M Canis1, N Bourdel1, R Botchorishvili1. 1. Department of Gynecologic Surgery, CHU d'Estaing, 1, place Lucie-et-Raymond-Aubrac, 63000 Clermont-Ferrand, France.
Dans le moment très particulier que nous vivons nous avons lu avec beaucoup d’intérêt, le texte de Tuech et al. sur la pratique de la chirurgie pendant cette période [1]. Nous saluons la grande qualité de ce travail et l’effort qu’il représente dans cette période particulièrement difficile.Cependant, nous voudrions souligner quelques points techniques. Les précautions visant à protéger le personnel d’un éventuel aérosol contaminant méritent d’être détaillées. Tout d’abord, en période d’épidémie active, étant donné le grand nombre de porteur sain [2], il faut insister sur le fait que les mesures de protection doivent être utilisées chez tous les malades. Le port de lunettes par toute l’équipe chirurgicale devrait devenir obligatoire dans les salles où une laparoscopie est en cours. Les auteurs insistent sur la prévention des fuites du pneumopéritoine grâce à l’utilisation de trocart à ballonnet et sur l’aspiration du pneumopéritoine avant le retrait des trocarts.Nous voudrions ajouter deux précautions supplémentaires. Tout d’abord, il semble souhaitable de limiter la réalisation de sutures avec des nœuds extracorporels qui sont réalisées à travers des trocarts de 5 mm au prix d’une fuite permanente peu gênante en temps normal puisqu’elle est compensée par les insufflateurs modernes mais potentiellement dangereux dans le contexte de l’épidémie en cours.L’extraction des pièces opératoire est un autre temps opératoire délicat. Il n’est pas rare qu’une exsufflation partielle ou complète, souvent brutale et mal contrôlée, survienne au moment de l’extraction d’une pièce opératoire que ce soit à travers la paroi abdominale ou par voie vaginale. Pour limiter les risques, il faut que nous nous astreignions à aspirer le pneumopéritoine de manière aussi complète que possible avant l’extraction des spécimens.La chasse aux fuites et aux exsufflations incontrôlées est très importante en chirurgie oncologique, elle devient encore plus préoccupante quand la sécurité du personnel et des opérateurs est mise en cause en ce temps d’épidémie.Cette chasse drastique aux effets cheminée sera sans nul doute améliorée par les angoisses de chacun d’entre nous en face d’un péril que nous connaissons mal. Il est évident que certains des réflexes acquis pendant cette période devront être conservés et enseignés pour optimiser la prise en charge des patients de demain. Cette situation plaide en faveur de l’utilisation de faible pression d’insufflation (inférieure à 10) chaque fois que cela est possible et de l’utilisation d’aspirateur à fumée automatique ou non [3]. Certains points techniques avaient été suggérés par des études expérimentales au début du traitement endoscopique des cancers [4]. Les données cliniques récentes concernant le cancer du col de l’utérus confirment probablement leur importance [5]. Nous devons aujourd’hui les rappeler pour notre sécurité à tous et les employer aussi dans le traitement des pathologies bénignes dans un contexte que nous n’avions pas imaginé mais qui restera exemplaire à l’avenir.
Déclaration de liens d’intérêts
Le centre d'enseignement de la chirurgie endoscopique dans lequel travaillent les auteurs est soutenu par la société Karl Storz.
Authors: M Canis; R Botchorishvili; A Wattiez; J L Pouly; G Mage; H Manhes; M A Bruhat Journal: Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol Date: 2000-07 Impact factor: 2.435
Authors: Pedro T Ramirez; Michael Frumovitz; Rene Pareja; Aldo Lopez; Marcelo Vieira; Reitan Ribeiro; Alessandro Buda; Xiaojian Yan; Yao Shuzhong; Naven Chetty; David Isla; Mariano Tamura; Tao Zhu; Kristy P Robledo; Val Gebski; Rebecca Asher; Vanessa Behan; James L Nicklin; Robert L Coleman; Andreas Obermair Journal: N Engl J Med Date: 2018-10-31 Impact factor: 91.245
Authors: J-J Tuech; A Gangloff; F Di Fiore; P Michel; C Brigand; K Slim; M Pocard; L Schwarz Journal: J Visc Surg Date: 2020-03-31 Impact factor: 2.043