (45,7)30 (52,7)
 Au moins une comorbiditéa, n (%)233 (35,6)150 (31,3)65 (50,4)18 (34,6)
 Nombre de comorbiditésa, moy ± ds0,5 ± 0,80,4 ± 0,70,7 ± 1,00,5 ± 0,8
Traitement
 AINSs, n (%)300 (45,8)249 (52,5)26 (20,2)25 (48,1)
 Corticostéroïdes, n (%)107 (16,4)28 (5,9)74 (57,4)5 (9,6)
  Dose journalière ≥ 10 mg/jour21 (3,2)10 (2,1)9 (7,0)2 (3,8)
 cDMARDs, n (%)158 (24,1)58 (12,2)83 (64,3)17 (32,7)
  Méthotrexate, n (%)132 (20,1)42 (8,9)75 (58,1)15 (28,9)
 bDMARDs, n (%)404 (61,7)299 (63,1)74 (57,4)31 (59,6)
  Anti-TNF, n (%)306 (46,7)255 (53,8)33 (25,6)18 (34,6)
  Anti-IL-17, n (%)55 (8,4)43 (9,07)0 (0)12 (23,1)
  Anti-IL-6, n (%)18 (2,7)0 (0)17 (13,2)1 (1,92)
 tsDMARDs, n (%)10 (1,5)4 (0,8)4 (3,1)2 (3,8)

Moy : moyenne ; ds : déviation standard ; IMC : indice de masse corporelle ; AINSs : anti-inflammatoire non stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; tsDMARDs : targeted synthetic conventional disease modifying anti-rheumatic drugs.

Parmi les comorbidités suivantes (passées ou actuelles) : maladie cardiovasculaire (infarctus, insuffisance cardiaque), hypertension artérielle, diabète, asthme, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, cancer, hémopathie maligne, infection au VIH, au VHB ou au VHC, cirrhose, drépanocytose, transplantation d’organe.

Caractéristiques de la population. Moy : moyenne ; ds : déviation standard ; IMC : indice de masse corporelle ; AINSs : anti-inflammatoire non stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; tsDMARDs : targeted synthetic conventional disease modifying anti-rheumatic drugs. Parmi les comorbidités suivantes (passées ou actuelles) : maladie cardiovasculaire (infarctus, insuffisance cardiaque), hypertension artérielle, diabète, asthme, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, cancer, hémopathie maligne, infection au VIH, au VHB ou au VHC, cirrhose, drépanocytose, transplantation d’organe.

COVID-19 : contage, symptômes et diagnostic

Environ un tiers des patients ont rapporté une exposition possible ou confirmée au SARS-CoV-2. La situation la plus fréquemment décrite était le contact avec un cas confirmé ou suspect. Plus de la moitié des patients répondeurs ont rapporté au moins un symptôme potentiellement compatible avec une infection au COVID-19 depuis janvier 2020. Les symptômes les plus fréquents étaient : céphalées (30,7 %), rhinorrhée (22,5 %) et toux sèche (18,8 %). Le détail des expositions et des symptômes présentés sont fournis dans le Tableau 2 .
Tableau 2

Exposition au virus SARS-CoV-2 et symptômes.

