Literature DB >> 26958130

[Atypical ocular toxoplasmosis in a Congolese woman of 72 years: report of a case].

Yogolelo Asani Bienvenu1, Musau Nkola Angel2, Kasamba Ilunga Eric3, Kapalu Mwangala Socrate4, Mbuyi Musanzayi Sebastien5, Cilundika Mulenga Philippe2, Kabamba Ngombe Leon6, Iye Ombamba Kayimba Bruno1, Chenge Borasisi Gaby1.   

Abstract

Entities:  

Keywords:  Congolese; adult; ocular toxoplasmosis; retinitis pigmentosa

Mesh:

Year:  2015        PMID: 26958130      PMCID: PMC4765344          DOI: 10.11604/pamj.2015.22.267.8137

Source DB:  PubMed          Journal:  Pan Afr Med J


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Introduction

La toxoplasmose est une maladie habituelle chez les oiseaux et les mammifères. Elle est causée par un protozoaire obligatoirement intracellulaire appelé Toxoplasma Gondii. Helenor Campbell Wilder a identifié la présence de Toxoplasma Gondii dans l’œil [1]. La toxoplasmose oculaire est une affection très fréquente et généralement bénigne. Elle entraine de graves complications chez la femme enceinte et donne une fœtopathie chez l'immunodéprimé. Une nouvelle idée permet d’évoquer la gravité de certaines toxoplasmoses acquises qui peuvent parfois donner des lésions oculaires [2]. Dans le monde, il existe de nombreuses études menées sur ce sujet fournissant une compréhension meilleure des lésions oculaires sur le plan épidémio-clinique, paraclinique, thérapeutique et évolutif. Dans notre milieu, il n'y a pas des données relatives à cette pathologie. Le but de ce travail est de décrire cette pathologie chez une patiente âgée de 72 ans, congolaise de race noire, et d'attirer l'attention de la communauté scientifique sur les autres formes de présentation moins courantes, « atypiques » de la toxoplasmose oculaire.

Patient et observation

Nous présentons dans ce travail le cas d'une patiente âgée de 72 ans, qui a été consultée le service d'ophtalmologie(CUL) pour une baisse de vision de loin constatée il y a environ une année, de survenue brusque. Le traitement appliqué a été à base de collyre dont elle ignore le nom. Dans les antécédents socioprofessionnels, la patiente nous a signalé qu'elle était éleveur des poules et grande consommatrice de viande. L'acuité visuelle sans correction de loin aux deux yeux était de mouvement mains à 30 cm, non améliorable par les verres correcteurs; l'acuité visuelle avec correction de près était non significative, car elle lit difficilement P4. L'examen à la lampe à fente a retrouvé une opacité corticale antérieure débutante aux deux yeux. La tonométrie par aplanation était de 17 mmHg à l’œil droit et 18 mmHg à l’œil gauche. L'examen du fond d’œil a révélé une grosse cicatrice choriorétinienne maculaire beaucoup plus marquée à l’œil droit qu’à l’œil gauche et faisant penser à une cicatrice toxoplasmique et la présence d'ostéoblastes dans la région rétinienne périphérique de l’œil droit, typique de la rétinite pigmentaire(Figure 1, Figure 2). Un examen complémentaire a été réalisé dans le cadre d'un bilan étiologique: les tests Elisa Toxoplasma IgG à 189 et Elisa Toxoplasma IgM à 56 suggérant une toxoplasmose oculaire récemment acquise et leur avidité était supérieure à 40% (67%), suggérant une infection à Toxoplasma Gondii.
Figure 1

Grosse cicatrice choriorétinienne maculaire avec présence d'ostéoblastes dans la périphérie rétinienne à l’œil droit

Figure 2

Cicatrice choriorétinienne maculaire œil gauche

Grosse cicatrice choriorétinienne maculaire avec présence d'ostéoblastes dans la périphérie rétinienne à l’œil droit Cicatrice choriorétinienne maculaire œil gauche

