Literature DB >> 31037183

[Clinical profile and factors associated with irritable bowel syndrome among medical students in Cotonou (Benin)].

Jean Sehonou1,2, Leoubou Roger Samuel Dodo1,2.   

Abstract

INTRODUCTION: irritable bowel syndrome (IBS) is a common disorder that often results in general medicine and gastroenterology consultations. This study aims to determine IBS prevalence, to describe its clinical features, to determine its associated factors as well as its impact on the education among medical students in Cotonou.
METHODS: We conducted a cross-sectional, descriptive and analytical study on medical students over the period 1 August-29 September 2017. The diagnostic criteria were: Rome IV, Bristol scale, Cungi scale and HADS score. Data analysis was performed using SPSS 20.0 software.
RESULTS: Out of 315 students included in the study, 44 (14%) had IBS. The factors associated with IBS were female gender (OR [CI 95%] = 2.4 [1.2 - 4.7]; p = 0.00), regular consumption of fatty foods (OR [CI 95%] = 2.0 [1.1 - 3.9]; p = 0.03), high to severe levels of stress (OR [CI 95%] = 2.2 [1.1 - 4.7]; p= 0.02) and moderate to severe state of anxiety (OR [CI 95%] = 1.9 [0.9 - 3.6]; p= 0.04). IBS-related absenteeism was rare (1 case; 2.3%).
CONCLUSION: IBS is common among medical students in Cotonou. The identified modifiable factors associated with IBS were stress, anxiety and regular consumption of fatty foods. No appreciable impact on the education was reported.

Entities:  

Keywords:  Benin; Cotonou; Irritable bowel syndrome; anxiety; stress

Mesh:

Year:  2018        PMID: 31037183      PMCID: PMC6462493          DOI: 10.11604/pamj.2018.31.123.16336

Source DB:  PubMed          Journal:  Pan Afr Med J


Introduction

Le syndrome de l'intestin irritable (SII) est un trouble fonctionnel récidivant, défini par des critères diagnostiques basés sur des symptômes et sur l'absence d'une cause organique démontrable [1, 2]. Actuellement, le diagnostic est basé sur les critères de Rome IV [3]. C'est le trouble gastro-intestinal le plus fréquent dans le monde avec une prévalence mondiale située entre 10-15%. Il est rapporté dans la littérature une prévalence plus élevée de l'affection chez les étudiants en général et particulièrement ceux en médecine [4]. Deux études menées en Algérie sur le SII, l'une en population générale [4] une prévalence à 5,8% et l'autre [5] menée chez les étudiants en médecine une prévalence de 31,2%. En effet les étudiants en médecine forment un groupe d'étudiants, caractérisés par des changements cognitifs et émotionnels énormes causés par des études et des examens de plus en plus difficiles. Cela fait d'eux des sujets à risque élevé de développer un SII. Cette affection est source de morbidité importante car elle altère souvent la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Cette altération est corrélée à la sévérité des symptômes en particulier de la douleur causant un présentéisme ou un absentéisme voire des arrêts de travail [6, 7]. Au Bénin, aucune étude traitant le SII chez des étudiants en utilisant les critères de Rome IV n'est disponible. Elle pourrait permettre de connaitre ceux qui en souffrent afin d'organiser leur prise en charge. Les objectifs de ce travail étaient de déterminer la prévalence du SII, de décrire ses caractéristiques cliniques et de déterminer ses facteurs associés chez les étudiants en médecine à Cotonou.