Exposition et symptômesTotal(n = 655)Spondyloarthrite(n = 474)Polyarthrite rhumatoïde(n = 129)Rhumatisme psoriasique(n = 52)
Au moins une exposition au COVID-19, n (%)211 (33,2)170 (35,9)30 (23,2)11 (21,1)
 Contact avec un voyageur en provenance d’une zone à forte incidence a, n (%)83 (12,7)70 (14,8)9 (7,0)4 (7,7)
 Contact avec un cas confirmé, n (%)58 (8,9)49 (10,4)6 (4,7)3 (5,8)
 Contact avec un cas suspecté, n (%)153 (23,4)125 (26,4)20 (15,5)8 (15,4)
 Voyage dans un pays à forte incidence a, n (%)35 (5,3)28 (5,9)6 (4,7)1 (1,9)
Présence d’au moins un symptôme, n (%)388 (59,2)290 (61,2)67 (51,9)31 (59,6)
 Céphalée, n (%)201 (30,7)157 (33,1)25 (19,4)19 (36,5)
 Rhinorrhée, n (%)147 (22,5)106 (22,4)25 (19,4)16 (30,8)
 Toux sèche, n (%)123 (18,8)101 (21,3)16 (12,4)6 (11,5)
 Fièvre, n (%)117 (17,9)89 (18,8)17 (13,2)11 (21,1)
 Myalgie, n (%)115 (17,6)91 (19,3)15 (11,6)9 (17,3)
 Diarrhée, n (%)106 (16,2)87 (18,3)12 (9,3)7 (13,5)
 Frissons, n (%)104 (15,9)77 (16,2)13 (10,1)14 (26,9)
 Douleur thoracique, n (%)90 (13,8)76 (16,0)9 (7,0)5 (9,6)
 Dyspnée, n (%)87 (13,3)66 (14,0)15 (11,6)6 (11,5)
 Douleur abdominale, n (%)84 (12,8)70 (14,8)8 (6,2)6 (11,5)
 Expectoration, n (%)77 (11,8)54 (11,4)17 (13,2)6 (11,5)
 Nausée, vomissement, n (%)52 (8,0)37 (7,8)9 (7,0)6 (11,5)
 Lésions cutanées, n (%)30 (4,6)26 (5,5)3 (2,3)1 (1,9)
 Confusion, n (%)27 (4,1)22 (4,7)5 (3,9)0 (0)
 Agueusie, n (%)14 (2,1)7 (1,5)5 (3,9)2 (3,9)
 Anosmie, n (%)11 (1,7)6 (1,3)4 (3,1)1 (1,9)

Pays à forte incidence : Chine, Hong-Kong, Italie, Espagne.

Exposition au virus SARS-CoV-2 et symptômes. Pays à forte incidence : Chine, Hong-Kong, Italie, Espagne. Douze cas de COVID-19 confirmés par PCR sur prélèvement nasopharyngés et/ou scanner thoracique (avec anomalies typiques de COVID-19) ont été rapportés (1,8 %, intervalle de confiance à 95 % (IC 95 %) : 1,0–3,2 %) : 4 patients avaient un scanner et une PCR positifs, 3 une PCR positive seulement et 5 des images typiques au scanner seulement. Aucun décès n’a été rapporté. Cinq patients ont été hospitalisés, dont un en unité de soins intensifs. Quatre ont nécessité une oxygénothérapie bas débit. Parallèlement à ces cas confirmés, 33 patients étaient fortement suspects d’infection au COVID-19 (5,0 %, IC 95 % : 3,6–7,1 %) sans confirmation par PCR (négative pour 7 patients, non réalisée pour 26 patients). Les caractéristiques des cas confirmés et suspects ont été comparées à celle des patients non infectés et sont résumées dans le Tableau 3 , leurs symptômes sont détaillés dans le tableau S2.
Tableau 3

Facteurs associés à infection SARS-CoV-2 (confirmée ou suspectée) en analyse avec régression multivariée.

