Il manque aux patientes de type Rhésus (Rh) négatif l’antigène D à la surface de leurs globules rouges
Si elles reçoivent une transfusion de sang Rh positif, les patientes de type Rh négatif peuvent devenir immunisées contre l’immunoglobuline (Ig) anti-D1. Ces patientes sont exposées à un risque de réactions transfusionnelles graves, et si elles deviennent enceintes, le fœtus pourrait présenter une anémie sévère. Un faible pourcentage de patientes (0,5 %) présente un phénotype sérologique D « faible », et lorsqu’elles ont besoin d’une transfusion, les professionnels se demandent s’il faut leur administrer des culots globulaires de type Rh négatif et une prophylaxie par immunoglobulines anti-D (IgRh).
Il existerait plus de 160 phénotypes moléculaires D faible distincts
Les types D faible se regroupent selon l’origine ethnique. Les types 1 à 3 sont fréquents chez les personnes de race blanche, les variants de type 4 se retrouvent chez les personnes de race noire, et de type 15, le plus souvent chez les personnes asiatiques. Les autres types D faible se rencontrent sporadiquement.
La détermination du type moléculaire D faible améliore la sécurité des patientes sans augmenter les coûts
Même si la technologie qui permet de déterminer les types moléculaires existe depuis une vingtaine d’années, seul le test sérologique est appliqué de routine. L’établissement du type moléculaire est fiable, et cette approche de médecine de précision permet d’éviter des traitements superflus, mais doit faire l’objet d’une demande spécifique dans de nombreux hôpitaux2.
Les patientes qui présentent les 5 types D faible les plus courants peuvent être traitées sans danger comme étant de Rh positif
Les patientes porteuses des types moléculaires D faible 1, 2, 3, 4,0 ou 4,1 devraient être traitées comme étant de Rh positif3. Les femmes enceintes porteuses de ces phénotypes D faible ne tirent aucun avantage de la prophylaxie IgRh4. Elles ne devraient pas être exposées à cette immunoglobuline, qui provient de mélanges de plasma humain de milliers de donneurs immunisés. Cette approche permet de ménager les réserves limitées de sang Rh négatif5.
Les patientes porteuses de types moléculaires D faible moins courants devraient être traitées comme étant de Rh négatif
Les types moins courants incluent le type D faible 4,2; plus fréquent chez les personnes d’origine africaine6. Une liste exhaustive des types D faible qui devraient être traités comme étant de Rh négatif est maintenue à jour par la Société internationale de transfusion sanguine7. Les professionnels qui hésitent face aux types à traiter comme étant de Rh positif ou négatif devraient communiquer avec leur laboratoire d’immunohématologie de référence.Le CMAJ vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à http://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.
Authors: Jill R Storry; Frederik Banch Clausen; Lilian Castilho; Qing Chen; Geoff Daniels; Greg Denomme; Willy A Flegel; Christoph Gassner; Masja de Haas; Catherine Hyland; Ji Yanli; Margaret Keller; Christine Lomas-Francis; Nuria Nogues; Martin L Olsson; Thierry Peyrard; Ellen van der Schoot; Yoshihiko Tani; Nicole Thornton; Franz Wagner; Christoph Weinstock; Silvano Wendel; Connie Westhoff; Vered Yahalom Journal: Vox Sang Date: 2018-11-12 Impact factor: 2.144
Authors: Seema Kacker; Ralph Vassallo; Margaret A Keller; Connie M Westhoff; Kevin D Frick; S Gerald Sandler; Aaron A R Tobian Journal: Transfusion Date: 2015-03-21 Impact factor: 3.157
Authors: Willy A Flegel; Gregory A Denomme; John T Queenan; Susan T Johnson; Margaret A Keller; Connie M Westhoff; Louis M Katz; Meghan Delaney; Ralph R Vassallo; Clayton D Simon; S Gerald Sandler Journal: Transfusion Date: 2020-03-12 Impact factor: 3.337