Méthodes

Cadre, nature et période d'étude: L'étude avait pour cadre, le Centre National Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou MAGA de Cotonou (Bénin) où ces étudiants étaient en stage. Il s'agissait d'une étude transversale descriptive et analytique, réalisée chez les étudiants en faculté de médecine sur une période allant du 1er aout 2017 au 29 septembre 2017. Population d'étude: Etaient inclus tous les étudiants inscrits en médecine et présents au cours de la période de l'étude et en bonne santé apparente. Ces étudiants étaient ceux de la deuxième année en sixième année ayant donné leur consentement éclairé pour la participation à l'étude. Ceux ayant une pathologie organique gastro-intestinale en cours et gynécologique pouvant donner des symptômes semblables à ceux du SII n'étaient pas inclus. N'étaient inclus non plus les étudiants de la première année (il était jugé qu'ils n'étaient pas encore à même de parler avec recul du stress des études médicales). Echantillonnage: La taille minimale de la population était déterminée par la formule de SCHWARZ. Avec i = niveau de confiance à 95% (i = 1,96); p = prévalence estimé du SII d'après une enquête antérieure [8] (p = 24,5 %); q = 1-p (q= 85%); α = marge d'erreur à 5% (α = 0,05). n = (1,962 X 0,245X 0,755)/0,052; n = 284. Nous avions ajouté 10% à l'effectif obtenu en tenant compte des erreurs de réponses et des non réponses pour avoir l'effectif final. N = n + (n*10%); N = 284 + (284*0,1); N = 312 Pour des raisons de stratification, nous avions ramené l'échantillon à 315. Au cours du travail sur le terrain, pour l'inclusion de toutes les couches de 2e année jusqu'en 6e année de médecine; la taille de l'échantillon de chaque entité était déterminée par la méthode de répartition proportionnelle. Chaque entité de médecine avait un effectif N’ = 315/5; Soit N’ = 63 participants. Collecte des données et variables étudiées: Les données étaient recueillies sur un questionnaire standard conçu à cet effet. Les variables étudiées étaient: les données sociodémographiques, les données relatives au diagnostic du SII retenu sur la base des critères de ROME IV [3], les données cliniques, les données relatives aux perturbations de la vie universitaire et les données psychologiques comme le stress et l'anxiété. Le stress était évalué par l'échelle de stress de Cungi [9] et l'anxiété était évaluée grâce à l'échelle HADS score [4]. Saisie et analyse statistique: Elles étaient effectuées à l'aide du logiciel SPSS version 20.0. La comparaison des variables qualitatives était faite à l'aide du test du Chi carré. Une valeur p ≤ 0,05 était considérée comme significative. Considérations éthiques: Pour garantir la confidentialité des données, les fiches ont été conçues de façon à respecter l'anonymat des étudiants. De plus, le consentement éclairé de l'étudiant était obtenu avant toute participation à l'étude.

Résultats

Caractéristiques générales de la population: La population d'étude était constituée de 315 étudiants de 2eannée jusqu'en 6e année de médecine. L'âge moyen de l'ensemble des étudiants était de 21,9 ± 2 ans avec des extrêmes de 15 ans et 29 ans. Elle était constituée de 182 hommes (57,8%) et de 133 femmes (42,2%). La sex-ratio était de 1,36. Sur le plan psychologique, un état de stress élevé chez 52 cas (16,5%) était noté selon l'échelle de Cungi. Un niveau d'anxiété moyen était noté chez 36 cas; (11,4%) et sévère chez 18 cas (5,7%). Les détails des caractéristiques de la population générale sont résumés dans le Tableau 1.
Tableau 1

Répartition des sujets en fonction des caractéristiques générales

Effectif (n = 315)Pourcentage (%)
Tranche d’âge
< 20 ans3812,1
20-25 ans26684,4
> 25 ans113,5
Sexe
Masculin18257,8
Féminin13342,2
Perturbations psychologiques
Degrés de stress
Très bas8125,7
Bas17956,8
Elevé5216,5
Très élevé31
Degré d’anxiété
Normal16552,4
Modéré9630,5
Moyen3611,4
Sévère185,7
Répartition des sujets en fonction des caractéristiques générales Prévalence du SII: Sur les 315 enquêtés, 44 étudiants avaient un SII selon les critères de Rome IV. La prévalence globale du SII était de 14%. Aspects épidémiologique du SII: La population des étudiants avec un SII était constituée de 17 hommes (38,6%) et de 27 femmes (61,4%). La sex-ratio était de 0,62. L'âge moyen des étudiants diagnostiqués du SII était de 21,6 ans ± 2,2 avec des extrêmes de 15 ans et 27 ans. Aspects cliniques: Au plan clinique, les symptômes digestifs présentés par ces étudiants ayant un SII étaient l'inconfort abdominal (59,1%), le ballonnement abdominal (20,4%), les borborygmes (38,6%), l'émission fréquente de gaz (56,8%). Ces étudiants présentaient des troubles du transit (de l'exonération). L'exonération était décrite comme facile (38,6) ou laborieuse (29,5% des cas). A l'aide de l'échelle de Bristol, les différents types de SII notés chez ces étudiants étaient le SII à constipation prédominante (36,4%), le SII à diarrhée prédominante (25,0%), le SII mixte (11,3%), le SII non classé (27,3%). L'émission fréquente de gaz (38,6%) et les gargouillements (29,5%) représentaient les principales gênes. Sur le plan psychologique le stress selon l'échelle de Cungi chez les étudiants ayant un SII était élevé chez 10 cas (22,7%) et très élevé dans 3 cas (6,8%). Le niveau d'anxiété moyen était noté dans 8 cas (18,2%) et sévère dans 3 cas (6,8%). Les détails des caractéristiques cliniques sont résumés dans les Tableau 2 et Tableau 2 (Suite).
Tableau 2