CaractéristiquesAbsence d’infection(n = 610)Infection (n= 45)
Analyse univariée
Analyse multivariée
Suspectée (n = 33)Confirmée (n = 12)OR (IC 95 %)OR (IC 95 %)
Sexe
 Féminin, n (%)372 (91,6)24 (6,2)9 (2,2)
 Masculin, n (%)238 (95,2)9 (3,6)3 (1,2)0,57 (0,28–1,09)
Âge, moy ± ds51,5 ± 13,344,8 ± 13,046,4 ± 14,60,96 (0,94–0,99)**0,97 (0,94–0,99)**
Rhumatisme inflammatoire
 Polyarthrite rhumatoïde, n (%)122 (94,6)3 (2,3)(3,1)
 Rhumatisme psoriasique, n (%)47 (90,4)4 (7,7)1 (1,9)1,85 (0,53–6,10)
 Spondyloarthrite, n (%)441 (92,8)26 (5,7)7 (1,5)1,30 (0,60–3,28)
Professionnels de santé
 Non, n (%)529 (94,1)23 (4,3)9 (1,6)
 Oui, n (%)81 (86,2)10 (10,6)3 (3,2)2,65 (1,30–5,16)**1,71 (0,78–3,61)
Profession au contact du public
 Non, n (%)367 (95,3)12 (3,4)5 (1,3)
 Oui, n (%)243 (89,7)21 (7,7)7 (2,6)2,49 (1,35–4,73)**1,73 (0,87–3,48)
Tabagisme
 Non, n (%)509 (92,0)31 (5,8)12 (2,2)
 Oui, n (%)101 (98,1)2 (1,9)0 (0)0,23 (0,04–0,78)*0,18 (0,03–0,61)*
IMC, moy ± ds25,6 ± 5,325,0 ± 4,725,0 ± 5,00,98 (0,91–1,03)
Au moins une comorbiditéa, n (%)
 Non, n (%)389 (92,2)26 (6,2)7 (1,6)
 Oui, n (%)221 (94,8)7 (3,0)5 (2,1)0,64 (0,31–1,23)
Nombre de comorbiditésa, moy ± ds0,5 ± 0,80,3 ± 0,70,6 ±0,80,81 (0,49–1,23)
AINSs
 Non, n (%)313 (92,9)17 (5,0)7 (2,1)
 Oui, n (%)297 (93,4)16 (5,0)5 (1,6)0,92 (0,50–1,69)
Corticostéroïdes
 Non, n (%)511 (93,4)26 (4,8)10 (1,8)
 Oui, n (%)99 (91,7)7 (6,5)2 (1,9)1,29 (0,57–2,65)
cDMARDs
 Non, n (%)465 (93,6)26 (5,2)6 (1,2)
 Oui, n (%)145 (91,8)7 (4,4)6 (3,8)1,30 (0,64–2,49)
bDMARDs
 Non, n (%)233 (93,2)13 (5,2)4 (1,6)
 Oui, n (%)377 (93,1)20 (4,9)8 (2,0)1,02 (0,55–1,94)
Au moins une exposition au SARS-CoV-2
 Non, n (%)423 (95,1)15 (3,4)7 (1,5)
 Oui, n (%)187 (89,0)18 (8,6)5 (2,4)2,36 (1,28–4,37)**1,92 (1,01–3,62)*

Moy : moyenne ; ds : déviation standard ; IMC : indice de masse corporelle ; AINSs : anti-inflammatoires non stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; tsDMARDs : targeted synthetic conventional disease modifying anti-rheumatic drugs. *p ≤ 0,05 ; **p ≤ 0,01 ; ***p ≤ 0,001.

Parmi les comorbidités suivantes (passées ou actuelles) : maladie cardiovasculaire (infarctus, insuffisance cardiaque), hypertension artérielle, diabète, asthme, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, cancer, hémopathie maligne, infection au VIH, au VHB ou au VHC, cirrhose, drépanocytose, transplantation d’organe.

Facteurs associés à infection SARS-CoV-2 (confirmée ou suspectée) en analyse avec régression multivariée. Moy : moyenne ; ds : déviation standard ; IMC : indice de masse corporelle ; AINSs : anti-inflammatoires non stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; tsDMARDs : targeted synthetic conventional disease modifying anti-rheumatic drugs. *p ≤ 0,05 ; **p ≤ 0,01 ; ***p ≤ 0,001. Parmi les comorbidités suivantes (passées ou actuelles) : maladie cardiovasculaire (infarctus, insuffisance cardiaque), hypertension artérielle, diabète, asthme, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, cancer, hémopathie maligne, infection au VIH, au VHB ou au VHC, cirrhose, drépanocytose, transplantation d’organe. Les facteurs de risque indépendamment associés à une infection (confirmée ou suspecte) étaient l’âge (odds ratio (OR) (IC 95 %) : 0,97 (0,93–0,99), p  = 0,01), le tabagisme actif (OR (IC 95 %) : 0,18 (0,03–0,61), p  = 0,02) et l’exposition potentielle au virus (OR (IC 95 %) : 1,92 (1,01–3,62), p  = 0,02). Parmi les symptômes décrits chez les patients ayant présenté au moins un symptôme suspect d’une infection à SARS-CoV-2, l’anosmie et l’agueusie obtenaient la plus forte valeur prédictive positive pour le diagnostic de COVID-19 (55 et 62 % respectivement, tableau S3).

