Mary Malebranche1, Kevin Morisod2, Patrick Bodenmann2. 1. Département des vulnérabilités et médecine sociale (Malebranche, Morisod, Bodenmann), Centre universitaire de médecine générale et santé publique, Université de Lausanne, Lausanne, Suisse; Département de médecine ( Malebranche), Faculté de médecine Cumming, Université de Calgary, Calgary, Alb. mary.malebranche@ucalgary.ca. 2. Département des vulnérabilités et médecine sociale (Malebranche, Morisod, Bodenmann), Centre universitaire de médecine générale et santé publique, Université de Lausanne, Lausanne, Suisse; Département de médecine ( Malebranche), Faculté de médecine Cumming, Université de Calgary, Calgary, Alb.
Faire partie de la communauté Sourde n’est pas synonyme d’avoir une déficience auditive
Environ 357 000 Canadiens et Canadiennes se disent membres de la communauté Sourde (avec la majuscule), une minorité culturelle et linguistique distincte qui utilise la langue des signes pour communiquer et pour qui la surdité est un état, et non un handicap à corriger1. En revanche, autour de 3,2 millions de Canadiens et Canadiennes ont une déficience auditive, parfois grave ou profonde (on les dit « sourds » avec la minuscule).
Les membres de la communauté Sourde ont de moins bons résultats de santé mentale, cardiovasculaire et sexuelle que les personnes non Sourdes2,3
Étant donné leur accès limité aux médias de masse conçus pour les entendants, aux conversations environnantes et aux messages de santé publique, les membres de la communauté Sourde sont 6,9 fois plus susceptibles que les personnes non sourdes d’avoir une littératie en santé inadéquate4. Les Sourds utilisant la langue des signes ont beaucoup moins de connaissances en santé cardiovasculaire que ces dernières4.
Ce ne sont pas toutes les personnes atteintes de perte auditive grave à profonde qui parlent couramment la langue des signes
Il faut s’enquérir auprès de chaque personne du mode de communication qu’elle privilégie, par exemple la lecture labiale, la communication écrite, les aides visuelles ou la langue des signes. Si une personne préfère la langue des signes, un interprète devrait être mis à sa disposition4. Il vaut mieux éviter de présumer que les personnes Sourdes lisent bien surles lèvres, puisqu’il arrive qu’elles ne comprennent que 30 % des conversations.
Les avancées technologiques peuvent servir à améliorer la communication avec les personnes Sourdes
L’intégration aux soins cliniques des innovations en interprétation de la langue des signes, comme KinTrans (www.kintrans.com) et Sign-Speak (sign-speak.com), a un potentiel considérable pour améliorer la communication avecles usagers de la langue des signes5.
La disponibilité des implants cochléaires a soulevé des préoccupations à propos de leurs répercussions sur l’identité culturelle Sourde
Bien que les implants cochléaires soient associés à une amélioration de l’audition et du développement de la langue parlée, leur effet sur l’identité culturelle, la participation sociale et le bien-être des personnes Sourdes demeure sujet de controverse. Par exemple, l’intégration des enfants Sourds ayant des implants cochléaires dans des écoles régulières a causé un déclin des écoles spécialisées pour les sourds6.
Authors: Alan Emond; Matthew Ridd; Hilary Sutherland; Lorna Allsop; Andrew Alexander; Jim Kyle Journal: Br J Gen Pract Date: 2015-02 Impact factor: 5.386
Authors: Michael M McKee; Michael K Paasche-Orlow; Paul C Winters; Kevin Fiscella; Philip Zazove; Ananda Sen; Thomas Pearson Journal: J Health Commun Date: 2015