Literature DB >> 32374298

[A special edition of the Journal of Visceral Surgery on COVID-19: What problems, dangers and solutions have been identified?]

M Pocard1,2.   

Abstract

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Year:  2020        PMID: 32374298      PMCID: PMC7198195          DOI: 10.1016/j.jchirv.2020.04.016

Source DB:  PubMed          Journal:  J Chir Visc        ISSN: 1878-786X


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Toutes les spécialités chirurgicales voient leur exercice modifié, déstructuré par la pandémie du Syndrome respiratoire aigu (SARS-CoV-2). De très nombreuses sociétés savantes ont publié des recommandations et conseils pour la chirurgie à l’heure du COVID-19 [1], [2]. Tous, quels que soient nos modes et nos lieux d’exercice, recherchons un équilibre entre les possibles et les dangers. Bien sûr, selon nos situations respectives, ces équilibres seront perçus différemment. Ainsi va la chirurgie des cancers. Et cette perception sera évolutive dans le temps en fonction de la progression et des phases de la pandémie. Oui, il serait souhaitable de continuer à opérer des cancers, même en restreignant peut-être certaines indications. Oui, mais à quel prix et face à quels dangers ? Est-il raisonnable qu’un cancer du côlon localisé puisse attendre quelques semaines une chirurgie, oui – quelques mois ? euh ; trois ou quatre mois, non. Où cette pandémie risque-t-elle de nous conduire ? Pour certain, le risque peropératoire global est augmenté et mal contrôlé en période de pandémie et donc il faut reporter un patient affecté d’un cancer colique limité, non symptomatique, car il faut le guérir et ce surrisque ne semble pas acceptable. C’est ce qui est expliqué pour partie dans l’article de JJ Tuech et al. que nous publions [3]. Ce risque peropératoire, lié au COVID-19, a initialement été rapporté sur une seule publication chinoise faisant état de 4 cas, ce qui était bien léger. Mais une seconde publication, elle, est bien plus inquiétante avec, pour une trentaine de patients, 44 % d’hospitalisation en soins intensifs et une mortalité globale de 20 % [4]. Alors, vous lirez sûrement avec intérêt les cas rapportés par deux équipes de chirurgie parisiennes d’infection nosocomiale par COVID-19 et le devenir de ces patients à très court terme [5]. Le risque n’est pas nul, c’est certain. Pas pour certains qui ne valident pas cette notion de surrisque et anticipent, à juste titre, un afflux massif aux blocs dans quelques semaines. Fort de cette analyse, ces collègues pensent qu’il faut donc continuer quand même à opérer les patients ayant un cancer, si cela est possible. Opérer coûte que coûte, en essayant d’être inventif, et c’est ce point de vue que défend un de nos collègues qui travaille dans une zone très touchée par l’infection [6]. Comment gérer au mieux des risques que nous identifions si mal ? Car oui, les risques sont multiples. Ainsi, si en France, demain une Agence régionale de santé (ARS) impose à un groupe de chirurgiens de se déplacer pour pratiquer la chirurgie des cancers sur un centre COVID-19 négatif, faut-il y voir un élément de progrès et enfin une organisation qui transcende nos clivages publics/privés ? Un effet positif de cette crise ? Sauf si la chirurgie du cancer est faite dans un centre de niveau 1 qui n’a pas l’habilitation (par cette même ARS) à opérer les cancers. Or, la chirurgie du cancer doit répondre à des critères de qualité, et ces critères ne sont pas exclusivement liés au chirurgien. Si les critères de qualité de la réanimation et de l’anatomopathologie ne sont pas remplis par une trop faible activité antérieure – où allons-nous ? Nous allons ainsi délivrer des traitements anticancéreux incertains, à des patients, pour remplir des cases d’un tableur Excel. Nous allons risquer aussi, dans l’après COVID-19, de ne plus pouvoir dire à ces centres de niveau 1 qu’ils ne doivent pas opérer les cancers. Des patients mal soignés et des années de travail d’organisation sanitaire de perdues. Alors, il faut donc réfléchir et gérer déjà, l’après crise et vous lirez avec intérêt les réflexions et recommandations de la SFCE [7]. Oui, il faut anticiper et prévoir ce qui aurait pu être prévu. Il reste encore à affronter la pandémie, les blocs moribonds, les collègues anesthésistes, déjà dans certaines régions, épuisés et à tenir pour les urgences. Oui ces urgences, grandes oubliées des organisations, où ne comptent que le nombre de lits, de nouveaux lits, de lits libres et de réanimation COVID-19. Ces urgences qui se sont modifiées, ont diminué en nombre et progressé en gravité ; peut-être parce que les malades ont peur de se rendre à l’Hôpital ? Ceci induisant des situations complexes avec les urgences et exposées dans deux textes de ce numéro spécial [8], [9]. Les symptômes cliniques de l’infection par COVID-19 peuvent également être à localisation digestive prédominante ou bruyante, comme la mini-revue vous l’exposera [10]. Soyons vigilants en cas d’appendicite, vigilants pour le diagnostic et faites une tomodensitométrie y compris du poumon, un cas est présenté dans ce numéro [11] (Fig. 1 ). Mais aussi, revenez, si vous maîtrisez cette technique, à la voie d’abord directe par Mac Burney car il existe un risque entre aérosolisation du virus et nos gaz de cœlioscopie (une mini revue vous exposera cela) [12]. Enfin, si vous n’avez plus aucun accès au bloc opératoire, il vous reste, à vous chirurgien et non à un médecin, à mettre en place un traitement médical de cette appendicite comme cela vous est exposé dans une mise au point [13]. Mais tenez bon ! Gardez un bloc pour les urgences, malgré les demandes fortes des ARS où les injonctions sont d’une force inouïe à la vue du nombre de morts et malgré la tentation d’ouvrir encore un lit de plus par nos anesthésistes réanimateurs entraînés dans l’avalanche des cas et les choix de moins en moins planifiés. Tenez bon, car c’est sans doute là, en urgence, encore, que nos compétences de chirurgiens seront les plus utiles dans cette tourmente effroyable et que nous pourrons sauver des vies, car la péritonite tue elle aussi, avec ou sans virus.
Figure 1