Impact de la pandémie de COVID-19 sur la prise en charge des RIC

Au total, plus de 30 % des patients répondeurs ont suspendu ou diminué la posologie de leur traitement. Les modifications de traitement sont détaillées dans le Tableau 4 . Les modifications concernaient principalement la prise des AINS (41,6 %), puis des bDMARDs (17,4 %), des cDMARDs (12,0 %) et enfin des corticostéroïdes (11,2 %). La plupart des modifications étaient expliquées par une peur de la contagiosité (79,3 %) ou la présence de symptômes évocateurs (17,8 %). Les interruptions de traitement en lien avec une rupture de stock ou un problème de renouvellement de prescription étaient rares (2,9 %). Le seul facteur associé significativement à une modification de traitement par peur de l’infection était la prise d’AINS (Tableau 5 ). Environ deux tiers des patients ayant modifié leur traitement ont rapporté une majoration de l’activité de leur rhumatisme par la suite.
Tableau 4

Conséquences de la pandémie COVID-19 sur la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques.

ModificationsTotal(n = 655)Spondyloarthrite(n = 474)Polyarthrite rhumatoïde(n = 129)Rhumatisme psoriasique(n = 52)
Modification de traitement, n/n traités (%)
 Au moins une modification224/655 (34,2)179/474 (37,8)29/129 (22,5)16/52 (30,8)
 Interruption des AINSs107/318 (33,7)97/266 (36,5)1/26 (3,8)9/26 (34,6)
 Diminution de la dose des AINSs36/318 (11,3)29/266 (10,9)3/26 (11,5)4/26 (15,4)
 Interruption corticostéroïdes7/108 (6,5)4/29 (13,8)3/74 (4,0)0/5 (0)
 Diminution de la dose des corticostéroïdes5/108 (4,6)2/29 (6,9)3/74 (4,0)0/5 (0)
 Interruption des cDMARDs16/158 (10,1)4/58 (6,9)10/83 (12,0)2/17 (11,8)
 Diminution de la dose des cDMARDs3/158 (1,9)1/58 (1,7)0/83 (0)2/17 (11,8)
 Interruption des bDMARDs54/404 (13,4)44/299 (14,7)8/74 (10,8)2/31 (6,5)
 Diminution de la dose des bDMARDs16/404 (4,0)15/299 (5,0)1/74 (1,4)0/31 (0)
 Autres modificationsa20/655 (3,0)12/474 (2,5)7/129 (5,4)1/52 (1,92)
Raison de la modification, n (%)
 Peur de la contagion165 (79,3)134 (78,4)18 (78,2)13 (92,9)
 Symptômes ou diagnostic de COVID-1937 (17,8)32 (18,7)4 (17,4)1 (7,1)
 Traitement en rupture de stock6 (2,9)5 (2,9)1 (4,3)0 (0)
Conséquences des modifications sur l’activité de la maladie, n (%)
 Augmentation de l’activité de la maladie137 (63,4)117 (65,4)13 (50)7 (63,6)
 Stabilité de l’activité de la maladie79 (36,6)62 (34,6)13 (50)4 (36,4)
Autres changements dans la prise en charge rhumatologique, n (%)
 Consultations retardées172 (26,2)109 (23,0)52 (40,3)11 (21,1)
 Examens sanguins retardés101 (15,8)65 (14,0)25 (19,5)11 (21,1)
 Examens d’imageries retardés63 (9,8)38 (8,2)21 (16,4)4 (8,0)
 Autre examen de santé retardé93 (14,5)64 (13,8)22 (17,3)7 (14,3)

AINSs : anti-inflammatoire non-stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs.

Autres modifications : passage de la voie intraveineuse à la voie sous-cutanée (abatacept, tocilizumab), augmentation du délai ente les perfusions d’infliximab.

Tableau 5

Facteurs associés avec les modifications de traitement en lien avec la peur d’une infection au COVID-19 en analyse multivariée.