Répartition des sujets ayant un syndrome de l’intestin irritable (SII) en fonction des caractéristiques cliniques

Effectif n= 44Fréquence (%)
Symptômes digestifs
Inconfort abdominal2659,1
Ballonnement abdominal920,4
Borborygme1738,6
Emission fréquente de gaz2556,8
Qualité de l’exonération
Facile1738,6
Laborieuse1329,5
Impérieuse613,6
Satisfaisante818,2
Non satisfaisante613,6
Type de SII
SII constipation prédominante1636,4
SII diarrhée prédominante1125,0
SII forme Mixte511,3
SII non classé1227,3
Comorbidité
Dyspepsie511,4
Asthénie fréquente1943,2
Migraine818,2
RGO511,4
Impact sur la qualité de vie
Arrêt de travail00
Absentéisme12,3
Emission fréquente de gaz2556,8
Gargouillement920,4
Tableau 2 (Suite)

Répartition des sujets ayant un syndrome de l’intestin irritable (SII) en fonction des caractéristiques cliniques

Effectif (44)Fréquence (%)
Perturbations psychologiques
Degré de stress
Très bas715,9
Bas2454,6
Elevé1022,7
Très élevé36,8
Degré d’anxiété
Normal1738,6
Modéré1636,4
Moyen818,2
Sévère36,8
Répartition des sujets ayant un syndrome de l’intestin irritable (SII) en fonction des caractéristiques cliniques Répartition des sujets ayant un syndrome de l’intestin irritable (SII) en fonction des caractéristiques cliniques Facteurs associés au SII: En analyse univariée, sur le plan épidémiologique, le sexe féminin était un facteur associé au SII; les femmes avaient 2,4 fois le risque d'avoir un SII (OR [IC95%] = 2,4 [1,2 - 4,7]; p = 0,00). Considérant le style de vie, il n'y avait pas de relation entre l'activité physique, le temps de sommeil, la consommation d'alcool et la survenue du SII. Sur le plan des habitudes alimentaires, il n'y avait pas de relation entre la prise régulière d'une alimentation salée, d'une alimentation sucrée, de produits laitiers et la survenue d'un SII. Seuls les étudiants prenant régulièrement une alimentation grasse avaient deux fois le risque d'avoir un SII (OR [IC95%] = 2,0 [1,1 - 3,9]; p = 0,03). Considérant les perturbations psychologiques les sujets ayant un stress élevé à sévère (OR [IC95%] = 2,2 [1,1 - 4,7]; p = 0,02) et ceux ayant une anxiété modérée à sévère (OR [IC95%] = 1,9 [0,9 - 3,6]; p = 0,04) avaient respectivement 2,2 et 1,9 fois le risque d'avoir un SII. Les détails des facteurs associés en analyse univariée sont résumés dans les Tableau 3 et Tableau 3 (Suite). Comme le montre le Tableau 4, en analyse multivariée, seul le sexe féminin est le prédicteur indépendant le plus important de la survenue du SII.
Tableau 3

Répartition des sujets en fonction des facteurs associés ou non au SII en analyse univariée

Présence du SIIAbsence du SIIOR [IC95%]P
(n = 44)(n = 271)
Sexe0,00
Féminin27 (61,4%)106(39,1%)2,4 [1,2 - 4,7]
Masculin17(38,6%)165(60,9%)1
Tanche d’âge0,84
< 20 ans6(13,6)32(11,8)1,8[0,2-17,4]
20-25 ans37(84,1)229(84,5)1,6[0,2-12,9]
> 25 ans1(2,3)10(3,7)1
Entité0,41
2e année7(15,9)56(20,7)0,8[0,3-2,5]
3e année10(22,7)53(19,5)1,3[0,5-3,5
4e année13(29,6)50(18,5)1,8[0,7-4,6]
5e année6(13,6)57(21,0)0,72[0,2-2,2]
6e année8(18,2)55(20,3)1
Style de vie
Activité physique0,9
Régulièrement15(34,1%)90(33,2%)1,0[0,5-2,0]
Irrégulièrement29(65,9%)181(66,8%)1
Temps de sommeil < 6h0,61
Régulièrement18(44,1%)100(36, 9%)1,2 [0,6-2,2]
Irrégulièrement26(55,9%)171(63, 1%)1
Consommation d’alcool0,91
Régulièrement4(10%)26(9,6%)0,9 [0,3-2,8]
Irrégulièrement40(90%)245(90,4%)1
Tableau 3 (Suite)

