Thomas D Brothers1, John Fraser2, Duncan Webster2. 1. Division de médecine interne générale et du programme de clinicien-chercheur (Brothers), Division des maladies infectieuses (Webster), Département de médecine, Université Dalhousie; Services de santé mobiles de rue (Fraser), Centre de santé communautaire North End, Halifax, N.-É.; Centre collaboratif pour la santé inclusive UCL (Brothers), Institut d'épidémiologie et de soins de santé, Collège universitaire de Londres, Londres, G.-B.; Division des maladies infectieuses (Webster), Hôpital régional Saint John, Saint John, N.-B. thomas.brothers@dal.ca. 2. Division de médecine interne générale et du programme de clinicien-chercheur (Brothers), Division des maladies infectieuses (Webster), Département de médecine, Université Dalhousie; Services de santé mobiles de rue (Fraser), Centre de santé communautaire North End, Halifax, N.-É.; Centre collaboratif pour la santé inclusive UCL (Brothers), Institut d'épidémiologie et de soins de santé, Collège universitaire de Londres, Londres, G.-B.; Division des maladies infectieuses (Webster), Hôpital régional Saint John, Saint John, N.-B.
La consommation de drogues injectables et les hospitalisations qui en résultent sont de plus en plus fréquentes au Canada
Au Canada, le nombre de personnes qui consomment des drogues injectables a augmenté, passant de 130 000 en 2011 à 171 900 en 20161. En Ontario, les hospitalisations de patients présentant une endocardite infectieuse liée aux injections ont quintuplé, passant de 34 en 1997 à 176 en 20142.
Les personnes qui consomment des drogues injectables peuvent ne pas se sentir à l’aise de le révéler
Les professionnels de la santé devraient employer une approche sans jugement pour questionner leurs patients sur le type, la quantité et la fréquence de leur consommation de drogues. La consommation de drogues illicites est stigmatisée et criminalisée, ce qui influence les soins en milieu hospitalier3,4. Les personnes qui consomment des drogues injectables demandent des soins qui privilégient la confiance et les relations interpersonnelles, qui reconnaissent les déséquilibres de pouvoir et laissent de la place aux patients3.
Débuter le traitement de la toxicomanie en centre hospitalier améliore les résultats
Un essai clinique randomisé et contrôlé5 et plusieurs études de cohorte4,6 ont observé que l’instauration en milieu hospitalier d’un traitement par agonistes opioïdes (p. ex., la buprénorphine ou la méthadone) s’accompagnait d’une augmentation de la participation au traitement et d’une diminution des réadmissions ou des décès, comparativement aux demandes de consultation de patients externes. Tous les médecins peuvent prescrire de la buprénorphine ou de la méthadone en centre hospitalier, bien que certains organismes de réglementation provinciaux exigent une certification pour instaurer un traitement par agonistes opioïdes. Les services de consultation pour le traitement de la toxicomanie peuvent offrir de l’aide dans le cas de diagnostics complexes et de prise en charge, y compris dans le cas de troubles liés à la consommation de stimulants et à la polytoxicomanie4.
Traiter le sevrage des opioïdes de façon efficace diminue les congés prématurés de patients contre l’avis du médecin
Les personnes qui consomment des drogues injectables mentionnent quitter les centres hospitaliers de façon prématurée en raison d’un traitement insuffisant de leur sevrage et de leur douleur3. La plupart de ces personnes consomment des opioïdes1. Les médicaments à base d’opioïdes sont beaucoup plus efficaces que ceux qui n’en contiennent pas (p. ex., la clonidine) pour soulager les symptômes de sevrage des opioïdes et faciliter les soins hospitaliers3,4. Si les patients refusent le traitement par agonistes opioïdes, les médecins devraient considérer l’utilisation de doses fréquentes d’opioïdes à courte durée d’action (p. ex., de l’hydromorphone toutes les 3 heures), graduellement augmentées pour soulager les symptômes4. Traiter le sevrage ou la douleur à l’aide d’opioïdes n’aggrave pas la dépendance. Le partage du processus de décision est essentiel4.
Les centres hospitaliers devraient offrir des services de réduction des préjudices
Les centres hospitaliers doivent modifier leurs politiques traditionnelles d’abstinence complète4. Les services de réduction des préjudices, comme le soutien des pairs, des fournitures d’injection stériles et des réceptacles pour l’élimination des déchets, des trousses de naloxone pour utilisation à domicile et des centres de consommation supervisés, devraient être offerts par les centres hospitaliers. Lorsqu’ils le sont, ces services soutenus par des données probantes contribuent à la réduction des risques d’infection et de surdose chez les patients hospitalisés4.Le CMAJ vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir… » en ligne à http://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.
Authors: Laura R Marks; Satish Munigala; David K Warren; Stephen Y Liang; Evan S Schwarz; Michael J Durkin Journal: Clin Infect Dis Date: 2019-05-17 Impact factor: 9.079