CaractéristiquesAbsence de modification du traitement(n = 431)Modification du traitement(n = 224)Analyse univariée
Analyse multivariée
OR (IC 95 %)OR (IC 95 %)
Sexe
 Féminin305 (75,3)100 (24,7)
 Masculin185 (74,0)65 (26,0)1,07 (0,74–1,54)
Âge, moyenne ± ds52,1 (13,5)47,8 (12,5)0,98 (0,96–0,99)***0,99 (0,98–1,01)
Rhumatisme inflammatoire
 Polyarthrite rhumatoïde111 (86,0)18 (14,0)
 Rhumatisme psoriasique39 (75,0)13 (25,0)2,06 (0,91–4,57)1,26 (0,52–2,98)
 Spondyloarthrite340 (71,7)134 (28,3)2,43 (1,45–4,28)***1,19 (0,63–2,33)
Professionnels de santé
 Non, n (%)417 (74,3)144 (25,7)
 Oui, n (%)73 (77,7)21 (22,3)0,83 (0,48–1,38)
Profession au contact du public
 Non, n (%)296 (77,1)88 (22,9)
 Oui, n (%)194 (71,6)77 (28,4)1,34 (0,93–1,90)
Tabagisme
 Non, n (%)270 (76,1)85 (23,9)
 Oui, n (%)220 (73,3)80 (26,7)1,16 (0,81–1,65)
IMC, moyenne ± ds25,8 (5,6)24,8 (4,2)0,96 (0,92–0,99)*0,98 (0,93–1,01)
Au moins une comorbiditéa, n (%)
 Non, n (%)301 (71,3)121 (28,7)
 Oui, n (%)189 (81,1)44 (18,9)0,58 (0,39–0,85)**0,82 (0,52–1,26)
AINSs
 Non, n (%)293 (86,9)44 (13,1)
 Oui, n (%)197 (61,9)121 (38,1)4,09 (2,79–6,09)***3,49 (2,34–5,29)***
Corticostéroïdes
 Non, n (%)404 (73,9)143 (26,1)
 Oui, n (%)86 (79,6)22 (20,4)0,72 (0,43–1,18)
cDMARDs
 Non, n (%)358 (72,0)139 (28,0)
 Oui, n (%)132 (83,5)26 (16,5)0,51 (0,31–0,80)**0,81 (0,47–1,38)
bDMARDs
 Non, n (%)179 (71,6)71 (28,4)
 Oui, n (%)311 (76,8)94 (23,2)0,76 (0,53–1,09)
Au moins une exposition au SARS-CoV-2
 Non, n (%)346 (77,8)99 (22,2)
 Oui, n (%)144 (68,6)66 (31,4)1,60 (1,11–2,31)**1,28 (0,86–1,90)

ds : déviation standard ; IMC : indice de masse corporelle ;AINSs : anti-inflammatoires non-stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; tsDMARDs : targeted synthetic conventional disease modifying anti-rheumatic drugs. *p ≤ 0,05 ; **p ≤ 0,01 ; ***p ≤ 0,001.

Parmi les comorbidités suivantes (passées ou actuelles) : maladie cardiovasculaire (infarctus, insuffisance cardiaque), hypertension artérielle, diabète, asthme, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, cancer, hémopathie maligne, infection au VIH, au VHB ou au VHC, cirrhose, drépanocytose, transplantation d’organe.

Conséquences de la pandémie COVID-19 sur la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques. AINSs : anti-inflammatoire non-stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs. Autres modifications : passage de la voie intraveineuse à la voie sous-cutanée (abatacept, tocilizumab), augmentation du délai ente les perfusions d’infliximab. Facteurs associés avec les modifications de traitement en lien avec la peur d’une infection au COVID-19 en analyse multivariée. ds : déviation standard ; IMC : indice de masse corporelle ;AINSs : anti-inflammatoires non-stéroïdiens ; cDMARDs : conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; bDMARDs : biological conventional disease modifying anti-rheumatic drugs ; tsDMARDs : targeted synthetic conventional disease modifying anti-rheumatic drugs. *p ≤ 0,05 ; **p ≤ 0,01 ; ***p ≤ 0,001. Parmi les comorbidités suivantes (passées ou actuelles) : maladie cardiovasculaire (infarctus, insuffisance cardiaque), hypertension artérielle, diabète, asthme, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, cancer, hémopathie maligne, infection au VIH, au VHB ou au VHC, cirrhose, drépanocytose, transplantation d’organe. Par ailleurs, 47 % des patients se sont vus reporter ou annuler une consultation médicale dans le cadre de leur suivi (Tableau 4).