Vigilance.

Vigilance.

Déclaration de liens d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
  12 in total

Review 1.  What do surgeons need to know about the digestive disorders and paraclinical abnormalities induced by COVID-19?

Authors:  J-M Gornet; M L Tran Minh; F Leleu; D Hassid
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-24       Impact factor: 2.043

Review 2.  Risks of viral contamination in healthcare professionals during laparoscopy in the Covid-19 pandemic.

Authors:  J Veziant; N Bourdel; K Slim
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-17       Impact factor: 2.043

Review 3.  Endocrine surgery during and after the COVID-19 epidemic: Expert guidelines from AFCE.

Authors:  G Baud; L Brunaud; J-C Lifante; C Tresallet; F Sebag; J-P Bizard; M Mathonnet; F Menegaux; R Caiazzo; E Mirallié; F Pattou
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-30       Impact factor: 2.043

Review 4.  Antibiotics alone as an alternative to appendectomy for uncomplicated acute appendicitis in adults: Changes in treatment modalities related to the COVID-19 health crisis.

Authors:  M Collard; Z Lakkis; J Loriau; D Mege; C Sabbagh; J H Lefevre; L Maggiori
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-24       Impact factor: 2.043

5.  SARS-CoV-2 infection may result in appendicular syndrome: Chest CT scan before appendectomy.

Authors:  K Pautrat; N Chergui
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-15       Impact factor: 2.043

6.  Strategy for the practice of digestive and oncological surgery during the Covid-19 epidemic.

Authors:  J-J Tuech; A Gangloff; F Di Fiore; P Michel; C Brigand; K Slim; M Pocard; L Schwarz
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-03-31       Impact factor: 2.043

7.  Recommendations for the surgical management of gynecological cancers during the COVID-19 pandemic - FRANCOGYN group for the CNGOF.

Authors:  Cherif Akladios; Henri Azais; Marcos Ballester; Sofiane Bendifallah; Pierre-Adrien Bolze; Nicolas Bourdel; Alexandre Bricou; Geoffroy Canlorbe; Xavier Carcopino; Pauline Chauvet; Pierre Collinet; Charles Coutant; Yohann Dabi; Ludivine Dion; Tristan Gauthier; Olivier Graesslin; Cyrille Huchon; Martin Koskas; Frederic Kridelka; Vincent Lavoue; Lise Lecointre; Matthieu Mezzadri; Camille Mimoun; Lobna Ouldamer; Emilie Raimond; Cyril Touboul
Journal:  J Gynecol Obstet Hum Reprod       Date:  2020-04-01

8.  Urgent digestive surgery, a collateral victim of the COVID-19 crisis?

Authors:  K Slim; J Veziant
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-06       Impact factor: 2.043

9.  Surgery and the COVID-19 epidemic: Some additional precautions. Re: "Strategy for the practice of digestive and oncological surgery during the COVID-19 epidemic".

Authors:  M Canis; N Bourdel; R Botchorishvili
Journal:  J Visc Surg       Date:  2020-04-08       Impact factor: 2.043

10.  Clinical characteristics and outcomes of patients undergoing surgeries during the incubation period of COVID-19 infection.

Authors:  Shaoqing Lei; Fang Jiang; Wating Su; Chang Chen; Jingli Chen; Wei Mei; Li-Ying Zhan; Yifan Jia; Liangqing Zhang; Danyong Liu; Zhong-Yuan Xia; Zhengyuan Xia
Journal:  EClinicalMedicine       Date:  2020-04-05
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