Répartition des sujets en fonction des facteurs associés ou non au SII en analyse univariée

Presence du SIIAbsence du SIIOR [IC95%]P
(n = 44)(n = 271)
Habitudes alimentaires
Alimentation salée-0,48
Régulièrement19 (43,2%)102 (37,6%)1,2[0,6-2,4]
Irrégulièrement25 (56,8%)169 (62,4%)1
Alimentation grasse0,03
Régulièrement18 (40,1%)69 (25,4%)2,0 [1,1 – 3,9]
Irrégulièrement26(59,9%)202 (74,6%)1
Prise des produits laitiers
Régulièrement15 (34,1%)87 (32,1%)1,0 [0,5- 2,1]0,79
Irrégulièrement29 (65,9%)184 (67,9%)1
Alimentation sucrée0,97
Régulièrement23 (52,3%)141 (52,0%)1,0 [0,5 -1,9]
Irrégulièrement21 (47,7%)130 (48%)1
Consommation de fruits0,22
Régulièrement10 (22,7%)86 (31,7%)0,6 [0,3 – 1,3]
Irrégulièrement34 (77,3%)185 (68,3%1
Perturbations psychologiques
Stress élevé à sévère0,02
Oui13 (29,5%)42 (15,5%)2,2 [1,1 - 4,7]
Non31 (70,5%)229 (84,5%)1
Anxiété modérée à sévère0,04
Oui27 (61,4%)123 (45,4%)1,9 [0,9 – 3,6]
Non17 (38,6%)148 (54,6%)1
Tableau 4

Répartition des sujets en fonction des facteurs associés ou non au SII en analyse mulivariée

Présence du SIIAbsence du SIIOR [IC95%] ajustéP
(n = 44)(n = 271)
Sexe0,02
Féminin27 (61,4%)106(39,1%)2,5 [1,1 - 5]
Masculin17(38,6%)165(60,9%)1
Habitudes alimentaires
Alimentation grasse0,27
Régulièrement18(40,1%)69(25,4%)1,7 [0,8 – 3,3]
Irrégulièrement26(59,9%)202(74,6%)1
Perturbations psychologiques
Stress élevé à sévère0,25
Oui13(29,5%)42(15,5%)1,6 [0,7 – 3,4]
Non31(70,5%)229(84,5%)1
Anxiété modérée à sévère0,22
Oui27(61,4%)123(45,4%)1,5 [0,7 – 3,]
Non17(38,6%)148(54,6%)1
Répartition des sujets en fonction des facteurs associés ou non au SII en analyse univariée Répartition des sujets en fonction des facteurs associés ou non au SII en analyse univariée Répartition des sujets en fonction des facteurs associés ou non au SII en analyse mulivariée Répercussion sur la scolarité: Malgré leur fréquence, ces symptômes n'entrainaient pas une répercussion sur les activités professionnelles. Rarement, elles provoquaient absentéismes et arrêt du travail.