Discussion

La toxoplasmose oculaire est une maladie récurrente se développant progressivement et menaçant la fonction visuelle [3]. Toxoplasma Gondii est un parasite. Il se multiplie dans l'intestin des félidés qui libèrent des oocytes dans leurs fèces. La consommation de viande ou d'organes contenant des kystes peuvent entrainer l'apparition d'une toxoplasmose dans de nombreuses espèces, y compris le chat et l'homme. Contrairement à une idée reçue, le risque qu'un chat soit source du parasite pour l'homme est faible [4]. Selon la littérature, il n'existe pas de prédilection sexuelle de la toxoplasmose oculaire. En ce qui concerne notre observation, la patiente est de sexe féminin, âgé de 72 ans, présentant une baisse de vision brusque, une grosse cicatrice choriorétinienne maculaire et d'ostéoblastes dans la région rétinienne périphérique de l’œil droit, typique de la rétinite pigmentaire à l'examen du fond d’œil. Ces signes illustrent les anomalies clinico-ophtalmologiques évocatrices de la toxoplasmose oculaire, et l’âge du patient constitue la particularité de notre observation. En effet, il y a peu ou presque pas d'observation de la toxoplasmose oculaire décrit chez la personne âgée, mais plusieurs auteurs [5-7] révèlent que l’âge moyen des patients souffrant de la toxoplasmose oculaire se situe entre 15 à 45 ans. Dans une étude réalisée au Brésil par Jones [8], la consommation de la viande insuffisamment cuite, manger de la viande salée, séchée ou fumée ou encore manger l'agneau congelé, travailler dans un jardin ou dans la cour plus d'une fois par semaine accroissait le risque d’être contaminé par Toxoplasma Gondii. Ce qui pourra être le cas avec notre observation qui relève la consommation exagérée de la viande. Par contre Balayre [9] a constaté que les personnes âgées peuvent être plus sensibles aux infections sévères de Toxoplasma Gondii en raison de la diminution de l'immunité à médiation cellulaire et la présence des maladies chroniques sous-jacentes. Par ailleurs, certains auteurs [10] signalent qu'en dehors du classique signe de toxoplasmose oculaire, d'autres pathologies peuvent être associées telles que la vascularite rétinienne, l'occlusion vasculaire rétinienne, le décollement de rétine rhegmatogène et séreuse, la sclérite et la rétinite pigmentaire unilatérale comme le cas dans notre observation. Selon la littérature, la confirmation du diagnostic de la toxoplasmose oculaire doit être basée sur les manifestations cliniques et les tests de sérologiques (IgM et IgG ainsi que leur avidité) [11]. D'autre part, la présence de la rétinite pigmentaire unilatérale classique dans la toxoplasmose oculaire chez une patiente de race noire, âgée de 72 ans a attiré notre attention. En générale, le traitement de la toxoplasmose oculaire demeure médical (antibiotique, corticoïde et antiparasitaire) [2, 12, 13].

Conclusion

La toxoplasmose oculaire peut survenir même chez les sujets âgés de toute race. Son diagnostic est clinique, mais les tests d'anticorps de la toxoplasmose spécifique permettent de confirmer le diagnostic et de faire la différence entre la réactivation de l'infection et la toxoplasmose récemment acquise.
  11 in total

1.  [Ocular toxoplasmosis: our experience].

Authors:  M Russo; G Pergola; G Pedicini
Journal:  Infez Med       Date:  2005-09

2.  Acquired toxoplasmic infection as the cause of toxoplasmic retinochoroiditis in families.

Authors:  C Silveira; R Belfort; M Burnier; R Nussenblatt
Journal:  Am J Ophthalmol       Date:  1988-09-15       Impact factor: 5.258

3.  Variations in recurrent active toxoplasmic retinochoroiditis.

Authors:  C T Friedmann; D L Knox
Journal:  Arch Ophthalmol       Date:  1969-04

4.  Incidence of symptomatic toxoplasma eye disease: aetiology and public health implications.

Authors:  R E Gilbert; D T Dunn; S Lightman; P I Murray; C E Pavesio; P D Gormley; J Masters; S P Parker; M R Stanford
Journal:  Epidemiol Infect       Date:  1999-10       Impact factor: 2.451

5.  Ocular toxoplasmosis: clinical features and prognosis of 154 patients.

Authors:  Lotje E H Bosch-Driessen; Tos T J M Berendschot; Jenny V Ongkosuwito; Aniki Rothova
Journal:  Ophthalmology       Date:  2002-05       Impact factor: 12.079

6.  Toxoplasmosis-associated neovascular lesions treated successfully with ranibizumab and antiparasitic therapy.

Authors:  Joseph D Benevento; Rama D Jager; A Gwendolyn Noble; Paul Latkany; William F Mieler; Mari Sautter; Sanford Meyers; Marilyn Mets; Michael A Grassi; Peter Rabiah; Kenneth Boyer; Charles Swisher; Rima McLeod
Journal:  Arch Ophthalmol       Date:  2008-08

Review 7.  Atypical presentations of ocular toxoplasmosis.

Authors:  Justine R Smith; Emmett T Cunningham
Journal:  Curr Opin Ophthalmol       Date:  2002-12       Impact factor: 3.761

8.  [Toxoplasma gondii and necrotizing retinitis: a case report].

Authors:  S Balayre; K Gomez; A Tribut; P Dore; F Gobert
Journal:  J Fr Ophtalmol       Date:  2003-10       Impact factor: 0.818

9.  Recently acquired Toxoplasma gondii infection, Brazil.

Authors:  Jeffrey L Jones; Cristina Muccioli; Rubens Belfort; Gary N Holland; Jacquelin M Roberts; Claudio Silveira
Journal:  Emerg Infect Dis       Date:  2006-04       Impact factor: 6.883

10.  Serological IgG avidity test for ocular toxoplasmosis.

Authors:  Subramaniam Suresh; Saidin Nor-Masniwati; Muhd Nor Nor-Idahriani; Wan-Hitam Wan-Hazabbah; Mohamed Zeehaida; Embong Zunaina
Journal:  Clin Ophthalmol       Date:  2012-01-24
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