Discussion

À ce jour, l’impact des rhumatismes inflammatoires chroniques et de leurs traitements sur l’incidence et la sévérité de l’infection au COVID-19 reste incertain. Dans notre étude, réalisée en France pendant la période de confinement, la prévalence des infections confirmées au COVID-19 était de 1,8 % (IC 95 % : 1,0–3,2 %) et jusqu’à 6,9 % (IC 95 % : 5,1–9,2 %) pour les cas suspects. Ces résultats sont supérieurs à ceux retrouvés dans la population générale française (4,4 %, IC 95 % : 2,8–7,2 %) mais sont similaires aux chiffres retrouvés dans la région parisienne, la plus touchée dans le pays (9,9 %, IC 95 % : 6,6–15,7 %) et dont la plupart de nos patients étaient originaires (87 %) [8]. Ces résultats sont concordants avec ceux de Favalli et al. en Lombardie qui n’avaient pas non plus retrouvé d’augmentation d’incidence du COVID-19 dans leur cohorte de patients présentant un rhumatisme inflammatoire par rapport à la population générale [5]. De même, notre étude n’a pas rapporté plus d’infection sévère à COVID-19 que dans la population générale, avec seulement 5 hospitalisations dont une seule en unité de soins intensifs et aucun décès [8]. Dans notre étude, le tabagisme actif était associé à une moindre survenue de l’infection. Bien que contre intuitive, cette observation a été rapportée par plusieurs études ayant montré une moindre proportion de fumeurs parmi les patients hospitalisés pour une infection au COVID-19 [9], [10]. De même, nos résultats sont en faveur d’une association négative entre l’âge et le risque d’infection, ce qui était également inattendu. Ceci pourrait s’expliquer par une plus grande circulation du virus parmi les plus jeunes chez qui les interactions sociales ont été plus fréquentes lors du confinement. Nous n’avons pas retrouvé de majoration du risque infectieux en cas de prise des traitements à anti-rhumatismaux (AINS, corticostéroïdes, cDMARD ou bDMARD) ce qui va dans le sens du maintien des traitements préconisé actuellement par les sociétés savantes [11], [12], [13]. Presque un tiers des patients ayant répondu au questionnaire ont réduit ou arrêté leur traitement, ce qui est plus important que ce rapporté lors de précédentes études [5], [6], [14]. Chez deux tiers d’entre eux, les modifications du traitement ont conduit à une majoration subjective de l’activité de leur rhumatisme inflammatoire. Le motif principal de modification thérapeutique était principalement la crainte d’une infection au SARS-Cov2 (79,3 %) et en particulier en cas de prise d’AINS, alors que la modification thérapeutique pour symptômes évocateurs ou pour infection confirmée au COVID-19 était moins fréquente. La forte proportion d’arrêt des AINS a pu être favorisée par les déclarations de la Haute Autorité de santé du 14 mars signalant une sévérité accrue des cas de COVID-19 avec ce traitement [15], allant dans le même sens que d’autres agences sanitaires [16]. Cependant, il n’existe pas à ce jour de données scientifiques confirmant ce risque accru d’infection ou de sévérité du COVID-19 sous AINS [17]. L’une des limites de notre étude est son caractère transversal. En effet, parmi les patients contactés peuvent figurer des patients infectés par le SARS-CoV-2 qui n’ont pas été capables de répondre car ils étaient hospitalisés ou décédés. La forte proportion de patients suspects de COVID-19 mais sans confirmation diagnostique est une autre limite mais celle-ci reflète la situation telle qu’elle était en France pendant la période de confinement, avec une disponibilité très limitée des tests par PCR. En conclusion, cette étude confirme que l’incidence et la sévérité du COVID-19 ne semblent pas accrue parmi les patients suivis pour une PR, une SpA ou un RP. Ces résultats sont également rassurants sur l’utilisation des traitements anti-inflammatoires utilisés dans ces maladies (AINS, corticostéroïdes, cs- et b-DMARDs) en contexte épidémique. Ces observations, ajouté au risque de majoration de l’activité du rhumatisme inflammatoire en cas d’arrêt des traitements, incite à leur poursuite.