Discussion

A travers un questionnaire incluant les critères diagnostiques ROME IV, l'échelle de Bristol, et deux échelles d'évaluation psychique, les étudiants en médecine étaient interrogés sur le SII. Cela nous avait permis de décrire le profil clinique du SII et de déterminer les facteurs associés à l'affection chez ces derniers. Dans notre série sa prévalence était estimée à 14%. Cette prévalence est proche de celle antérieurement décrite [10] et notamment celle de Shen L et al [11] (15,7%), Sumeena B et al [12] (16,5%) et Liu L et al [2] (17,4%). Par contre elle était inférieure à celle rapportée par Naeem SS et al [13] (28,3%) et Ibrahim NK et al [14] (31,8%). Cette différence pourrait s'expliquer par la variabilité des méthodes d'étude, puisque les critères diagnostiques de Rome de l'affection variaient d'une étude à l'autre. Nous avons dans notre étude utilisé les critères les plus récents. Les étudiants étaient des sujets jeunes avec un âge moyen de 21,6 ans ± 2,2. Ce résultat était superposable aux données de Wells M et al [15] (24,1 ans) et de Liu Y et al [16] (23,26 ans). Une prédominance féminine de l'affection était notée. Ce constat était superposable aux données de la littérature [2, 16]. Dans notre série, la prévalence du SII plus élevée chez les étudiants des premières années de médecine était similaire aux données de Liu Y [16]. Par contre Alaqueel MK et al [17] rapportaient que la prévalence du SII était croissante avec l'année d'étude. Ces résultats découlent non seulement de la complexité du cursus médical mais aussi de la perception que ces étudiants avaient dudit cursus. Sur le plan clinique, en dehors de la douleur abdominale qui était le symptôme principal, plusieurs autres troubles intestinaux étaient notés. Il s'agissait d'un inconfort abdominal (59,1%), d'une émission fréquente de gaz (56,8%), de borborygmes (38,6%) et d'un ballonnement abdominal (20,4%). Ces symptômes étaient également rapportés par certains auteurs [5, 18]. Ces symptômes étaient suivis des troubles de l'exonération. L'exonération était décrite comme facile (38,6%) ou laborieuse (29,5%) dans notre série. Ce constat est similaire à ce qui est rapporté dans de la littérature [5]. Dans notre série, la forme à constipation prédominante était la principale forme comme l'ont rapporté Dong YY et al [19] d'une part, Guillaume PC et al [10] d'autre part. Cela contrastait avec la prédominance de la forme mixte décrite par d'autres auteurs [12, 17, 18]. Les facteurs favorisants étaient les changements d'habitudes alimentaires, le grignotage et peut être les conditions d'exonérations et le stress. Dans notre série, les perturbations psychologiques telles qu'un état de stress élevé à sévère et un état d'anxiété modéré à sévère en analyse univariée étaient des facteurs de risque de survenue du SII. Ces résultats concordaient avec les données de plusieurs auteurs [13, 14, 20-22]. Ces notions contribuent à expliquer la prédominance du SII dans les premières années de scolarité médicale. Les cours y sont denses, les emplois du temps rigoureux et l'investissement émotionnel important: c'est le début du stage pratique et des premiers contacts avec les patients à l'hôpital. Cette forte participation psychique au cours de la maladie explique pourquoi la prise en charge médicamenteuse à elle seule est difficile et souvent source d'insatisfaction pour les patients; cela pourrait justifier un recours de plus en plus fréquent à des traitements alternatifs ou complémentaires dont la médecine traditionnelle africaine [23]. Le recours aux méthodes de traitement par la pharmacopée traditionnelle africaine n'a pu être évalué dans cette étude. Dans ce milieu il est socialement dévalorisant de déclarer avoir recours aux pratiques ne relevant pas de la médecine moderne de type occidental même si ledit recours est fréquent [24]. Dans notre série le sexe féminin était également un facteur de risque du SII. Ce constat est similaire à celui d'Ibrahim NK et al [14]. Une hypothèse selon laquelle les hormones sexuelles féminines pourraient faciliter la survenue de l'affection a été évoquée pour expliquer ce constat [16, 25]. En outre, les femmes sont plus susceptibles d'avoir plus des problèmes psychologiques, ce qui peut être lié à la forte prévalence du SII [16]. En termes d'habitudes alimentaires, seule la consommation régulière d'aliments gras était également un facteur de risque de survenue du SII. Ce constat était également rapporté par Sang-Wook S [26]. En analyse multivariée, seul le sexe féminin était le prédicteur indépendant le plus important de la survenue du SII. Malgré leur fréquence, ces symptômes n'entrainaient pas une répercussion sur les activités professionnelles. Rarement elles provoquaient absentéismes et arrêt du travail.

Conclusion

Le syndrome de l'intestin irritable est une affection fréquente chez les étudiants en médecine de Cotonou. La forme la plus fréquente est celle avec constipation prédominante. Les facteurs de risque modifiables identifiés sont le stress, l'anxiété et la consommation régulière d'une alimentation grasse. Une meilleure gestion du stress, l'anxiété et une réduction de la consommation des aliments gras pourraient améliorer la qualité de vie de ces étudiants. Cependant la répercussion de ce syndrome sur la scolarité était faible. Le syndrome de l'intestin irritable est fréquent dans la population générale y compris chez les étudiants en médecine; Cependant la fréquence varie d'un continent à l'autre et d'un pays à l'autre; Les facteurs associés sont variables. C'est une des rares études menées chez les étudiants en Afrique Subsaharienne; Les facteurs étiologiques tels que le sexe féminin, le rôle du stress et de l'anxiété et les facteurs alimentaires ont été mis en évidence.

Conflits d’intérêts

Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
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