Déclaration de liens d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
  13 in total

1.  Covid-19: European drugs agency to review safety of ibuprofen.

Authors:  Michael Day
Journal:  BMJ       Date:  2020-03-23

2.  American College of Rheumatology Guidance for the Management of Rheumatic Disease in Adult Patients During the COVID-19 Pandemic: Version 1.

Authors:  Ted R Mikuls; Sindhu R Johnson; Liana Fraenkel; Reuben J Arasaratnam; Lindsey R Baden; Bonnie L Bermas; Winn Chatham; Stanley Cohen; Karen Costenbader; Ellen M Gravallese; Andre C Kalil; Michael E Weinblatt; Kevin Winthrop; Amy S Mudano; Amy Turner; Kenneth G Saag
Journal:  Arthritis Rheumatol       Date:  2020-06-05       Impact factor: 10.995

3.  Biologics, spondylitis and COVID-19.

Authors:  James Todd Rosenbaum; Hedley Hamilton; Dongseok Choi; Michael H Weisman; John D Reveille; Kevin L Winthrop
Journal:  Ann Rheum Dis       Date:  2020-06-10       Impact factor: 19.103

4.  Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France.

Authors:  Henrik Salje; Cécile Tran Kiem; Noémie Lefrancq; Noémie Courtejoie; Paolo Bosetti; Juliette Paireau; Alessio Andronico; Nathanaël Hozé; Jehanne Richet; Claire-Lise Dubost; Yann Le Strat; Justin Lessler; Daniel Levy-Bruhl; Arnaud Fontanet; Lulla Opatowski; Pierre-Yves Boelle; Simon Cauchemez
Journal:  Science       Date:  2020-05-13       Impact factor: 47.728

5.  Systematic review of the prevalence of current smoking among hospitalized COVID-19 patients in China: could nicotine be a therapeutic option?

Authors:  Konstantinos Farsalinos; Anastasia Barbouni; Raymond Niaura
Journal:  Intern Emerg Med       Date:  2020-05-09       Impact factor: 3.397

6.  Implications of COVID-19 for the management of patients with inflammatory rheumatic diseases.

Authors:  Christophe Richez; Estibaliz Lazaro; Maël Lemoine; Marie-Elise Truchetet; Thierry Schaeverbeke
Journal:  Joint Bone Spine       Date:  2020-05       Impact factor: 4.929

7.  COVID-19 and the nicotinic cholinergic system.

Authors:  Konstantinos Farsalinos; Athina Angelopoulou; Nikos Alexandris; Konstantinos Poulas
Journal:  Eur Respir J       Date:  2020-07-16       Impact factor: 16.671

Review 8.  Epidemiological studies in incidence, prevalence, mortality, and comorbidity of the rheumatic diseases.

Authors:  Sherine E Gabriel; Kaleb Michaud
Journal:  Arthritis Res Ther       Date:  2009-05-19       Impact factor: 5.156

9.  Prevalence of COVID-19 among patients with chronic inflammatory rheumatic diseases treated with biologic agents or small molecules: A population-based study in the first two months of COVID-19 outbreak in Italy.

Authors:  Luca Quartuccio; Francesca Valent; Enrico Pasut; Carlo Tascini; Salvatore De Vita
Journal:  Joint Bone Spine       Date:  2020-05-20       Impact factor: 5.263

Review 10.  What Does the COVID-19 Pandemic Mean for Rheumatology Patients?

Authors:  Janet E Pope
Journal:  Curr Treatm Opt Rheumatol       Date:  2020-04-30
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